dimanche 7 septembre 2008

Sortie Dominicale

La météo s'améliore sur Bangalore. Il pleut presque tous les soirs, assez fortement, mais dans la journée on peut désormais prendre le soleil, c'est assez agréable. Et on se rend compte que dès qu'il n'y a plus la couche nuageuse d'altitude, ça tape quand même assez fort et les températures grimpent vite.

Je suis donc sorti de ma tannière mon hôtel pour faire quelques emplettes, en profitant du beau temps pour faire la balade à pied. Les trottoirs sont étroits et défoncés mais maintenant je fais comme tout le monde, je marche sur la route, ne sursaute plus au moindre coup de klaxon, et arrive même à la traverser "sereinement", sans piquer un sprint.

Ça a beau être dimanche, ici tout semble fonctionner comme les autres jours, seuls les buildings high-tech sont déserts. Sur les bords des routes, on trouve de tout. Des tas de coco vertes bien sûr, mais également divers commerces, poteries, quincailleries, réparateurs de cycle. J'suis même arrivé sur une sorte de mini-marché, quelques vendeurs posés à même le sol.


Sur son étalage, un peu de tout: bananes, céleri, choux-blancs, choux-fleurs, concombres, courgettes, haricots vert (appelés French Beans ici), pommes de terre, radis, tomates. Également certaines denrée non identifiées, mais un européen pourrait faire son marché sans être totalement dépaysé.

Un peu plus loin j'ai trouvé ce qui doit être un poissonnier. Faut pas chercher la glace de nos étals ultra clean en supermarché, l'ensemble est composée de quelques tôles, une table en pierre, et le type te décortique ça devant tout le monde. Bangalore n'étant pas au bord de la mer, mais pas très loin non plus (juste 3-5h de route), j'ai pas osé poser la question de tout bon gaulois - "il est frais vot' poisson?" - ça sentait la bagarre générale et j'étais en manque de potion magique.


Lors de ma première sortie en ville non accompagné, je m'étais parfois senti un peu mal à l'aise. Un certain nombre d'indiens me scrutaient d'un regard noir (oui les yeux bleus dans le coin, c'est assez rare), fixement, limite inquiétant. J'suis pas spécialement parano mais bon, à force d'entendre des mises en garde sur la sécurité, sur la cible que tu représentes par ton statut de blanc-plein-d'fric, ben au bout d'un moment tu finis par ranger ton portable et mettre ton sac sur ton ventre, par précaution.

Après un certain temps tu comprends que c'est avant tout de la curiosité. Bangalore est considéré comme la silicon-valley de l'inde, travaille avec toutes les grandes sociétés internationales, et le nombre de visiteurs occidentaux est conséquent. J'pensais donc qu'ils étaient habitués à voir des blancs, mais c'est pas forcément le cas. D'ailleurs les plus hardis viennent te demander d'où tu viens. Le "véa 'riou frrrom" sans bonjour ni merci, c'est un peu dur à capter au départ, mais maintenant je maitrise :) Et j'anticipe sur les plus médisants, pour l'instant personne n'a demandé d'autographe de Jesus!

Enfin j'ai retrouvé Laurent et on a filé jusqu'aux grandes zones commerciales. Vache de monde! Dedans, dehors, sur les routes, ça grouille comme dans une ruche. Il y a des sortes de grand "bazaar" de fringues, depuis un mois que je suis là c'est les soldes permanentes. Et puis 3 étages de chemises, jamais vu ça, j'connais quelques amateurs dont ça ferait le bonheur. De l'ultra classique type anglaise, à la paillette flashy hawaïenne, t'as tous les styles. Et touche la qualité, t'en achètes 3 t'en a 3 gratis, ce qui fait quand même genre 6 chemises pour moins de 20€ !

Voilà. Retour de nuit jusqu'à l'appart-hotel de Laurent, même po peur, puis un p'tit rickshaw pour les 3 derniers kilomètres, et j'met fin à 5h de balade indienne, assez agréable ma foi. C'est vraiment dommage que l'hotel soit si excentré, j'aurai sans doute aprécié de faire le même genre de balade dans le centre de Bangalore.

samedi 6 septembre 2008

New Flavors

Lors de mon voyage à Mysore il y a 2 semaines, on m'a fait découvrir de nouvelles saveurs. Tout d'abord la noix de coco. Une noix de coco c'est quoi pour vous? Pour moi c'était ça:
Une boule noire, poilue et très dure, avec à l'intérieur du bounty :)

Ici voilà à quoi ça ressemble:


Bon il s'agit bien du même fruit, issu du palmier (ou cocotier), mais récoltée après seulement 4 mois, donc avant maturation (10 mois). On trouve des vendeurs de ces cocos vertes partout au bord des routes, même juste en face de notre bureau. L'inde est le troisième producteur de coco au monde, après l'Indonésie et lesPhilipines, presque 20% de la production mondiale.

A ce stade de maturation, la coco est pleine d'eau, légèrement sucrée et rafraichissante, que l'on boit à la paille. Ce n'est pas le lait que l'on trouve chez nous en brique, il provient de pulple pressée. C'est bien de l'eau, transparente. Elle serait stockée dans la noix pour parer aux carences du sol, l'arbre y puisant les éléments dont il a besoin pour sa croissance.


Au fur et à mesure de la maturation du fruit, de la pulpe se forme sur les bords de la noix. On en trouvait une fine couche dans celle que j'ai "bu", c'est blanc et gélatineux, le goût est moins fort qu'une fois durcit, à maturité. Les indiens te gobent la totalité de l'eau en moins de 3mn. C'est assez bon, doux et sucré, semble très frais alors que les noix sont en plein soleil, mais quand même un peu écœurant quand t'as pas l'habitude. J'avais du mal à en boire 3 gorgées de suite et j'ai du boire seulement 1/4 de l'eau avant de jeter le reste.

Plus tard j'ai également testé le jus de cane, fraichement pressé. On te sert ça dans des gobelets en plastique, juste filtré à la passoire et mélangé avec un peu de jus de citron, frais lui aussi. On ne peut faire plus naturel. Le jus est trouble, marron, ultra sucré. Cette fois ci j'ai réussi à finir mon verre, mais il a fallu quand même que je prenne mon temps.

Enfin dernière découverte du voyage, une petite douceur que l'on trouve à la sortie des temples, le laddu. On en trouve visiblement plusieurs sortes en Inde, je pense que celui que j'ai testé était le Ramdana Laddu, à base de graines d'amandes, mais c'est pas certain. Sur le moment je n'étais pas capable de dire ce qu'il y avait dedans, pour moi c'était une boule de sucre, rien que du sucre, il n'y avait pas les graines qu'on voit sur la photo.

Voilà. Les indiens mangent donc épicé, mais aussi énormément sucré. D'ailleurs j'ai aussi gouté quelques desserts au restaurant, la plupart sont écœurant pour moi, je n'arrive jamais à les finir. Il est vrai aussi que déjà en France ce n'est pas ce dont je suis le plus friand.

vendredi 5 septembre 2008

Criket Rules

On m'a fait une commande spéciale pour les règles du Cricket, pas si compliquées que ça en a l'air. Je vais donc essayer de vous expliquer ça le plus simplement possible, sans non plus donner toutes les règles secondaires.

Le jeu est composé de 2 équipes de 11 joueurs et se joue sur un grand terrain ovale avec en son centre un rectangle d'environ 20m de long, le pitch. Lors d'une phase de jeu, ou inning, une équipe est au lancé, l'autre est à la batte. Il peut il y avoir plusieurs phases de jeux dans une partie, logiquement en nombre paires pour que chaque équipe soit passé autant de fois au lancé et à la batte.

De chaque côté du pitch, on trouve 3 bouts de bois verticaux sur lesquels tiennent en équilibre 2 petits bouts de bois horizontaux, c'est le wicket, ou guichet. C'est ce wicket qui fait toute la différence entre le cricket et le baseball.

Le lancer:
Au baseball, la base du jeu est pour le lanceur d'arriver à lancer la balle sans que le batteur la rattrape. Au cricket, la base du jeu est pour le lanceur d'arriver à faire tomber le wicket qui est derrière le batteur. Le batteur cherche donc avant tout à protéger son wicket, frapper la balle est accessoire.

La balle est faite de liège entourée de cuir

Le lanceur, ou bowler, prend de l'élan pour lancer sa balle, il court jusqu'à la limite du pitch. Le lancer doit se faire avec le bras tendu, se qui donne un mouvement assez spécial, le bras du lanceur faisant une boucle vers l'arrière avant qu'il ne lâche la balle au dessus de sa tête, voir l'image du début. Même si ce n'est pas obligatoire, la balle fait généralement un rebond avant d'arriver au batteur, cela permet au lanceur de mettre des effets sur la trajectoire au moment où elle touche le sol.

Une fois la balle lancé, le reste de son équipe, les receveurs ou encore joueurs de champs - fielders, ont pour objectif de la ramener le plus rapidement possible au niveau des wickets.

Le comptage des point
s:
C'est l'équipe qui à la batte qui marque les points, l'équipe qui lance ayant pour but d'éliminer tous les batteurs et mettre fin à la phase de jeu.

Au cricket, il y a 2 batteurs sur le terrain. Un qui protège le wicket, l'autre à son opposé du pitch. Après chaque lancé, les batteurs peuvent échanger leur place en traversant le pitch, la batte à la main. S'ils y arrivent sans se faire éliminer, ils marquent 1 point, ou run. Ils peuvent marquer plusieurs runs d'affilés lors d'un même lancé. Si la balle roule jusqu'en dehors du terrain, il marque 4 runs. Si la balle arrive directement en dehors du terrain sans touche le sol, il marque 6 runs.

Le batteur:
Pour défendre son wicket, il utilise une batte en bois, assez large et plate, avec une légère courbure qui doit la rigidifier. Il n'a le droit d'intercepter la balle qu'avec cette batte.


Vous remarquez que je n'ai pas parlé de la frappe de la balle pour le comptage des runs. Oui, comme dis plus haut, c'est accessoire. Si le batteur détermine que la balle ne risque pas de toucher le wicket, il pourrait très bien décider de ne pas la frapper, la laisser filer derrière lui et commencer à courir immédiatement. C'est pourquoi il y a toujours un receveur spécial derrière le batteur, appelé gardien ou wicket-keeper. Il est là pour récupérer la balle immédiatement si le batteur la rate ou serait tenté de faire un telle manœuvre. C'est le seul a porter un gant.

De même, contrairement au baseball où il faut frapper correctement la balle pour espérer atteindre la prochaine base, au cricket de nombreux coups sont joués en faisant simplement dévier la balle derrière le joueur, sans vraiment la frapper.

L'élimination:
Un batteur est éliminé pour les principales raisons suivantes:
  • si son wicket tombe lors du lancer, même s'il a touché la balle avant. S'il fait tomber lui même le wicket en tentant de le protéger (avec sa batte ou son corps), il est également éliminé.
  • si le wicket est "dégommé" par un fielder alors qu'il n'est pas arrivé derrière sa ligne de base
  • si la balle est réceptionnée de volée par un fielder, même s'il n'a pas bougé ni commencé à courir.
  • s'il intercepte la balle avec une partie de son corps en premier (si la balle le touche après avoir touché la batte, c'est ok)
  • s'il ne marque aucun run en 6 tentatives de lancer. Je ne suis pas totalement certain de cette dernière règle, mais j'ai l'impression que ca marche comme ça.
Quand il ne reste plus qu'un batteur non-éliminé, la phase de jeu est terminée et les équipes échangent leur rôle pour une nouvelle manche. Si le nombre de manche défini pour le match est atteint, l'équipe avec le plus de points gagne.

Une phase de jeu peut durer assez longtemps. Les meilleurs batteurs peuvent marquer 50, 100 voire 150 points avant de se faire éliminer. Comme il suffit d'intercepter la balle et que le terrain est grand pour 9 receveurs, il est relativement "facile" de marquer un run, du moins si on compare avec le baseball ou de nombreux joueurs sont éliminés sans l'avoir frappé.

Du coup je trouve le jeu plus dynamique et plus vivant que le baseball, ou j'ai tendance à vite m'ennuyer. Mais tenir 3 ou 5h pour 2 manches d'un match qui est planifié sur plusieurs jours, c'est quand même long :)

Voilà, j'espère avoir été clair, et si vous trouvez une chaine française qui en diffuse, vous comprendrez un peu mieux comment ca marche.

In Vino Veritas Est

Correction suite à mon billet d'avant hier sur l'alcool à Bangalore...

Le premier ministre du Karnataka a fait un démenti officiel, et cinglant, envers son ministre (Gowda) qui avait annoncé l'interdiction à terme, de tout alcool sur le territoire.

"Just because Gowda doesn't drink, he does not want others to drink. I've spoken to him today and clarified that no one should make such statements. There is not meaning in them".

A la veille du week end, c'est une très bonne nouvelle.

Santé!

Homme Chocolat

Vous connaissez sans doute la pub pour Axe, avec l'homme qui se transforme en chocolat et qui devient l'ultime objet du désir pour toutes les filles?



A mon arrivée en Inde, elle passait à chaque écran de pub, sur toutes les chaines. Il faut dire que question pubs, ils sont assez gavant. Il faudrait que je compte le nombre de coupures des films, mais si il se passe 30mn entre chaque ce doit être un grand maximum. Du coup il te faut au moins 3h pour mater n'importe quel film qui en durerait seulement 2.

Bref, j'avais identifié que la pub avait été écourtée par rapport à notre version. Il manquait notamment la fin, là ou le produit apparait et l'homme se fait arracher le bras, dernier effet comique. Ici ça se termine avec uniquement les flacons sur fond noir, sage, mais surtout aussi "long" si on compte en secondes.

Trop violent pour les indiens? Peut être. Mais de toute façon le spot ne passe plus, il a été victime de censure, trop sexy. Le gouvernement indien, sans interdire totalement l'annonce, a conseillé aux publicitaires "de freiner la diffusion sur les ondes télévisuelles de la dite publicité", autant dire que cela revient au même. Elle aurait été jugée "indécente", "vulgaire" et "repoussante".

Un directeur de publicité justifiait cette décision par le fait que la TV est regardée en famille, et que de nombreuses personnes s'étaient senties mal à l'aise de regarder ça en compagnie de leurs enfants, petits enfants, grands parents...

Soit. Moi ce que j'ai du mal à comprendre, c'est que la TV diffuse à longueur de journée du Bollywood, les filles sont faiblements vêtues par rapport au standard indien, et si il n'y a jamais de "contact" entre les acteurs principaux (il y a toujours une histoire d'amour quelquepart), les danses sont suffisament explicites pour y voir aussi des évocations sexuelles. Mais ça, ça ne dérange personne :)

Allez, en cadeau bonux, une autres pub "censurée" ici: Pub Caleçon

jeudi 4 septembre 2008

Vu a la TV!

L'équipe d'un avion Air India a découvert lundi un serpent enroulé sous le siège d'un passager !

Incapable de le capturer, le reptile se serait échappé via des conduits d'aération. Il n'aurait toujours pas été retrouvé malgré démontage de plusieurs panneaux, envoi de fumigènes, tout l'tintouin.

Le porte parole de la compagnie aérienne se veut rassurant: "l'avion était garé à Delhi pour maintenance. Il s'agissait bien d'un serpent, mais pas d'un cobra." Ah bin tout va bien !

Mon premier vol était sur Air India pour venir ici, le dernier retour le sera probablement aussi. Mais j'ai p'tet bien fait d'insister pour prendre Air France lors de mes multiples aller/retour.

Enfin le plus rigolo c'est que le film "Snake On Plane", avec Samuel L. Jakson, était programmé à la TV cette semaine. J'ai vu la bande annonce, ca m'avait l'air d'être un sacré navet. :)

Belles! Belles! Belles!

Comme tout être masculin sur cette planète, l'homme indien pense avant tout avec une certaine partie de son corps. Mais son approche de la gente féminine semble bien différente de nos méthodes occidentales.
Vellankani, Avril 2008 (Julien Minard)

Le mois dernier lors de notre première sortie en ville, nos jeunes collègues nous avaient donné le ton: "il est nous est très difficile de rencontrer des jeunes filles indiennes". Bon ça sentait un peu la complainte du mâle en rut au fond des bois, et leur argumentaire était un peu paradoxal. Je m'explique.

Selon les bonnes mœurs indiennes, ils nous ont expliqué que les femmes ne devraient pas sortir après 21h. Alors que nous étions en terrasse avec vue sur la rue, ils nous montraient des passantes en les décrivant comme "des filles pas-bien", idem pour celles présentes dans le restaurant. A première vue pourtant, rien de choquant. Pas des filles qu'on pourraient qualifier "de petites vertus", correctement vêtues selon la mode locale, pas aguicheuses, juste des nanas en train de passer une soirée sympathique en compagnie de quelques garçons, visiblement des amis.

Un d'eux ayant vécu en France et Italie, je lui fais part de mon étonnement. Il admettra que chez nous ce n'est pas comme ça, et qu'à Bombay ou Dehli non plus d'ailleurs. Mais que pour lui, et sans doute pour le reste de l'Inde "ce ne sont pas des filles bien". Bon. Alors évidement, quand tu commences à sortir à 20h et qu'à 21h il n'y a plus de filles "bien" en ville, ça limite les possibilités de rencontre. Et comme leur domaine de travail n'est pas le plus paritaire, pas beaucoup de chances de se rattraper au travail.

Un complément d'info m'est aussi parvenu via Laurent, un Français rencontré à l'hôtel. Ses collègues auraient 1 à plusieurs petites copines, ce qu'ils attribuent au fait d'avoir des motos. Polygames? Pas sûr. D'après ce que l'on sait, ils n'ont normalement rien le droit de faire avant le mariage, on évite même de toucher la peau des femmes. Mais par contre étant motorisés, ils emmènent leur "conquêtes" au cinéma, dans des parcs... Ils "s'amusent" en attendant le mariage, mais il n'est pas certain que ces relations soient plus que platoniques. Ça reste à éclaircir.


 Nagini et Charlotte, étudiantes (Julien Minard)

Le mariage donc. Beaucoup seraient encore arrangés, voire intéressés. Fredouille nous disait lundi soir avoir vu un reportage où le marié découvrait le visage de sa dulcinée le soir de la cérémonie (magie de la TV, c'était une très bonne surprise). Laurent me disait aussi qu'un de ses collègues avait eu une relation avec une fille pendant 2 ans, et que du jour au lendemain elle était partie se marier avec un médecin, simplement parce que lui n'était pas encore ingénieur à l'époque, l'autre avait une meilleure situation.

Ramesh, mon collègue ayant vécu en Europe, se marie cette semaine. En passant chez lui il y a quinze jours, aucune trace de présence féminine. Par respect, je n'ai pas osé lui demander s'il connaissait sa future femme, comment il l'avait rencontré. Nous devons aller fêter ça samedi soir en ville, je serai étonné qu'elle soit présente.

J'ai lu également que les dotes étaient toujours de mise, avoir une fille n'est pas chose facile pour certaines familles pauvres. Ils iraient (comme en Chine?) jusqu'à perturber certaines grossesses, via l'avortement de fœtus féminins. Le taux de naissance en Inde serait de 993 filles pour 1000 garçons, ce qui est inverse aux probabilités naturelles. Grosse différence? A l'échelle de la population indienne, ça veut dire que 40 millions d'hommes indiens ne pourrons trouver de partenaire. Oui, ça parle un peu plus.

Enfin si elles sont moins nombreuses, question dote on peut quand même trouver son bonheur. Les 3 futures héritières les plus riches du monde sont indiennes (Vanisha Mittal, Isha Ambani & Pia Singh):
Des prétendants?

mercredi 3 septembre 2008

Ganesh Chaturthi !

Aujourd'hui les Indiens célébraient une de leur divinité préférée, Ganesh, le dieu à tête d'éléphant. Sans être vraiment un jour férié, peu de personnes étaient au travail, la plupart participant probablement aux festivités qui consistent, entre autre, à baigner des statues du dieu dans des lacs ou rivières.

Si je n'ai malheureusement été témoin de ces scènes, taf oblige, je vais donc vous raconter une petite histoire. D'abord Ganesh est le fils de Shiva et Pârvatî, il est le dieu de la sagesse, de l'intelligence, de l'éducation et de la prudence. Un jour son père lui coupa la tête en le prenant pour un amant de sa femme - oups - et quand il apprit que c'était son fils, fit venir la première tête venue pour la remplacer. Ce fut celle d'un éléphant.

Il y a donc longtemps, très longtemps, un certain nombre de dieux se tiraient la bourre pour savoir qui devait être vénéré en priorité. Pas plus fins que des fast & furious en tunning, ils décidèrent que celui qui ferait le tour de l'univers le plus rapidement serait le vainqueur.

Ici, chaque dieu est dotée d'un animal qui le véhicule. Par exemple Shiva est porté par des bœufs/taureaux, Pârvatî par des lions/tigres. Mais le pauvre Ganesh lui se déplace en rat, réputé pour être l'animal le plus lent de toutes les divines bécanes de la galaxie. Pas d'bol.

Il prend quand même le départ, fonce directement au mont kailash, montagne sacrée où vivent ses parents. Il gagne la course en déclarant que pour lui, ses parents représentent tout son univers (quel fayot!). Son intelligence et sa présence d'esprit sont salués par ses concurrents.

La morale est évidente, d'abord donner la plus grande importance à ses parents, la famille ayant toujours une place importante dans la vie des indiens aujourd'hui, et ensuite l'intelligence et la sagesse peuvent venir à bout de toute inégalité.

Prohibition

L'attrait touristique de Bangalore, déjà limité, ne risque pas de s'arranger.

Je vous ai parlé de l'interdiction de "live-musique" après 23h30. En fait c'est un peu plus compliqué que cela, et assez invraisemblable par rapport au fond du problème. Depuis Janvier, les autorités de Bangalore, ou du Karnataka, ont interdit les boites de nuit après 23h30. Mais de nombreux établissements ont contournés le problème en improvisant des pistes de danse dans les restaurants. Donc ils ont interdit la musique après 23h30 - dans tous les établissements qui servent de l'alcool.

Nos collègues, assez jeunes, avaient eu du mal à nous founir une explication convaincante sur tout ça, sachant que c'est limité à la région et non à l'Inde entière. Leur boss lui avait une théorie qui semble plausible et qu'on retrouve sur le net. Les jeunes indiens de Bangalore, sans cesse plus nombreux, nocturnes et avinés, seraient devenus ingérables pour une police en sous-effectif, avec en prime une accidentologie dramatique la nuit.

Cherchant donc à limiter la consommation d'alcool, il semblerait que le gouvernement ai pris le problème à l'envers. Pas de police pour verbaliser tous les conducteurs en état d'ivresse, donc on limite les heures d'ouvertures des établissements où ces jeunes s'abreuvent. Sauf que ça n'a pas l'air d'avoir l'effet escompté, dixit une jeune étudiante de 23 ans:

"Nous allons toujours en boite mais sans danser, juste pour boire. Si on a le malheur d'agiter la tête ou le bout du pied en rythme avec la musique, un vigile nous tape immédiatement sur l'épaule en nous demandant de stopper".

Aussi véridique qu'ahurissant. Alors bon, devant l'échec, les mesures se durcissent. Ils ont commencé par interdire les boissons nommées "arrack", qui doivent être des sortes d'eau de vie à base de riz ou de sucre de canne. Dans le journal d'aujourd'hui, ils parlent de généraliser à toutes les sortes de "liqueur", pas seulement les eaux de vie.

Le ministre de la médecine: "Je sais que beaucoup pensent cela irréaliste. Mais nous devons bien débuter par quelque chose. Nous avons commencé par interdire les arracks. Nous pouvons avancer pas à pas, et interdire le rhum, le whisky, la bière, et les autres spiritueux".

Ce mec est fou. Je ne sais pas comment ils imaginent tenir une ville de 7M d'habitant, dont la population est jeune, diplômée et aisée, qui bosse comme des oufs 50h par semaine, sans leur laisser un tant soit peu le moyen d'exulter.

Qu'ils cherchent à limiter les abus d'alcool, on va pas leur reprocher. Mais plus de danse, plus d'alcool, il faudrait quand même qu'ils jettent un œil au passé des USA pour voir les effets d'une vraie prohibition.

A côté de ça, il faut quand même savoir qu'il y a un grand nombre d'indiens qui ne boivent pas d'alcool. J'suis pas totalement sûr que ce soit lié à la religion (ils sont hindous, pas musulmans), mais c'est assez fréquent. J'dirai au moins autant que ceux qui sont végétariens, bien que ce ne soit pas forcément les mêmes personnes.

ATP Open

Lu dans l'équipe à mon retour en France.

Le tournoi de tennis ATP de Bangalore, prévu au 29 Septembre, à été annulé. La faute aux bombes de fin Juillet (1 mort, 10 blessés), qui laisse penser aux dirigeants de l'ATP que les conditions de sécurité locales ne sont pas suffisantes pour que l'évènement puisse avoir lieu.

C'est un peu dommage, d'autant que le groupuscule responsable (des étudiants islamiques intégristes) a été totalement démantelé la semaine dernière. Pour une fois que la ville pouvait héberger un évènement majeur autre que du cricket :)

Back to BLR

Yop.

Quelques 10h d'avion, le temps de mater 5 films vautré comme un nabab en classe affaire, me voilà de retour à Bangalore et donc en ligne.

La grosse information n'est pas indienne, mais la voilà: ON EST PROPRIETAIRES!
Nous avons récupéré vendredi les clefs de notre nouvelle maison, à Chirens (38).



Nous avons profité du week end pour emmener quelques affaires, mais l'ensemble du déménagement est prévu pour dans 15 jours, avec une grosse tache "carton" que j'évite lâchement et qui se retrouve à la charge de Nath. Courage...

Sinon ici ca n'a pas l'air d'avoir trop changé. Températures toujours ok, pluie tous les soirs, le taf toujours à la bourre, les routes encore un peu plus défoncées. La routine quoi.

Les 10 prochains jours devraient passer vite, et je repars pour une fiesta à Paris, puis Lyon.

mardi 26 août 2008

Kékés

J'ai vu mes premières (vraies) motos en partant à Mysore. Dans Bangalore, on ne trouve que des petites cylindrées. Toute la ville est interdite aux motos de plus de 250 ou 350cc, j'ai pas bien compris, et dans la réalité on ne voit que des 125 et 150 cm3.


Nous étions donc sur la 4 voies qui mène à Mysore quand nous avons crevés. Pas étonnant vu l'état slic des pneus arrière, mais bon, un clou à la verticale dans le pneu, de toute manière ca pardonne pas. Le chauffeur s'empresse donc de changer sa roue (sous l'oeil attentif de 3 gugusses qui n'en foutent pas une), moi j'sors l'appareil pour immortaliser la scène et en profiter pour shooter une cahute et sa vache attitrée.


Bon on la voit pas sur la photo, mais 30s plus tard ya un bolide qui passe en hyper espace juste devant moi. Une ultra sportive, 600 ou 1000, probablement une CBR, pas eu le temps de bien voir. Un guerrier des temps moderne est monté dessus, équipé cuir de la tête au pied, il attaque la courbe suivante avec un déhanchement exagéré, s'imaginant sans doute en train de taxer Rossi sur la ligne d'arrivée.

Bon on va pas mégotter, rouler vite je sais un peu ce que c'est. La le type va fort, m'enfin il est pas limite, même si ça l'oblige un peu à zizgaguer au milieu des caisses à l'arrêt. Moi ce qui m'inquiéterai plus, c'est l'état général de la route, ca passe du potable au franchement bosselé tous les 3km.

Le temps de retourner à la caisse, un second missile nous passe, sorte de frère jumeaux du premier. J'demande même à mes camarades s'il y a une boucle dans le coin parce sur le moment j'pense vraiment que c'est le même type. Mais non, juste qu'il devait tirer un poil court et s'être fait larguer par son pote devant. Huummm, bon, sont aussi cinglés que nous les indiens.

On repars, et là c'est carrément un troupeau d'allumés, quoiqu'un peu moins rapide, qui nous passe. R1, ZXR, Hayabusa, toutes des hypersport. Mais si les pilotes sont tous sur-équipés, j'crois halluciner quand j'vois 2 passagers, sans casque ni gants, accrochés tant qu'ils peuvent à leur chauffeur. Des malades, c'est des malades!

S'il faut avoir essayé une fois de rouler à plus de 80km/h sans casque pour comprendre l'effet du vent sur notre tronche, pas besoin de se gaufrer sans casque pour imaginer ce que ca peut donner...

Donc oui, il y a des grosses motos en Inde. Elles sont justes interdites en ville. Et si les motards de ville sont relativement sages, leurs homologues des campagnes semblent avoir pété les plombs.

A suivre...

Ce Dimanche mes collègues de boulot se sont transformés en hôtes et m'ont emmenés faire du tourisme à Mysore, 150km au sud est de Bangalore, 3h de route dans chaque sens.

Une journée longue, intense, surprenante. Traversée de la campagne, ses rizières, ses champs de canne à sucre. Visite de temples, de palace royal, d'un zoo. Observation des cultes hindouistes. Découvertes culinaires également, des noix de coco fraiches, du jus de cane, ou encore du "Laddu". Pour finir à la nuit tombée, au pied d'un barrage, un jardin aux fontaines illuminées.

J'ai tenté de faire des photos, là où c'était possible. Il va falloir je fasse un peu de tri et que je cherche comment je vais mettre ça en forme.

En attendant pour ceux qui voudraient plus de news indiennes, je vous propose ces deux blogs:
  • Blogalore: Expatrié depuis plus d'un an à Bangalore, Antoine a une analyse des événements locaux beaucoup plus poussée que la mienne, de nombreux articles interessants.
  • India!: Des photos, magnifiques. Je n'ai ni le matériel (Hasselblad), ni la compétence artistique pour faire de telles images. Vraiment superbes.

Allez, dans 2h j'suis à l'hotel, dans 10h je serai dans l'avion, dans 24h je serai à la maison...

Tata

Tata, c'est la plus grosse société d'Inde. Je connaissais essentiellement sa présence dans l'industrie automobile, et pourtant il s'agit d'une des plus récentes activités du groupe (1998), dont la création date de 1902.

En Inde la firme est omniprésente. Plus de 300000 employés, quelques centaines de sociétés affiliées, dans le top-10 des sociétés mondiales. Impossible de dénombrer tous les domaines d'activité, ils font de tout (ingénierie, matériaux, services, énergie, chimie, etc...).


Ici c'est une institution. Malgré sa taille gargantuesque, tout le monde "aime" cette société et la considère comme une entreprise familiale, qui prend soin de ses employés. On me l'a répété plusieurs fois, c'est une "bonne" société, y entrer les fait tous un peu rêver.

Tata est en train de lancer une nouvelle voiture, la Nano. Une sorte de grosse Smart 4 places, mais surtout la voiture la moins chère au monde. Ici elle devrait être être vendue pour Rs 1 lakh (comme ça je vois si yen a qui suivent), soit ~1500€. En comparaison, la moins chère des Logan (fabriquée sur place) est vendue 6600€. Quand on sait qu'un Indien moyen gagne moins de 100€/mois, que le smic est à 30€, et qu'un ingénieur IT doit toucher 500€...


Bref, tout ce contexte pour expliquer les manifestations du nord du pays dont je parlais l'autre jour. Pour la fabrication de la Nano, Tata a "acheté" 1000 acres (400 ha) de terres agricoles dans l'état du West Bengal (Calcutta), dirigé depuis des lustres par le parti communiste. C'est la première fois qu'une grosse industrie s'installe dans l'état, avant c'était impossible, pas d'autorisation.

Et c'est autour de cet achat qu'il y aurait embrouille. Certains auraient cédés leur lopin de terre volontairement, d'autres n'auraient pas vraiment eu le choix. Et les communistes montent la mayonnaise autour de tout ça, demandant à Tata de "rendre" une partie des terres que l'usine voulait utiliser comme une gigantesque concession. Gros imbroglio politique.

La sortie de chaine est théoriquement prévue pour Octobre, donc l'usine doit être quasi terminée. Mais l'ambiance n'est vraiment pas bonne la bas, les manifestations ne seraient pas tellement pacifiques, et Mr Tata (fils ou petit fils du fondateur) commence à parler de délocaliser l'usine s'il pense que la sécurité et l'ambiance de travail ne seront pas suffisantes pour qu'il demande à ses employés/managers d'aller bosser là bas.

Et là on revient à la réputation "familiale" de l'entreprise, malgré plusieurs millions d'investissements sur place, la menace semble prise au sérieux par l'ensemble des politiciens... Ya aussi le côté rigolo d'un pays gérés en territoires autonomes. Dès le lendemain de cette annonce, de nombreux états ont sortis le tapis rouge pour accueillir l'éventuelle nouvelle usine, c'était la braderie des taxes professionnelles :)

lundi 25 août 2008

Agenda

Petite agenda prévisionnel des prochaines semaines...

Mercredi 27/08: Bangalore -> Lyon
Vendredi 29/08: Signature achat maison
Samedi/Dimanche 30-31/08: Remplissage de carton, déménagement des motos, garage.
Lundi 01/09: Lyon -> Paris, soirée possible dans le XVIIIème ou ailleurs.
Mardi 02/09: Paris -> Bangalore
Samedi 13/09: Bangalore -> Paris, arrivée 9h du matin
Samedi midi: à définir
Samedi soir: 40 ans d'une copine
Dimanche midi: à définir
Dimanche soir: Paris -> Lyon, Mme en seconde, Mr & Fiston en 1ere :)
Lundi 15/09 -> Mercredi 17/09: carton, carton, carton
Jeudi: 18/09: Suivi des déménageurs
Vendred 19->Dimanche21: Emménagement, nettoyage maison Cremieu, etc...
Lundi 22/09: Lyon->Bangalore.

On pourra pas dire qu'on vous a pas prévenu :)

samedi 23 août 2008

Indépendance Internationale

Dans mon billet sur l'Independance Day, je m'interrogeais sur la perception de ces évènements par les Français, sachant qu'en 1947 la France disposait encore de nombreuses colonies (toute l'afrique du nord & centrale), mais aussi quelques territoires en Inde (Pondicherry).

Lecteur assidu de ces pages, mon grand père me donne (par mail) son ressenti:
"Personnellement, je n'en ai aucun souvenir. Dans nos
campagnes à l'époque nous avions bien d'autres soucis que de s'occuper de ce qui se passait de l'autre côté de la planète. Nous n'avions qu'un journal par semaine..."

Mince alors ! Prise de conscience d'un changement d'époque.

J'ai toujours connu le journal télévisé, ses images venus d'ailleurs, ses grands reporters. Toujours eu l'impression de vivre, pas seulement en tant que Français, mais "au milieu du reste du monde". Avec internet, on est au courant en instantané d'évènements se passant en Chine, au Japon ou Australie. Je suis à 9000km de la maison et tous les soirs je peux parler de visu avec Malo grâce à Skype.

Nous avons rapetissé le monde. Et j'avais oublié que la communication n'a pas toujours été si facile...

e-Mobilier

Je l'ai déjà dis, Bangalore est une ville qui est en pleine mutation. Son status de "zone franche" pour les entreprises high tech draine ici de nombreux capitaux privés et étrangers, faisant pousser un peu partout de grands buildings top-modernes, et de grandes résidences top-classes dans lesquelles ont fait dormir les ingénieurs.

Mais le problème c'est que cette expansion se fait un peu tous-azimuts, sans plan d'urbanisme, avec l'impression que les pouvoirs publics n'ont rien anticipé ou n'ont pas les moyens de faire suivre les infrastructures locales.

Les routes j'en ai déjà parlé, c'est une calamité. Insuffisantes et trop étroites face à un trafic qui ne fait qu'amplifier, elles provoquent d'interminables bouchons. Et je parle pas de leur état, nids de poules à gogo, quand c'est pas une voie complète qui s'est transformée en chemin de terre façon champs de mine.

Ensuite ya la flotte. Le réseau proche de l'hôtel doit être récent, on a la pression, la quantité, et la flotte semble de bonne qualité. Mais dans d'autres quartiers c'est une autre affaire: ruptures de canalisations viellent de 60 ans et toutes rouillées, eaux de pluie (mousson) qui s'infiltrent dans le réseau et rend l'eau "potable" marron pendant plusieurs heures, etc, etc...

Enfin ya le réseau électrique. A l'hôtel j'ai au moins une coupure par soir. Ça ne dure jamais longtemps puisqu'il est équipé d'un énorme groupe électrogène qui prend le relais, mais c'est quotidien. Parfois la TV diffuse de la neige des nuits entières, laissant penser que la coupure est générale...

Une p'tite dernière pour la route? L'aéroport par lequel je suis arrivé est raide neuf, mis en service depuis Avril. Certains disent qu'il était déjà trop petit pour le trafic annuel (10M de voyageurs), et parlent de réouvrir l'ancien - très proche du centre ville - le temps de construire un terminal supplémentaire.

Nuit Blanche en Maharashtra

J'aurai pu tagger ce post en "religion", mais ca ne serait pas totalement exact. Je vais donc le classer comme "insolite".

J'ai crû comprendre que les indiens étaient assez superstitieux. Dans une grande ville comme Bangalore ça se remarque peut être moins, mais le journal d'aujourd'hui m'a apporté une preuve qui m'a bien fait rire.

Plusieurs villes des territoires voisins ont été victimes de SMS-Spam. Ces textos annonçait que des conditions cosmiques (il faut savoir qu'il y a eu une éclipse ya pas longtemps ici), une mystérieuse maladie ou un tremblement de terre, au choix suivant les villes, allaient provoquer la mort des personnes endormies entre 1h et 4h du matin.

Le fake s'est transformé en rumeur. Et dans ces villes de nombreuses personnes se sont retrouvées à passer la nuit en dehors de leurs maison, en plein rue, les parents allant jusqu'à asperger les gosses de flotte pour pas qu'ils s'endorment.

Extrait de l'article:
"I was told by a relative that children were dying in sleep due to planetary effect and black magic done by tantriks. So I brought my trhee children out of the house and stayed awake".

C'est sûr qu'en France, on sous-estime fortement le pouvoir du tantrisme. Et dire qu'il y en a qui voulaient que je fasse ouvrir mes chakras... :)

vendredi 22 août 2008

Strike

Non il s'agit pas de bowling mais de faire plaisir à mon Paulopaulo qui, en bon trotskiste, souhaite que je parle des grèves locales. On se moque souvent des français pour leur aptitude - voire habitude - à faire la grève. Ben les indiens ne semblent pas en reste.

La semaine dernière le personnel d'aéroport était donc en grève, j'sais plus vraiment pourquoi, ça n'a quasi pas touché celui d'ici. En début de semaine on a eu droit à la grêve des "rickshaw" (triporteurs), pour des questions de licence et du prix du pétrole. Ils avaient prévu que ca paralyserait pas mal Bangalore, j'ai vu autant d'engins que d'habitude et ca n'a pas eu l'air de rouler plus mal non plus (mais j'suis excentré).

Dans le journal j'ai aussi lu les avis de grêve dont Paulo nous donne un lien: Grève contre l'inflation. 12,6% en un an quand même, faut que je vous parle de ça dans un autre billet. Enfin si Calcutta était désert, ici ça s'est pas vu, je me rappelle même pas en avoir entendu parler aux infos ou sur le journal du lendemain...

Ce midi j'ai aussi vu aux infos qu'il y avait des grêves, ou manifestations, contre l'implantation d'une usine Tata à Singur. J'en sais pas plus, pas eu le temps de chercher, mais puisqu'on veut de la nouvelle fraiche :)

Bref tout ca pour dire que questions grêves, ils ont l'air de connaitre le concept.

jeudi 21 août 2008

Spice Boys

Je crois que mon corps commence à s'habituer à la nourriture locale.

Deux semaines que je suis ici, l'hôtel ainsi que tous les restaux que j'ai pratiqué sont à peu près sur le même principe. Ici on ne mange pas à la carte, pas d'assiettes toutes faites, on trouve de grands buffets avec des tas de plats différents.

Les plats et accompagnements sont toujours séparés. Côté plat on trouve principalement du poulet, du poulet, et encore du poulet. En sauce, grillé, mixé, pané, du poulet. J'exagère à peine. Un peu de poisson et de mouton/agneaux, m'enfin c'est quand même poulet en priorité. Pas de dinde, cochon, bœuf. Parait qu'on en trouve sur Bangalore, mais ça reste marginal. A noter qu'il n'est pas question de religion, juste qu'ils n'en mangent pas.

Il y a aussi énormément de végétariens ici. Vais me faire bâcher grave si je me trompe, mais je dirai qu'en France c'est relativement rare et assez féminin. Ici c'est aussi bien les hommes que les femmes, et beaucoup plus nombreux.

Donc du coup on trouve pleins de plats cuisinés à base exclusivement de légumes. Pas mal de crudités, c'est carrément une bonne surprise. Ensuite ya les nouilles façon chinoises, et le riz. Au moins 3 ou 4 plats de chaque. Enfin toute une gamme de légumes variés: choux, aubergines, haricots... Les desserts sont tous assez sucrés (bons mais écœurant pour moi), j'avoue que j'en mange très peu.

Un aparté sur le pain, j'adore leur pain, ou "naan". Sorte de crêpe légèrement soufflée qu'ils font cuire au four. En Europe on trouve aussi du "cheese naan" (prononcez "tchiiise nane"), que j'aime encore plus. Enfin question prononciation ça doit quand même pas être ça, pour se faire comprendre le plus simple c'est de demander un "indian bred". Bref, la version fromage on m'a confirmé que c'était un truc pour nous, ici on en trouve pas du tout, d'ailleurs ya quasi pas de fromage.

Voilà, franchement, tout est très bon. Alors pourquoi je dis que mon corps commence à s'habituer? Parce que c'est bon, mais épicé. Fortement épicé. Dans certains restaurants à présence occidentale, les plats sont étiquetés et disposent d'une pastille pour prévenir. Dans les autres, c'est la roulette russe. Même quand parfois mes collègues me disent "vas-y ça ya pas d'épices", faut pas s'y fier, c'est généralement déjà pas mal relevé.

La première semaine, sur une assiette complète, j'étais sûr de tomber sur 1 ou 2 plats que j'avais du mal à finir. Le coup de traitre fut d'ailleurs une simple pizza de chez Pizza Hut, l'impression qu'ils avaient versés une bouteille entière d'huile piquante à l'intérieur de la pâte, j'en avais les larmes aux yeux à chaque bouchée (conseil en passant, une gorgée de coca/sirop soulage beaucoup plus qu'un morceau de pain). Mais ça commence à venir. Ou bien je choisis mieux mes plats.

N'étant pas d'un caractère intestinal sensible, les désagréments se limitent pour l'instant à l'ensemble buccal. M'enfin on peut deviner quand même que ça a tendance à décaper l'ensemble de la tuyauterie. Ne pouvant conclure avec une fameuse citation pour cause de lectorat de tout age, je me contenterai de mettre les fans de "Les Nuls" sur une piste avec ces trois mots suivant: Elephant, Mobylette, Crepon.

Et n'allez pas raconter n'importe quoi dans les commentaires, j'surveille ! :)

mardi 19 août 2008

Quelques Photos

Je n'ai jusqu'à présent pas fait énormément de photos.

La plupart de mes trajets se font en taxi, la circulation t'impose quasiment d'avoir les fenêtres fermées pour pas t'asphyxier, pas le top pour prendre des clichés.

Enfin lors de l'Independance Day je me suis quand même un peu baladé, le taxi m'a posé auprès de certaines "famous place" de Bangalore.




















Hôpital de la charité "Shri Satya Sai", près de l'hôtel






Au nord de la ville, entouré par un paquet de touristes indiens (ou du moins c'est ce que j'ai supposé), on trouve les 2 batiments suivant:




Le "Vidhana Soudha",

ce doit être une sorte de préfecture pour l'état de Karnataka





















Avec juste en face, une belle bâtisse rouge

"Attara Kacheri", la court suprême

Ca sera tout pour le moment...

Le compte est bon

Les indiens ont une représentation spéciale des chiffres. Je connaissais le système anglais/américain, qui ajoute des virgules ou des apostrophes entre les milliers. 1 million = 1'000'000, mais les indiens l'écrivent 10,00,000. De même, un milliard (billion en anglais) s'écrit 1,00,00,00,000.

En fait, au dessus de 1000, les indiens découpent les chiffres par centaines alors que nous comptons en milliers. Pour eux, le million n'existe pas, mais ils ont d'autres unités qu'ils utilisent à la place:
  • Le lakh = 100 000
  • Le crore = 10 000 000 (10 millions) = 100 lakh
Chaque centaine de centaine de ... de mille à donc son propre nom, voir ce tableau

Sinon tant qu'on est dans les unités, ils utilisent les système métrique depuis plus de 50, ce qui est plus qu'appréciable.

lundi 18 août 2008

M Chinnaswamy Stadium

Le sport national Indien, autrefois hockey sur gazon, est devenu depuis quelques années le cricket, ultime héritage de la colonisation anglaise.

Le cricket c'est ce sport qu'on assimile souvent à du baseball, dont p'tet seulement 3 français sur 10 savent que ça existe et sur les 3 p'tet qu'un seul connait vaguement les règles (qui sont en fait assez simples). Ici c'est LE sport, j'ai une chaine de TV qui en diffuse 24h/24, à comparer au foot chez nous.


D'un autre côté je n'aime pas trop cette référence, mais comme j'ai pas une attirance particulière pour le ballon rond, j'suis sans doute pas totalement objectif. Donc ici, tout le monde est fan de cricket, mais sans le côté pénible. En fait tout le monde * JOUE * au cricket. Et ça ça change tout !

Normalement ca se joue à 11 contre 11, mais entre potes, les parties se font à beaucoup moins ou beaucoup plus de monde. On en trouve qui jouent le soir à même les rues, enfin celles ou les bus tentent pas de t'écraser. Et tous les vendredi dans le complexe "High Tech" où je bosse, la pelouse est annexée pour des rencontres organisées au pied levé, généralement entre équipes de sociétés différentes


D'ailleurs c'est marrant, ils se mettent à jouer direct en sortant du taf, encore en costard/chemise, sans se changer. Font une partie ou 2, puis s'ils ont du taf retournent bosser :) Ils ont bien tentés de me faire essayer, j'ai réussi à esquiver pour cette fois, ne pas être ridicule dès la première semaine :).

Perso j'ai découvert les règles en arrivant ici et il m'arrive de regarder quelques matchs. Enfin des morceaux de match, parce qu'une rencontre se joue sur 4 ou 5 jours, chaque manche durant plusieurs heures. Mais c'est assez plaisant.


Je vais essayer d'aller voir ça en live. Le stade de Bangalore est quand même prévu pour 70000 spectateurs, ça doit donner. La saison indienne est très courte (avril-juin je crois), sans doute à cause de la météo. En ce moment c'est la période des matchs internationaux entre les équipes des pays du common-wealth.

Par contre il y a un match Inde-Australie en Octobre à Bangalore, si j'suis encore là je pense que je vais prendre une place.

Move your body !

Attention, changement du lien pour accéder au blog...

J'ai pas eu le temps de vraiment tester les choses avant de lancer ce blog, j'ai fait au plus simple et au final l'adresse actuelle ne me plait pas beaucoup. En effet faut pas être surdoué en info pour identifier mon adresse perso à partir de celle du blog et c'est pas le top.

A partir de maintenant, j'vous conseille donc d'utiliser cette adresse: http://belblog.belet.org

L'ancienne va encore marcher un moment, mais j'suis en train de tester d'autres sites/hébergeurs qui pourraient mieux correspondre à ce que je veux faire. Du coup l'adresse risque de changer totalement (mais de façon transparente pour vous avec la nouvelle adresse).

Merci.

samedi 16 août 2008

Independance Day

Hier c'était donc le 61ème anniversaire de l'indépendance indienne. Ça fait pas tant que ça quand on y réfléchit un peu, faudrait demander à nos grands parents comment ça avait été perçu à l'époque.

Conséquence ou pas (?), le patriotisme ambiant parait beaucoup plus présent qu'en France au 14 Juillet (drapeaux, décorations individuelles, etc.). Je ne serai pas non plus étonné que les français soient les plus mauvais élèves des fêtes nationales :) La différence par contre, c'est qu'ici presque tout était ouvert, la notion de jour "férié", même si prévu comme ça, doit être plus théorique que réellement appliquée.

Un "boss" du taf nous avait invités à participer aux festivités de son "village". Je me voyais partir en cambrousse, j'avais gobé une pilule anti-palud, pris ma bombe de répulsif, sorti mon canif "du club" pour couper les ailes des moustiques en 4...

En fait de village, on s'est dirigé en plein centre ville dans une résidence pour riches, 5 tourelles d'appartements assez chics avec une belle piscine centrale, le tout surprotégé par une armée de gardiens à l'entrée. Question dépaysement on a vu mieux.

Mais la fête avait bien lieu, pas vraiment différent de ce qu'on fait chez nous. Un groupe de mémés avec des chants anciens (assez sympa par rapport à ce qui passe en permanence à la télé), une nana dansant à la Krishna, des gosses de 3 ans qui font ce qu'ils peuvent sous les yeux des parents émerveillés, toutes les catégories d'âge passant tour à tour sur l'estrade. Assez agréable en fait, de la joie et de la bonne humeur.

Enfin le plus intéressant fut finalement la longue discussion qu'on a eu avec le boss (un type qui a pas mal vadrouillé dans tout le moyen orient), nous expliquant tout un tas de choses sur le fonctionnement de l'Inde, des Indiens, son constat sur la situation actuelle, sa vision du futur.

Pour quelqu'un comme moi qui ne s'est jamais réellement occupé de ce qui se passait dans le coin, c'était génial. J'peux pas vous citer d'un bloc les 2h d'échange, je vais malheureusement en oublier un peu, mais j'essayerai de vous ressortir ça au fur et à mesure des anecdotes.

Vite fait tant qu'on est dans le sujet, j'ai appris que le Pakistan occidental (qu'on nomme Pakistan aujourd'hui), et le Pakistan oriental (Bangladesh) sont devenus souverain en même temps que l'Inde, la séparation étant religieuse (islam ou hindouisme).

Par contre je n'ai pas compris pourquoi les britanniques avaient fait un pays aussi grand, même si c'est géré comme une union de territoires semi-autonomes. Sans doute pour éviter les séparations des peuples, qui provoquent toujours des conflits (voir les problèmes au Cachemire encore aujourd'hui).

Transport en commun

Une p'tite photo pour nos amis motards...


Oui oui, ce que tient là dame dans ses bras est une petite fille de 2 ans maximum. Et encore, 10mn plus tôt j'en ai vu une autre, en amazone, avec un gosse de maxi 6 mois dans un tissu en bandoulière:


Tout ça pour dire que je commence à me faire à la circulation. A moitié seulement hein, tant que je suis à l'arrière et que je regarde pas trop la route ça va, en gardant quand même ma ceinture, ce qui fait rire tout le monde.

Mais ce matin j'ai fait l'erreur de monter à côté du conducteur, j'ai du défoncer le plancher :)

jeudi 14 août 2008

Bosser ou Visiter, il faut choisir

Le commentaire de Fab sur mon sujet d'hier me fait penser que je dois quelques explications. Je finissais par "mon contrat m'interdit les visites touristiques".

Ma boite appartient à une grosse boite (So Yeti!), qui elle même fait partie d'une world compagnie (Gémini Criket pour les intimes). Ce genre de société croule sous les démarches administratives, impossible de bouger un petit doigt sans en faire une demande écrite. Alors s'ils sont bien contents nous vendre plein pot à l'export, ça s'accompagne de tout un tas de contraintes.

Disons qu'il y a quand même du bon et du moins bon, ils vérifient un peu où les employés sont envoyés. Par exemple ils refusent tout déplacement en Irak ou Pakistan. Le trajet initialement prévu à Dubaï posait aussi certains problèmes, les Émirats étant considérés comme pays "orange" dans la classification interne. Et si tout le monde vois l'Inde comme un pays pacifique, Krishna et cie, c'est pas forcément aussi "green" que ça, notamment dans les régions frontalières du nord.

Donc si mon départ à été précipité (j'ai appris le vendredi que je partais mercredi), ça ne m'a pas empêché de remplir quelques paperasses. D'abord une déclaration comme quoi j'étais "volontaire" pour la mission... Sans commentaire. Ensuite un avenant à mon contrat de travail pour la durée du séjour (pas de 35h applicable à l'étranger, prime d'export, etc.).

Et enfin une longue liste de choses que je m'engage à faire/ne pas faire sur place. Je vous cite les plus intéressantes.

Préconisations "normales":
  • Limousine: Véhicules "officiels" pour tous les trajets, affrétés par le client ou l'hôtel. - Autant dire que les pouss-pouss ne doivent pas rentrer dans la catégorie.
  • Night: Sorties de nuit à éviter absolument en dehors des zones sécurisées. - C'est quoi une zone sécurisée? Ma chambre, l'hôtel?
  • Siège: Ne pas se déplacer en dehors de la ville d'affectation sans autorisation préalable.
  • Motus: Ne pas engager de conversation à caractère politique ou religieux avec des ressortissants du pays de la mission. - Est ce que se foutre de la gueule de Sarko en fait partie? Trop tard...

Préconisations "en gras":
  • Souk: Éviter les grands marchés publics en période de foule et/ou de prière, les endroits à la mode (galerie marchande, restaurants, discothèques...). - A noter qu'après "prière" ya entre parenthèse (vendredi matin), on cite personne mais suivez mon regard...
  • Armure: Ne pas vous placer (hôtels, restaurants, galeries...) à proximité des grandes baies vitrées qui sont une source de blessures graves en cas de chute. - On sait qu'on vous envoi au casse pipe mais la prime décès coûte cher, prière de revenir amoché mais vivant.
  • Près des gogs:Choisir soigneusement vos places dans un restaurant: installez vous plutôt au fond de la salle, dos à un mur et/ou à proximité d'un pilier solide, la protection est meilleure à ces endroits là. - Puisqu'on vous dis que ça va sauter !
  • Repos: Pendant vos jours de repos, si vous ne souhaitez ni revenir en France ni revenir à l'hôtel, demander autorisation pour tout déplacement. - Des fois qu'on aurait pas compris dans le premier paragraphe. Et si pendant ton repos tu restes bosser, c'est encore mieux.

Et l'ultime over-safe-warranty en gras surligné:
  • Ne pas vous rendre dans les lieux touristiques

Bon derrière tout ça faut pas chercher midi dans la meule de fois, yen a pas un qui va vérifier, il s'agit juste pour la boite de se dé-responsabiliser de tout ce qui pourrait nous arriver sur place. Si tu suis à la lettre, tu ne peux absolument rien faire sinon hotel-taf-hotel.

Et s'il t'arrives qqchose en dehors, ca ne rentrera plus dans le cadre de ton contrat. Donc j'imagine pas d'arrêt de travail, pas de compensation financière à la famille, etc, etc, etc...

Bon c'est pas tout ça mais il est 1H du matin et demain ici aussi c'est férié (Independance Day). J'ai plein de visites à faire...

Météo

Quand j'ai mis les pieds en Inde, à Bombay pour 4h d'escale, il était minuit, une fine pluie tombait sur le tarmac, le thermomètre annonçait 28°C. Après l'avion climatisé à outrance, l'impression de rentrer dans un hammam. Alors c'est ça la mousson?

Depuis une semaine à Bangalore, c'est quand même moins pire que ce que j'attendais, voire même assez agréable. Bon c'est clair, peu de chance de me voir revenir avec les couleurs locales, le temps est majoritairement nuageux. Mais le plafond est très haut, et même si tu vois peu le soleil, ça se ressent pas tant que ça, la luminosité ambiante est bonne.

Il pleut assez souvent, principalement en fin de journée. Et quand ca tombe, ca fait pas semblant. Pas le genre de crachin que j'ai eu à Bombay, la grosse drache orageuse qui te sature les routes, provoquant une multitude de mares maronatres. Mais ca dure jamais très longtemps, et même si t'as à passer dessous, de toute manière l'eau est chaude, une vraie douche. :)

Parce que question température en revanche, c'est pour moi l'idéal absolu. Le matin il ne fait jamais sous les 20°C, l'après midi ca monte jamais au dessus de 28°C. Je suis en permanance en chemisettes, n'ai pas sorti un pull depuis que je suis arrivé ce qui pour moi est exceptionnel même en été, et n'ai jamais eu l'impression d'avoir chaud non plus. Idéal je vous dis.

Cette relative douceur serait à mettre au crédit de l'altitude. On ne s'en rend absolument pas compte sur place, pas une colline à l'horizon, mais Bangalore est en fait placé au beau milieu d'un gigantesque plateau montagneux, à 1000m d'altitude.

Pondicherry n'est qu'à 250km d'ici mais en bord de mer. Ils ont en moyenne 5 à 7°C de plus, et surtout 100% d'humidité permanente. Et les zones de plaine du nord de l'Inde (Ahmadabad) sont aujourd'hui sous les inondations.

On va donc profiter du mois d'aout tel qu'il est ici. Parce qu'en Septembre, ça devrait se gâter un peu, ils prévoient 3 fois plus de précipitations.

mercredi 13 août 2008

Bangalore Night Fever

Samedi soir, nous sommes allés guincher...

Enfin c'est ce que nos hôtes avaient prévus pour nous, un bar-dancing au 13ème étage sur la rue la plus "hype" de Bangalore. Quand on connais mon engouement pour la danse, j'avoue que j'étais pas plus enthousiasme que ça. Un peu curieux quand même, je m'imaginais nous retrouver au beau milieu d'une scène de Bollywod avec 50 types fartés comme Travolta en train de répéter leurs chorégraphies.

De toute façon c'était un bar, j'étais sur de trouver une place adéquate. :) Mais de danse on n'a pas eu. C'est que les bars jet-set çà se mérite, il faut réserver.

Tout ça pour dire que le lendemain c'était grosse manifestation à Bangalore. Un arrêté policipal (oui oui), aurait interdit les musiques "Live" dans les bars après 23H30. Pour des raisons sécuritaires un peu obscures, les bars sont pas interdits, la musique n'est pas interdite, mais si j'ai bien compris, uniquement la musique "live" (ce qui inclus les DJ des Night-Club).

La jeunesse locale n'a donc pas manqué d'exprimer son mécontentement, surtout qu'apparemment Bangalore serait un cas unique dans l'Inde, ou tout du moins dans les grosses villes modernes (Mumbay-Bombay, Delhi, Chennai-Madras).

Mon contrat m'interdit les visites touristiques, mais il dit rien quant à la participation à des manifestation pacifiques !

Mangez moi, mangez moi !

Après la vue intérieure qui a tant plus à tout le monde, on prend un peu de hauteur avec cette vue satellite de l'hôtel:

Il est où? Ben oui, c'est toute la question. La photo satellite date de 2004, mais il y a 2 ans elle aurait été la même. Je vous laisse vérifier sur Google Maps, à part le "SAP Labs" il n'y avait pas grand chose. Je bosse à l'ITPB (International Technical Park de Bangalore), en haut à droite de l'image. Tout le long de la route on trouve maintenant des immeubles flambants neufs, assez design bien qu'un peu tous à la mode "façade de verre", ce qui contraste pas mal avec la route qui elle est restée dans l'état d'il y a 4 ans.

Bangalore, ca veut dire "haricot bouilli" dans la langue locale. Mais à la place des haricots, moi je la décrirai comme ville champignon, ça pousse dans tous les coins, à croire que la mousson a aussi des effets sur l'immobilier. Je parlerai de l'inflation immobilière une autre fois, mais on doit dépasser les 40%/an.

Ce qui est assez impressionnant, c'est leur technique pour monter ces immeubles. Je n'ai pas vu beaucoup de grues, et la quasi totalité des constructions utilisent des sortes d'étais en bois ou en métal, en très grand nombre, pour soutenir le dernier étage. Les échafaudages sont également montés suivant la même technique.


Ca donne un effet "jungle" au dernier étage des bâtiments, assez rigolo. T'as aussi vaguement l'impression qu'en en poussant un ca ferait un effet domino, m'enfin je ne m'y risquerai pas.

mardi 12 août 2008

India's Goldeneye

C'est d'actualité, on va parler un peu de sport.

C'est sans doute passé totalement inaperçu en France, mais l'Inde vient de remporter à Pekin sa toute première médaille d'or depuis la création des jeux. C'est à Abhinav Bindra, dans la discipline du tir à 10m, que l'on doit ce que tout le monde considère ici comme un exploit. L'homme est devenu héros national.

Pour être exact, il faut préciser que c'est la première médaille d'or en individuel, l'Inde ayant obtenu 8 fois l'or par équipe en hockey/gazon. La "moisson" habituelle pour chaque JO ne dépassant pas les 1 ou 2 médailles, et tous métaux confondus, c'est seulement la 5ème médaille individuelle.

Pour un pays d'1 milliard d'habitants et donc un potentiel humain énorme, c'est quand même assez surprenant. Surtout quand on compare aux résultats des autres grandes nations (USA, Chine, URSS, ...). Et ca ne se limite pas aux JO, les Indiens semblent bizarrement absents de tout évènement sportif mondial.

Avant même cette médaille je m'étais renseigné sur ce manque de résultat. On m'a expliqué que l'état ne s'impliquait pas dans la vie des sportifs. Pas de bourse, pas de sport-étude, pas de centres de formation corrects. C'est donc aux familles de subvenir aux besoins des sportifs, et ce n'est donc certainement pas un hasard si le père de Abhinav Bindra est un riche investisseur. Si ca marche tant mieux, mais en cas d'échec, pas de plan B.

Évidement, ca doit brider un peu les vocations. Et ça fait aussi réfléchir les parents quand un môme, même avec de bonnes dispositions, souhaite s'impliquer dans une carrière pro.

Tous les sportifs indiens sont donc un peu des "self made men". Les indiens en sont conscients et c'est pourquoi ils les admirent d'autant plus.

Il ne reste plus qu'à leur souhaiter l'organisation d'un future édition des JO. Avec une plus grande implication de l'état dans la formation sportive, il est probable qu'ils pourraient tenir leur rang au niveau international.

lundi 11 août 2008

क्या आप हिंदी बोलते हैं ?

Traduction: Parlez vous Hindî?

L'inde est un pays immense. 15 fois la population de la France, 5 fois sa surface. Le territoire est découpé en 6 territoires, eux mêmes découpés en 28 états, qui ont quasi tous une langue officielle différente (en plus de l'anglais): Liste des langues officielles de l'inde

Autant dire que mêmes les indiens entre eux ont du mal à se comprendre, et que l'anglais est un recours nécessaire dans les communications quotidiennes. Pour simplifier un peu les choses, les alphabets sont aussi différents, c'est plus rigolo comme ça.

Tous les jours au taf ont a ainsi droit à une sorte de sketch. Un employé nous sert régulièrement du thé & café, mais visiblement il ne comprend pas l'anglais, ce qui on comprend pourquoi est assez rare, et ne doit pas non plus venir des mêmes états que nos autres collègues indiens (2 ou 3 différents).

Comme pour compliquer un peu les choses chacun prend une boisson différente (thé, café, avec ou sans lait, avec ou sans sucre), chacun y va de son explication dans son propre langage, répétant la commande complète, le gars dodelinant de la tête successivement pour signaler qu'il a bien compris.

Et tous les jours, c'est la pochette surprise, tu sais jamais ce que tu auras dans ta tasse. :)

Ceci explique qu'après une semaine ici, je ne connaisse toujours pas le moindre mot d'Hindî. Je ne me vois pas mémoriser 28 façons de dire "Bonjour".

dimanche 10 août 2008

Traffic

Je commence mes billets par ce qui parait le plus ahurissant quand on débarque ici... la circulation.

Depuis des années on nous parle de sécurité routière en Europe, depuis 5 ans c'est devenu une leitmotiv permanent à la limite du bourrage de crane, ici, rien de tout cela.

Le premier trajet, de l'aéroport à l'hôtel dans une Logan de chez Hertz (avec chauffeur), fut assez représentatif. J'ai regretté de ne pas en avoir fait une vidéo mais il suffit de chercher "traffic india" pour en trouver des tonnes sur Youtube.

C'est aussi dingue que sur cette vidéo, quoique encore plus chargé.

Alors dans l'ordre
  • Personne ne respecte les voies de circulation. Les bus encore moins que les autres, tout le monde roule un peu au milieu, et se pousse (quand ca lui plait) au bruit du klaxon.
  • Je n'ai pas vu de limitation de vitesse. On s'est retrouvé plusieurs fois à 120 sur des boulevards, au milieu des camions, vélos, piétons, chiens, etc...
  • Pas de feu, pas de stop, pas d'agent de circulation. Seul moyen pour ralentir tout le monde: d'énormes dos d'anes (non indiqués), les passer à plus de 2km/h fait frotter les bas de caisses.
  • Le parc auto est dans l'ensemble assez récent, essentiellement composé de Logan, des Tata que je ne connais pas. Les un peu plus riches roulent en Honda ou Sukuki Swift. Et les encore plus riches en 4x4 qui leur permettent de passer plus facilement sur les innombrables dos d'anes.
  • Le parc bus/camion est par contre complètement hors d'age, certain ne sont même pas équipés de clignotants, les rétros sont plus petits que sur mes motos. On en trouve un paquet en rade au bord des routes
  • Le parc moto est assez correct aussi, composé de petites cylindrées indiennes (ou chinoises?). Les casques semblent sortis des années 70, et ca ne doit pas être obligatoire pour les passagers, j'en en même vu assis en amazone. La plus grosse moto vue à ce jour est une Indian 350, c'est d'ailleurs la seule pour l'instant.
  • L'état des routes est globalement médiocre. Pas d'accotement, nis de poules un peu partout, le contraste avec les buldings raides-neufs est édifiant.
Tout ça fait que dans une ville de la taille de Bangalore (6M hab), la circulation est bouchonnées quasi en permanance. On doit mettre un bon 25mn à faire les 5km qui nous séparent du taf. Les autres qui viennent d'encore plus loin, plus proche du centre ville, parlent de 2h matin & soir.

Ah et puis j'ai essayé ça pour aller manger:

Ca doit pas rentrer dans les préconisation sécuritaires de Cap-Gemini m'enfin bon, c'était assez rigolo.

Quelques Détails

Petites explications sur ma présence en Inde.

Degremont, grosse société française spécialisée dans la production d'eau potable, est en train de construire une des plus grosses usines de dessalement d'eau au monde, aux Emirats, plus précisément à Barka, proche de Dubaï.

Ils ont sous-traité le développement des automates et de la supervision (pilotage de l'usine) à une société locale, dont le siège est en Inde, à Bangalore. C'est une (grosse) ville spécialisée dans le développement informatique. On trouve ici des centres de développement des plus grandes sociétés mondiales, SAP, Microsoft, Google, etc etc etc...

Le développement ayant pris du retard, Degremont nous a demandé de venir controler sur place l'avancement du projet, celui ci devant être terminé pour une présentation client fin Octobre. Me voilà donc pour 2 ou 3 mois à Bangalore.

Pas vraiment partant puisque ca ne tombe pas au meilleur moment pour Nath & moi (déménagement prévu mi-Septembre), le départ s'est fait un peu dans la précipitation, on m'a un peu forcé la main, mais bon, maintenant c'est fait.

Au passage, merci aux parisiens que j'ai croisé mardi soir, trainer dans le XVIIIème fut un moment agréable pour moi qui n'avait pas mis les pieds dans le coin depuis 2 ans.

Et puis petit clin d'oeil inspiré par un taxi rigolo:

Bienvenue en Inde

Et voila, je profite donc de mon voyage en Inde pour mettre au diapason de la mode actuelle, j'ai créé mon blog.

Je vais donc essayer, au jour le jour, de vous donner mes impressions pendant la durée de mon séjour ici.

Donc pour commencer, une p'tite photo sur mes conditions de rédacteur en chef


Allez, pour un premier message ca sera suffisant.