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mercredi 12 novembre 2008

Flying to the Moon

L'inde a lancé la semaine dernière une fusée en direction de la lune. L'objectif de la mission est de mettre un satellite en orbite lunaire et d'explorer sa surface à l'aide de robots automatisés.


Actuellement la fusée, ou du moins le module qui en reste après la séparation de tous les étages propulseurs, s'est positionnée en orbite lunaire à environ 100km d'altitude. Ce module devrait rester en orbite pendant 2 ans afin de réaliser une cartographie complète (et 3D) de lune. Prochainement le robot d'exploration devrait également "alunir" pour parcourir l'écorce lunaire à la recherche de divers matériaux et minéraux.

Si le centre de lancement est situé à quelques kilomètres au nord de Chinnai (ex Madras), l'ensemble du contrôle au sol est situé à Bangalore.

On peut se poser des questions sur l'utilité d'une telle mission par rapport aux coûts engendrés, mais d'un point de vue scientifique c'est pour l'instant une totale réussite. Accessoirement je suis un peu estomaqué qu'ils soient capable d'exploiter autant de technologie alors que je n'arrive pas leur faire fonctionner 3 vannes correctement, mais bon, ça c'est parce c'est parce qu'ils me mènent la vie dure ces derniers jours et que j'ai envie d'être taquin.

Je pense également à une longue et enflammée discussion de 4 ingénieurs français au milieu d'un restaurant, remettant en cause la réalité historique d'Armstrong sur la lune en 69, il y a presque 40ans! Les indiens présents devaient bien se demander de quoi on parlait, et si la mission d'aujourd'hui pouvait prendre quelques clichés des traces des missions précédentes ca clôturerait au moins de débat!

Partir

Partir pour un pays inconnu, que l'on sait éloigné de notre culture, c'est toujours un peu flippant. Avant de venir ici j'ai eu quelques jours pour me renseigner, fureter internet, mais je ne savais pas trop à quoi m'attendre, juste quelques quelques images clichés vues dans des blogs, des reportages ou au cinéma.

Sur place ce fut la surprise, il est apparu rapidement que je m'étais fabriqué pas mal d'idées préconçues, d'à priori voire de préjugés. Et puis il y a tout ce que je n'avais même pas imaginé, le quotidien, les lumières, les sons, les odeurs. La vie quoi. Aujourd'hui c'est devenu la routine.

Le trafic ne me surprend plus, un pare-chocs de bus klaxonnant à 30cm de ma fenêtre ne me fait même plus sursauter et c'est tout juste si je sors le nez du canard pour jeter un œil amusé sur le chauffeur qui me surplombe. Je me suis amusé cette semaine à écouter un nouveau client de l'hôtel me narrer sa venue de l'aéroport, aussi halluciné que je l'étais il y a trois mois.

Les épices me dérangent moins. J'avale quotidiennement des plats qui m'incendiaient les lèvres, la bouche et le palais quand je suis arrivé ici, cette impression particulière que tout est en feu, que tu es en train d'avaler des plats trop chauds.

Une température de 22°C le matin est devenu le minimum acceptable, la poussière et les odeurs variées m'agressent moins les narines. Le chamboulement nocturne, les bruits du matin à l'hôtel m'énervent un peu moins, la réactivité hasardeuse des serveurs m'énerve un peu plus. :)

Bref, j'avais commencé ce billet avec comme idée de vous raconter une anecdote de mon dernier retour ici. Dans l'avion je me suis retrouvé pris à partie dans la discussion de 2 hôtesses. Une d'entre elle venait pour la première fois en Inde et était invitée à un mariage indien le lendemain, autour de Bangalore genre à trois ou quatre heures de route.

Ne connaissant pas l'Inde elle est bouffée par les préjugés dont je parle au début, mais d'un niveau bien pire, chose étonnante pour une personne dont le job est de parcourir la planète et qui a probablement séjourné dans de nombreux pays. A se demander s'ils sortent des hôtels 5** quand ils sont en escale. Bref, après quelques questions bateau, on a abordé ce qui la préoccupait vraiment: la sécurité et la santé.

Malgré une voiture particulière qui devait venir la chercher à l'hôtel avec d'autres personnes (on ne parle pas de prendre un autorickshaw en solo), elle se demandait si elle serait en sécurité pour le voyage, comme le chauffeur allait la braquer dans une ruelle. Et question maladie, elle avait peur de choper la lèpre, rien que ça!

J'ai passé quelques minutes à lui expliquer ce que j'avais vu de l'Inde, ai assez lourdement insisté sur l'unique expérience de participer à un mariage indien. Mais n'étant pas certain de l'avoir totalement rassuré je ne sais pas si elle a osé y aller le lendemain, d'autant que sa collègue allait plutôt dans le sens inverse!

Enfin rapidement cassons le dos à ses deux préjugés:
- Sécurité: on m'avait mis en garde en arrivant ici sur le fait de me balader la nuit tout seul, au point que les premiers jours j'étais même un peu sur le qui-vive en journée. Cette sensation est passée très vite, je ne me suis toujours senti en sécurité ici. Je n'ai jamais perçu d'animosité, de regards envieux, de sensation qu'on pourrait en vouloir à ma "fortune". Tout au plus des regards curieux, auxquels on s'habitue rapidement. Je garde quelques précautions d'usage (photocopie de passeport sur moi, 2ème carte bancaire à l'hôtel), mais c'est une habitude de déplacement pro, je fais de même quand je suis à Nemours ou Monaco. D'ailleurs je ne pense pas que l'Inde, contrairement aux pays d'Amérique du sud, soit réputée pour être particulièrement victime de banditisme envers les étrangers.

J'ai peu parlé ici des bombes qui ont explosé sur le territoire avant ou après que je sois arrivé, des incidents religieux entre hindous et catholiques, des problèmes civils dans les zones frontalières. C'est avant tous des histoires internes entre indiens (territoires, religions) et qui n'ont pas pour cible ni les touristes ou résidents étrangers, ça ne se ressent pas au quotidien. D'ailleurs il suffit de penser aux bombes du RER en 95, aux émeutes de Seine St Denis en 2005 pour se rendre compte que ça ne suffit pas à classer un pays comme "dangereux".

- Santé: Outre les maladies que j'ai évoquée dans ce post,qui sont à mon avis beaucoup plus à craindre car facilement attrapées par simple piqure de moustique, il est vrai que l'Inde fait partie des pays les plus touchés par la lèpre. Mais sa présence au sein de la population est quand même relativement faible, et la maladie n'est que peu contagieuse, elle nécessite un contact régulier type familial pour être attrapée.

Bon ben c'était plus long que ce que j'avais prévu :)

mardi 11 novembre 2008

Hot Hot Hot

Pour compléter un peu la rubrique financière, voici quelques achats realisés ces derniers jours...

L'ensemble est composé de Coriandre, divers Chili, Curcuma (donne la couleur jaune du curry), Massala, Cumin, Poivre, Curry, Rai et Sarson (graines de moutarde?), diverses graines que je connais pas... Le tout pour moins de 10€.

Étonnamment ce n'est pas le curry qu'on trouve le plus facilement, mais la triplette Coriandre/Chili/Turmeric (Curcuma). Le Curry n'est effectivement pas une épice naturelle. Aussi appelé Massala c'est un mélange complexe d'une bonne vingtaines d'épices différentes.

J'imagine donc que chaque famille indienne doit avoir sa propre recette, comme on trouve autant de recettes de crêpes que de familles Bretonnes. Ce sont quand même de longues préparation, sans doute compliquées et qui ne doivent plus être réalisées régulièrement par les femmes "actives". Mais si on trouve des assortiments tous faits suivant l'utilisation souhaitée (poulet, poisson), les ingrédiens de base sont quand même tous disponibles facilement.

Allez demain je vais en chercher d'autre, dont notamment le "poivre du Kerala" dont on m'a dit énormément de bien et que je n'ai pas encore trouvé.

dimanche 9 novembre 2008

Pour 5 roupies t'as plus rien

Lors de mon passage à Nantes j'ai gracieusement fait cadeau de quelques rouppies à la famille Paulette. :)

Le plus petit billet étant celui de 5 roupies, soit moins que 10 centimes d'euro, on s'est demandé ce qu'on pouvait bien s'offrir pour ce prix là en Inde (il existe aussi des pièces de 1, 2, et 5 roupies).

Je n'ai pas encore beaucoup cherché, mais j'ai au moins une réponse: le journal. Le "Times Of India" que l'ont accroche à la porte de ma chambre chaque matin coûte exactement 3 roupies, 5 avec le supplément "économique". Journal imagé et tout en couleur, parution tous les jours, couvrant le territoire local, l'Inde, l'international, environ 25 pages quotidiennement, un peu plus le samedi & dimanche. Chaque jour on y trouve un supplément "Bangalore Times" qui couvre également l'incontournable vie Bollywoodienne, et suivant les jours d'autres suppléments (Education, Immobilier, Automobile, etc...).

Pour rappel quelques prix de journaux français: Libé (1,20€), Le Canard(1,20€), Le monde (1,50€).

American Dream

Je n'ai que peu suivi tout le tapage autour des élections américaines, ici présent comme partout ailleurs. Le rapport des indiens avec l'avenir de l'Amérique (du monde?) semblait surtout focalisé sur le récent "N-Deal" dont j'avais parlé dans le post Atomique. Et du peu que j'ai vu, tous les débats avaient peu ou prou comme sujet "lequel des candidats sera le plus intéressant pour l'Inde". Pragmatique quoi.

Ce matin dans le journal j'suis tombé là-dessus: Bon c'est une pub pour la TV "Times Now", mais la question est intéressante.

"Est qu'un seul homme peut changer notre façon de voir un pays?"
D'un je trouve qu'elle symbolise bien le "changement" que le monde entier attendait par rapport à l'administration Bush, esperant sans pouvoir rien y faire que cette fois les américains auront fait le "bon" choix, pour eux comme pour l'intérêt mondial.

De deux si les relations entre l'Inde est les américains sont au beau fixe du point de vue diplomatique, j'ai eu comme impression que l'Amérique et son peuple ne font absolument pas rêver les indiens. Sans qu'ils puissent m'expliquer exactement pourquoi j'ai l'impression qu'ils ne les "aiment" pas, ne veulent pas en entendre parler même pour y passer des vacances. Du coup je me demande s'il n'y aurait pas un deuxième sens à la phrase.

mercredi 5 novembre 2008

Jet-4

Mon dernier retour à Bangalore m'a permis d'expérimenter le premier "Jet-Lag" de ma courte vie, françaisement appelé "syndrome du décalage horaire".

Jusqu'à maintenant j'avais digéré les 3h30 sans aucun problème, les horaires de voyage directs étant assez bien conçus dans un sens comme dans l'autre pour que ça se passe bien.

Mais la semaine dernière j'ai quand même eu droit à un changement d'heure été/hiver (-1h), retour en Inde (+4h30), ainsi que le retard d'avion qui m'a fait me coucher à 5h heure locale au lieu d'1h. Tout cumulé ya un truc qui est mal passé et je me suis retrouvé tout décalé, à ne pouvoir fermer l'œil avant 4-5h chaque nuit, autant dire pas la grande forme.

Mercredi une grasse matinée à étonnamment remis les choses en ordre (j'avais peur que ça n'aggrave les choses), c'était ça ou faire une nuit blanche pour perturber le cycle infernal! :)

mardi 4 novembre 2008

UnFormation

Lorsque Jonathan (du site Djoh en Inde) a clôturé temporairement son blog, j'ai découvert certain de ses anciens messages. Ayant étudié en Inde, il a une vision de l'enseignement local qui expliquerai pas mal de choses sur les problèmes que nous rencontrons avec les développeurs.

Pour mieux comprendre, il faut lire ses quelques posts dont le sujet est l'école: Epilogue

Ayant passé quelques années sur les bancs des écoles (hum hum), je vais donner mon point de vue sur l'éducation, plus particulièrement des matières dites "scientifiques". Évidement c'est très personnel et tout le monde ne sera pas forcément d'accord. Jusqu'en seconde, à peu de chose prêt on nous demande de reproduire à l'examen l'exercice travaillé en cours, il n'y a que les valeurs de calculs qui changent.

A partir de la première, je dirai que ça doit dépendre des filières. En E (comme en S je suppose), mes cours avaient une autre forme. On te donne des outils, avec des exercices d'application assez poussés pour bien en comprendre l'utilisation. Lors de l'examen, les mêmes outils à utiliser, mais dans un contexte qui n'a rien à voir, un peu comme un travail de recherche, allant parfois jusqu'à la démonstration des théorèmes utilisés dans le cours suivant. Compliqué mais intéressant, le but n'étant pas de savoir si t'es capable de reproduire l'exercice vu en classe, mais d'en faire un usage adéquate. On va pas s'attarder sur les raisons de mon échec en E, mais j'ai retrouvé en F3 la manière d'apprendre précédente, du coup beaucoup plus aisée.

En ingé, dans l'ensemble le contenu de ce qu'on cherchait à nous apprendre importait peu (informatique, intelligence artificielle, imagerie, robotique, réseaux, etc…), tout le monde étant bien conscient qu'on utiliserait à peine 10% des matières vues sur les 3 ans. L'important était, via l'acquisition de quelques bases dans chaque domaine, de savoir les utiliser quand un problème se pose.

Ce qu'explique Jonathan dans l'école indienne, c'est que des matières aussi "pratiques" que la programmation informatique sont apprises "par cœur", comme on apprendrait une poésie. Lors des TP il suffirait de recopier un programme affiché au tableau. Savoir qu'une fonction existe, ca peut être utile, ca s'acquière avec l'expérience. Savoir par cœur les paramètres d'utilisation d'une fonction, ca ne sert à rien, il suffit de chercher dans l'aide quand on en a besoin. La plupart du temps quand un nouveau problème se pose, la première chose à faire est justement d'aller chercher s'il n'existerait pas déjà une fonction qui le fait, et si ce n'est pas le cas de réfléchir à comment le faire avec les fonctions qu'on connait/trouve.

Bon faut avouer que j'ai quand même eu droit à un exam d'SQL sur papier, bêtise monumentale, d'ailleurs la seule matière qui a failli me couter mon diplôme (note éliminatoire) et me priva d'une mention. Bref… :)

Tout ça pour dire que depuis que je suis ici je me bas avec les indiens pour qu'ils réfléchissent, ce que je trouve inadmissible pour un niveau "ingénieur". C'est assez déroutant pour nous parce qu'on a jamais rencontré ça dans nos différents parcours professionnels, quelque soit le niveau ou l'expérience de nos collègues.

C'est à un point difficilement imaginable, une remise en question totale de nos méthodes de travail, on ne peut leur faire confiance sur rien, absolument rien. On leur montre quelque chose, ils reproduisent, simplement et bêtement, sans être capable de l'adapter si ca change d'un iota par rapport à l'exemple. Ils ne cherchent pas à comprendre pourquoi, ne cherchent jamais si la même règle pourrait s'appliquer dans un autre cas, ne savent pas ou ne prennent pas la peine de lire un document pour y trouver l'information nécessaire.

Est-ce la formation qui est mauvaise, on ne les a pas habitué à chercher? Est-ce la motivation qui manque (conditions salariales? management?) N'ayant pas de contre-exemple, je me limite à penser qu'on est vraiment tombé sur le "mauvais" numéro, la mauvaise boite, je ne voudrais surtout pas généraliser à l'Inde toute entière. D'ailleurs il y a quand même de rares éléments qui font exception à la règle...

Mais quelle qu'en soit la raison, à force c'est usant.

Et d'un certain côté rassurant pour notre avenir professionnel, on est quand même loin de se faire bouffer tout notre job par ce type de prestation. :)

dimanche 2 novembre 2008

FlashBack

J'ai parlé plusieurs fois du café et du thé qu'on sert en Inde, et plus dernièrement sur un commentaire d'une photo de mon ami Paulo: Tasse de Thé.

Comme je le dis donc, les Indiens boivent toujours leurs thé ou café "avec du lait", à l'anglaise donc, et qui plus est sucré. Personnellement adepte du café noir sans sucre, j'aime peu, voire pas du tout.

Depuis peu nous avons un collègue Indien qui bosse avec nous. J'entends par là qu'il bosse pour la boite Française, mais est originaire et vie en Inde, une autre manière de faire de l'offshore qui a tendance à pas mal se développer (en gros il fait le même boulot que nous mais pour beaucoup moins cher et n'a pas forcément les mêmes conditions de déplacement).

Vendredi il m'invite à prendre un thé dans la zone commerciale sous notre bureau, je le suis. Dans la "cantine" indienne qu'il choisit, impossible d'avoir un café noir, le thé ou café est préparé dans de grandes marmites, déjà tout prêt. Je prend donc la même chose que lui, pour tester.

Et là, surprise, je me prend un flash-back de 20 ans en arrière. Je reconnait immédiatement ce gout, assez sucré. Ce n'est pas du thé dans lequel on a rajouté du lait, non, c'est le thé directement infusé dans le lait, et ça n'a rien à voir! Pendant des années j'ai pris ça au petit-déjeuner, et c'est bien meilleur que l'autre brevage briton qu'on nous sert habituellement.

jeudi 30 octobre 2008

Fin de vacances

Je profite d'un retard d'avion pour faire un coucou de l'aéroport, les vacances sont finies. Ce soir je serai de nouveau à Bangalore, bien que je ne sache pas vraiment à quelle heure :).

Passé 3 jours à la maison, 2 jours sur Toulon/Marseille, 3 à Angers, ca passe vite. Vu plein de potos, dormi pas mal à Angers (les siestes de concert avec son p'tit troll, c'est difficile à refuser). Merci à tous ceux qui m'ont hébergé/rassasié, c'était super cool.

La course Marseille-Cassis s'est pas trop mal passée, super beau temps, bonne ambiance, sympa, un poil plus dure qu'escomptée, la descente est finalement assez difficile à gérer jusqu'au bout. J'suis un peu mitigé sur mon temps (1h50), mais vu mon entrainement depuis 3 mois c'est quand même pas si mal et correspond grosso modo à ce que je visais. D'ailleurs j'ai dégusté question courbatures les 2 jours suivant, preuve sans doute d'un niveau de fatigue sous-jacent. Nath fait une super perf (1h54), dans un état de fraicheur habituel, elle m'impressionne à chaque fois.

J'vais donc essayer de reprendre la mise à jour du blog à partir de ce soir, je me suis rendu compte en discutant avec les uns et les autres qu'il y avait plein de petites choses que j'ai prévues de dires et qui sont en suspend. Mais ca risque de dépendre d'un élément essentiel, j'ai explosé l'écran du portable pendant le séjour, je ne sais pas encore comment je vais pouvoir acceder au net le soir à l'hotel, on verra...

Ah petite info, les indiens n'ont pas d'heures été/hiver. Donc maintenant le décalage est de 4h30 au lieu des 3h30 que j'avais jusqu'à présent. Ca va pas arranger mes heures de sommeil cette histoire :)

vendredi 24 octobre 2008

Brêve d'Aéroport

Arrivé à Chirens hier, je reprend doucement mes marques françaises. Bon il fait un peu froid mais ça fait quand même du bien de dormir à la maison. Déjeuner sympa chez l'ami Man, p'tite visite rapide chez nos Montagnards, un excellent café au zinc d'un troquet Grenoblois, ya pas, c'est bon d'être chez soi.

Demain départ pour Toulon, 2 jours avant de m'envoler retrouver le p'tit monstre à Angers. Bizarrement, si j'arrive à faire globalement abstraction de l'éloignement quand je suis en Inde, le fait d'être ici sans lui me fait ressentir le manque beaucoup plus intensément. Enfin bref.

CDG dans une navette, tentant de choper une correspondance que je vais finalement rater, m'obligeant à passer 3 heures supplémentaires sur place avant de rejoindre Lyon. Un couple d'expatriés Bangalorin avec leurs 3 enfants, dont leur dernière petite ange de 3 mois qui a supporté les 10h d'avion sans broncher, chapeau.

Le fait qu'elle soit né en Inde lui donne certains droits, le même "droit du sol" qu'on a chez nous bien qu'avec quelques différences. Si j'ai bien compris, elle n'aura pas la nationalité Indienne, n'aura jamais le droit de vote. Par contre elle bénéficie d'un certain nombre de droits réservés au indiens, dont notamment un droit de visa permanent, donc une libre circulation sur le territoire.

A creuser...

lundi 20 octobre 2008

Indian Shakesdreams

Vendredi dernier j'ai fait mon premier rêve en anglais.

Je fais rarement des rêves délirants, ou tout du moins, tout y est toujours très concret, plausible, on pourrait dire scientifiquement réalisable. Cartésien jusque dans ses rêves quoi. D'habitude ça vient plus tôt que ça, au bout de deux ou trois semaines à parler quotidiennement en grand-briton. Je trouve toujours ça assez rigolo, je me réveille et me rend compte que j'étais en train de penser ou de parler en anglais.

Si cette fois ça a pris plus de temps, c'est sans doute je suis beaucoup plus en contact avec la langue française que d'habitude. Je n'ai été que très peu tout seul au boulot, nous mangeons la plupart du temps entre français, le soir j'ai des communications skype avec la famille, je passe également 1 à 2h à écrire mails et blog. Bref, même si je passe la journée à lire et parler en anglais, je suis finalement moins immergé. Peut être aussi que l'english m'est moins difficile qu'auparavant et me "traumatise" moins.

Parce que j'ai identifié l'élément déclencheur de vendredi. La fin de projet approche, et comme de coutume, les tensions commencent à se faire sentir. Les premiers skud commencent à fuser dans les hautes sphères, et il était étonnant que nous ayons pas encore été touchés par les dommages collatéraux. Vendredi donc, suite à un mail légèrement épicé, le responsable de Bangalore est venu nous demander des comptes: "mais pourquoi est-il si méchant?". Je jubile, pour une fois que je suis du "bon" côté.

J'aime bien "nos" indiens, le travail que les "grouillos" nous font depuis qu'on est là est remarquable - même si plus en volume qu'en efficacité - mais c'est quand même les rois de la mauvaise foi. Depuis le mois de Juin il y a donc des mails officiels qui circulent où ils affirment "100% du programme prêt et testé". A se demander ce qu'on fait là depuis 3 mois.

Le chef faisant comme si tout allait bien depuis qu'on est ici, j'en étais souvent à me demander s'il fait partie de la mascarade, ou s'il est berné par ses propres troupes. Dans le doute, j'ai commencé, doucement, à mettre quelques points sur les 'i', sur l'avancement, sur le nombre d'erreurs qu'on trouve lors de nos tests, sur ce qui était prêt ou non.

Inévitablement ça s'est transformé en petite partie de ping-pong, argumentaire contre argumentaire, thèse et antithèse, l'esprit en sur-éveil pour ne rien laisser passer, plusieurs mecs parlant en même temps, le top. J'suis jamais aussi bon en anglais que quand je suis énervé (ou quand j'ai bu), et venir me titiller un vendredi après midi, ça a vite tendance à m'énerver :))

Allez, vivement demain qu'une bonne semaine en Gaules me reformate dans le bon sens.

Qui font bizzzzzzzzzzzz

Quand je suis parti pour l'Inde, je ne l'ai appris réellement que 3 jours avant la date de départ, ma boite était surtout inquiète d'avoir l'accord de sa haute direction puisque l'Inde était considéré comme "a risque", mais jamais ils ne m'ont mis en garde sur les éventuels risques sanitaires, une balade de santé quoi;

Mais de santé justement, il y a plusieurs petites choses à respecter. D'abord un carnet de vaccination à jour. Quasi obligatoires les tétanos / hépatite A, l'hépatite B étant conseillé. En bon parano partant pour l'inconnu, jamais sortis des pays "civilisés", j'étais passé faire le plein à la pharmacie.

Un tube de paracétamol, de l'imossel en cas de diarrhée, une boite de pansements, un nettoyant anti-bactérien pour les mains, 3 boites de Malarone et un anti-moustique "exotique". Kesako la malarone? Ben on y vient, le plus gros problème que vous pourriez rencontrer en Inde, c'est les moustiques.

Les moustiques sont à l'origine de 3 maladies qu'on trouve ici, plus ou moins suivant les régions et les villes:

- Le paludisme (ou malaria): ce n'est pas un virus, c'est un parasite. Il est transmis par des moustiques femelles qui piquent la nuit. Il en existe plusieurs sortes dont une version (paludisme grave) peut être mortelle si elle n'est pas traitée à temps (surtout présent en Afrique). La malarone est un des médicaments qui peuvent servir en préventif comme en curatif. Le problème du paludisme, c'est qu'une fois qu'on l'a, c'est pour la vie. On peut juste traiter les crises qui reviennent de manière aléatoire (très souvent la première année, moins après), mais pas s'en débarrasser.

Autre problème, la malarone et ses concurents ne peuvent être pris que sur une période limité, ensuite cela doit provoquer une accoutumance qui réduit son efficacité et aussi détraque un peu l'intérieur (le foie je crois). Avant de partir mon médecin m'a demandé pour combien de temps. Quand j'ai répondu "3 mois" il m'a annoncé que j'étais à la limite de prescription, et me conseillait plutôt de n'en prendre qu'en cas de déplacement dans des zones "à risque", ce que je fais.

- La dengue: C'est comme le palu, mais là c'est un virus, transmis par les mâles qui piquent en journée. Normalement c'est une maladie bénigne, les symptômes sont identiques à une grosse grippe d'une semaine. Il existe quand même une souche, Dengue Hémorragique, qui peut être mortelle.

- Le chikungunya: Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux de la dengue, en plus aigu (longues courbatures après la période de fièvre). Transmis aussi de jour. Il n'existe pas de traitement préventif, il faut juste éviter de se faire piquer.

D'une manière générale, faut donc faire gaffe aux moustiques, surtout à partir de la tombée de la nuit. Le temps d'incubation (1 à 3 semaines suivant la maladie) fait qu'il faut être vigilant même après le retour, tout maladie type grippe doit être prise en compte rapidement.


J'avais lu que la période de mousson était propice à leur présence. Étonnamment, moi j'ai trouvé qu'il n'y en avait pas tant que ça tant qu'il pleuvait régulièrement. Mais depuis fin septembre, ça prolifère. Même dans la chambre d'hôtel il m'arrive d'en trouver.

Une différence quand même avec nos moustiques à nous. D'abord ils sont très lent. On a l'impression qu'ils volent au ralenti, un peu comme des gros moucherons, il est très facile de les atomiser. Mais, parce qu'il y a mais, du coup ils volent incognito, façon bombardier fugitif, pas un bruit. Alors si c'est facile de les repérer en zone éclairée, la nuit ils peuvent te passer au ras des oreilles ou rester dans ta chambre sans que tu les remarque!

dimanche 19 octobre 2008

Goûts et Coutumes

Les indiens semblent apprécier le vin, du moins c'est ce que disent ceux qui boivent de l'alcool. Mais comme sans doute beaucoup de pays étrangers, on ne peut pas dire que cela fasse partie de leur culture de base. Leurs habitudes et goûts ne correspondent pas forcément aux nôtres. Et puis faut avouer qu'en tant que Français on se la pète aussi pas mal sur le sujet, limite sectaires.

Cabernet-Merlot Australien ouvert pour l'inspiration
A l'hôtel il y a plusieurs plats qui sont servis avec un verre de vin, blanc ou rouge. Il s'agit d'une production locale, "Mandala Valley", produite depuis 2005 aux alentours de Bangalore, les bouteilles sont à bouchon vissés. Comme partout ailleurs qu'en France, le nom du domaine à finalement peu d'importance, la bouteille fait avant tout mention des cépages. En rouge j'ai donc le choix entre un Zifandel ou un Syrah-Cabernet.

Si j'ai une très nette attirance pour le cépage Syrah, ici je dirai que la différence est masquée par leur énorme point commun: ils sont madérisés. La première fois, on a cru qu'on nous avait servi une bouteille ouverte depuis 15 jours, mais en analysant mieux (avec un verre d'une bouteille "neuve"), ce n'est pas exactement comme un vin qui aurait tourné. Le goût de madère est très présent, trop à mon goût, mais le vin n'est pas mauvais, il reste très doux, goulayant. Après avoir testé et retesté, j'en arrive finalement à penser que c'est un effet recherché, pas une erreur de vinification/conservation.
Un point qui n'arrange pas non plus les choses, c'est qu'il est servi trop chaud, à température ambiante, soit un bon 24°C. Une anecdote d'ailleurs à ce sujet. A mon dernier retour, j'ai ramené 2 bouteilles de Bordeaux pour nos hôtes indiens. Le dimanche suivant, nous étions invité à déjeuner chez notre chef de projet, sa femme nous ayant préparé un super repas indien. Soupe, Poids chiches à manger à la main avec des chapatis (sortes de Naan), riz, sauce au curry, excellent. En accompagnement il a ressorti une bouteille de vin que je lui avait offert.

Comme quelques semaines plus tôt on s'était plaint que le vin de l'hôtel était trop chaud, la bouteille est arrivée... sortie du frigo, 7°C maximum :) Bon c'est pas grave (et c'était pas un Graves), c'est plus facile de laisser un vin se réchauffer que de tenter de le refroidir dans un verre. Ensuite de quoi il a sorti 3 énormes verres à jus de fruit, type déco un peu évasé, et à vidé la bouteille en 3, chacun son verre. Hummmmm humm.


On s'est regardé avec mon collègue, avons hésité à lui expliquer les "bonnes coutumes" française et puis bon, Ramesh ayant vécu en France quelques temps, on a trouvé déplacé de lui faire ce genre de remarque, d'autant plus devant femme.

Au final le vin était quand même très bon et c'était le principal, même Mme qui ne boit pas d'alcool y a gouté ("ho c'est comme du jus de raisin")

Hier soir avait lieux une soirée "Cheese, Bred & Wine" de l'Alliance Française de Bangalore. Ramesh étant avec moi, j'ai trouvé que c'était l'occasion idéale et lui ai donc expliqué les "manières" qu'ont les français pour le service du vin, je suis certain que s'il y a un prochain repas, le vin sera servi "selon les règles".

Enfin quelques chiffres pour les pro de la vinification et du pressoir:
- Consommation annuelle/habitant: 4,5L, en augmentation de 25% par an (c'est peu, mais ça fait quand même 5 milliards de litres)
- Si j'ai bien compris un article du Times, les particuliers n'ont le droit de stocker que 9 litres de vin !!!!!!!
- Pour le Karnataka 9700 hectares de vignes, production de 170000 tonnes, 1,3 millions de litres vendus.

jeudi 16 octobre 2008

Jeemoincinq

La semaine prochaine, je vais encore exploser mon bilan carbone du mois, rattraper le temps dans un sens avant de le laisser filer un peu plus tard, m'approcher des étoiles, dilapider plus d'un mois de salaire, donner un coup de booster considérable à mon compteur de miles, perdre plus d'une vingtaine d'heures à m'envoyer en l'air... Mais tout ça pour la bonne cause, après plus d'un mois à Bangalore j'ai droit à une semaine de vacances en France.

Le programme aérien est le suivant:
 
Oui c'est chargé, j'ai fait ce que j'ai pus mais en ce moment on a du mal à faire simple, et c'est pourtant pas faute d'essayer j'vous assure. Alors ça donne un planning qui ressemblerait à ça:
Mercredi 22/08:  Bangalore -> Paris, puis Lyon, Chirens.
Vendredi 24/08: Départ pour Marseille-Toulon
Dimanche 26/08, Matin: Course Marseille-Cassis, 20km, 320m D+, peut être avec Nath si elle est motivée...
Dimanche 26/08, Aprem: Nath me dépose sur Lyon et je m'envole pour Nantes, puis Angers pour retrouver Malo chez mes parents.
Lundi 27/08 -> Mercredi 29/08: Angers.
Mercredi 29/08, soir: Angers -> Nantes, et soirée chez Paulo (AGLP!).
Jeudi 30/08: Nantes -> Paris, puis Bangalore.

Les réservations sont ouvertes, prenez votre ticket :)

Sinon vous l'aurez compris, je repars pour un tour de manège, le denier cette fois. Ma fin de mission est planifiée pour le 15 Novembre, retour catégorique et définitif. Il y a même des chances que j'fasse une excursion ailleurs qu'en Inde vers la fin, mais chut, vous verrez ça si ça se concrétise.

Allez, encore 5 jours à profiter du temps indien, même s'il repleut un peu ces jours ci, ça reste quand même super agréable, jamais moins de 20°C !

mercredi 15 octobre 2008

Liberté conditionnelle

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé circulation.

Ben oui, c'est comme tout, on s'habitue. Utiliser sans discontinuer son klaxon, ignorer l'existence des voies de circulation, frôler les jambes des motards, s'arrêter à 20cm du camion, donner des coups de volant pour éviter les nids d'autruche, forcer le passage quand tu souhaites tourner ou faire demi tour, tout ça est devenu d'un banal que je deviendrai presque tenté par l'aventure.

Ya même mon collègue français qui m'titillait le diable intérieur en faisant miroiter, proposition totalement indécente, la possibilité de louer quelques motos et aller se balader dans les campagnes environnantes. C'est qu'il me prend par les sentiments le bougre! Mais stoïque je reste, refus catégorique, trop d'éléments sont à mon sens non-maitrisables pour tenter un truc pareil:
  •  Déjà je n'ai jamais demandé mon permis international. Bon ici ça semblerait être un faux problème, si tu te fais prendre t'es bon pour une amende ridicule et on te laisse repartir tel-quel.
  • S'orienter est mission impossible. Je ne sais pas s'il existe des cartes, je n'ai pas vraiment compris le système de panneautage s'il existe. Il n'y a aucun système de cartographie GPS par ici, et la navigation à l'azimut n'est pas très pratique sur route, encore que ça serait mieux qu'une simple boussole. 
  • En cas de pépin (petit accrochage, tu bouscules une poule ou pire, tu te fais écraser par une vache), ton statut de Français plein d'argent risque de faire prendre à l'incident des proportions non-souhaitables. 
  • La conduite à gauche ne simplifie pas la tache. Sur une route "normale"c'est facile, tu suis le flot de circulation. Mais sur une route défoncée ou
    tout le monde roule au milieu avec en bonus la conduite de nuit et plein phare
    dans ta tronche, pas sûr que le réflexe d'évitement des face-à-face se fasse
    dans le bon sens. J'ai déjà failli hurler en croyant que le taxi allait se jeter
    sur la voiture d'en face.
Alors bon, je me fais une raison, on manque un peu de liberté mais faut reconnaitre que le taxi gratis et dispo 24h/24 c'est finalement pas si mal.

Pis ca permet des petites actions rigolotes. Dimanche en rentrant du stade, le taxi nous récupère sur la MGRoad après notre bière bien méritée. Quelques centaines de mètres plus loin, il entame comme il se doit un beau demi-tour au milieu du boulevard et immédiatement après j'entends un "shit ! - policeman".J'avise effectivement un flic (piéton) en train de prendre position au milieu dela voie, dans l'attente de notre véhicule.

La suite? Ben évidement, ni-une ni-deux, le taxi s'est remis dans le "bon" sens, se payant à l'occasion une seconde ligne blanche et s'offrant un beau délit de fuite. Hilarité générale dans la voiture. Je me suis laissé envahir par une sensation de "liberté" comme jamais, même ici je serai trop "formaté" à nos
règles occidentales pour me permettre une chose pareille.

Il va être temps que je rentre où je vais y prendre goût.

mardi 14 octobre 2008

Gujaratata

Des nouvelles de l'usine Tata.

Depuis le mois d'Aout la situation au West Bengal ne s'était pas améliorée, bien au contraire. Manifestations, violences diverses, l'usine était sous surveillance permanente de la police. Il y a 15 jours, Ratan Tata à donc mis ses menaces à exécution et a déclaré que l'usine serait relocalisée ailleurs.

Immédiatement a débuté une foire à la terre d'asile dont le Karnataka faisait partie. Mes collègues étaient d'ailleurs confiant, m'affirmant sans aucun doute que Tata viendrait dans leur état (au nord de Bangalore, sur la route de Pune). Bon finalement c'est le Gujarat qui a gagné, l'état au N-O de Bombay jusqu'à la frontière Pakistanaise. Le Gujarat étant le seul état de l'inde où l'alcool est totalement prohibé, rien que pour ça moi je n'y serai jamais allé :)

Avec la crise dont tout le monde parle actuellement, ça fait toujours bizarre d'apprendre qu'un type va déplacer une usine dans laquelle il a investi quelques 200 millions d'euros (soit 1,3 millards de rouppies). Ce montant ne concerne sans doute que l'investissement propre à Tata, et même s'il va récuperer une grosse partie des installations, ca fait quand même une somme.

En France j'ai un peu bossé dans le milieu automobile, dans une entreprise dite "de niveau 2" dans la chaine des fournisseurs. Ca revient à dire que nous n'étions pas fournisseurs directs des constructeurs, mais fournisseurs d'équipementiers (Valéo, TRW, Autoliv) qui eux ont pour client PSA, Wolkswagen et cie. Le monde automobile étant ce qu'il est, toujours à la recherche de la moindre économie, la "petite" société avait été obligé d'ouvrir une antenne en Pologne puisque nos grands groupes français y avaient ouvert des unités de production.

Pour arriver à construire une voiture à 1500€, il n'y a pas de miracle, il faut des composants les moins chers possibles. Ce qui veut dire que tous les fournisseurs sont obligés être implantées à proximité de l'usine pour pouvoir être compétitifs, à ce niveau là, le moindre centime compte (et encore, en général ça se négocie aux centimes par milliers de pièces).

Aujourd'hui il y a donc certainement des dizaines, centaines (milliers?) de petites sociétés avec un lien plus ou moins direct avec l'implantation de l'usine Tata et qui doivent s'arracher les cheveux pour trouver comment ils vont suivre le déménagement de l'usine principale. Je critique pas hein, je constate, à priori s'il a pris cette décision c'est avant tout dans l'intérêt de ses employés.

Quoi qu'il en soit cela ne devrait pas retarder la sortie de la première Nano, toujours prévue avant la fin de l'année grâce à 2 autres unités de production (Pune et Pantnagar).

lundi 13 octobre 2008

Journée au stade

Les grands match de cricket sont planifiés sur 5 jours. De jeudi jusqu'à aujourd'hui avait donc lieu à Bangalore ce qu'ils appellent un "Test Match", entre deux grandes nations du cricket que sont l'Australie et l'Inde.

Je ne pouvais pas rater ça, j'ai offert à mes hôtes des billets et hier après midi, tout le monde au stade. Bon faut voir que je me suis pas ruiné, nos places qui n'étaient déjà pas des premiers prix étaient au tarif exorbitant de 960 roupies, soit moins de 15€. A ce prix là, même le taxi est venu avec nous.

Je traverse les 15 contrôles à l'entrée, même à l'aéroport tu passes plus facilement. Exit la bouteille d'eau, un gardien s'éprend même de mon spray anti-moustique. Je devais le récupérer en ressortant et comme par hasard, il ne savait pas du tout de quoi je voulais parler mais refusait d'ouvrir son sac comme lui demandait un militaire. On s'est éclipsé avant que cela ne provoque un incident diplomatique, il doit yavoir de la revente sous l'manteau, j'en ramènerai une caisse la prochaine fois :)
Le stade est tout rond et assez grand. Ok, les indiens supportent d'être les uns sur les autres, mais faut quand même un peu d'espace pour caser 70000 spectateurs. Notre tribune est au niveau le plus bas, assez bien placée avec un angle 3/4 sur le pitch. De simples marches en béton (la butte version 2 pour les connaisseurs), mais avec quand même une foultitude de chaises en plastique et à l'ombre. D'autres sont au soleil et sont assis à même le sol.

Le déroulement d'un match est le suivant:
9:30 - 11h30 : 1ère Session 
11h30 - 12h10 : Déjeuner          
12h10 - 14h10 : 2ème Session   
14h10 - 14h30 : Tea Time         
14h30 - 16h30 : 3ème Session 
  



Bon le matin, j'ai fais l'impasse, j'avais pris l'option "grasse matinée". Motivé mais faut quand même respecter certaines priorités. On a donc débarqué pour le début de la deuxième session, les australiens étant la batte.




Le temps d'approfondir quelques règles, de hurler de concert quand les indiens ont éliminés quelques joueurs adverses, de participer à quelques hola! (toutes les 10mn en moyenne, s'il ne se passe rien de spécial sur le terrain), de manger un morceau (des beignets pommes de terre-curry, excellent), de boire un peu d'eau qui avait aussi gout de curry (surprenant, mais aucun doute, je n'avais pas encore mangé), bref, les 2 premières heures sont passées assez vite.




Vient ensuite la pause thé. Ya pas, c'est un sport anglais. La reprise est moins vivace, les lancés s'enchainent sans grand intérêt. D'ailleurs même mon collègue, grand fan devant l'éternel, me glisse à l'oreille: "Les matchs sur 5 jours c'est toujours un peu chiant, ça manque d'enjeu, j'préfère les matchs à la journée".



Ah bin ça me rassure parce que là, j'étais franchement en train de me planquer derrière mes lunettes pour piquer un somme. D'ailleurs j'dois pas être le seul, même les holas n'arrivent plus à démarrer!

Heureusement, même si le stade n'était pas totalement remplis, il ne faut pas grand chose, une balle qui frole le joueur australien, un plongé/boulé du réceptionneur local, et la foule se déchaine de nouveau, l'indien ne dort que d'un oeil visiblement :)


Bon, faut quand même reconnaitre que c'est assez lent comme sport. Chaque coup en lui même est très court, moins d'une dizaine de secondes, mais ils prennent un temps fou entre 2 lancers, et ca change de côté tous les 6 lancers, et à chaque élimination on en profite pour boire un coup, enfin bon, faut pas être pressé quoi. La fin de match est quand même plus palpitante, et les indiens s'en sortent pas mal avec 5 éliminations dans l'après midi pour seulement 128 points.

 Ecolopub

Voili voilou. On quitte le stade quelques minutes avant la fin pour éviter la cohue, et comme tout bon sportif au monde qui a bien supporté son équipe préféré, nous irons refaire le match avec une bière à la main. C'était assez sympa, j'irai sans doute pas au stade toutes les semaines mais pourrait à la rigueur voir un match "a la journée" si c'est plus intéressant, par contre pour la 4ème mi-temps ils peuvent toujours compter sur moi!

samedi 11 octobre 2008

Affaires d'Etat

Tout Indien normalement constitué doit être passablement fébrile ce soir.

Il y a des jours comme ça, des évènements bien que totalement indépendants les uns des autres ont la fâcheuse tendance à s'accumuler.
  • T'enfumes le réveil.
  • Tu te retournes un ongle contre la table de nuit.
  • La douche est froide, et comme tu prends plus longtemps pour y pénétrer, le bac de douche "a l'italienne" déborde et inonde la moitié de ta SdB.
  • Au petit dej le même serveur psychopathe qui t'as soulé la veille te demande "black coffee?" et t'amène un café au lait !
  • T'attends 45mn le taxi sans que tes collègues indiens qui sont dedans ne prennent la peine de te prévenir qu'il y a un peu de trafic.
  • T'arrives au taf et tu te rends compte que Google est black-listé, te privant de mail pour la fin du séjour.
C'est ce qu'on appelle la loi de Murphy, même si j'exagère, tout n'est pas arrivé le même jour :)

Pour revenir à nos indiens, je pense que deux discutions tiennent la corde ce soir dans les maisons et bars de tout le pays. En premier lieu, c'est évidement le match qui oppose l'équipe nationale à l'équipe Australienne, précisément dans le stade de Bangalore (je vais essayer d'y aller demain après midi).

Hier les australiens étaient à la batte et ont marqués 430 points, principalement grâce à leurs 2 meilleurs joueurs (123 et 146 pts). Aujourd'hui c'était l'inverse, mais vers 15h, le score indien n'était que de 130 pts avec déjà 4 batteurs éliminés (sur 10), dont leurs deux meilleurs joueurs. Ça faisait grise mine au bureau, notre chef de projet se demandant même s'ils n'allaient pas se prendre une déculottée au point que le match serait plié en fin de journée. Finalement le reste de l'équipe redressa la barre, 313 points à la tombée de la nuit, le match reprend demain matin et il reste 2 batteurs à éliminer.

La deuxième mauvaise nouvelle nous vient de Bollywood, avec l'hospitalisation de Amitabh Bachchan, alias "Big B", un des deux monstres sacré du cinéma indien.


Depuis ce soir, ça tourne en boucle sur certaines chaines d'info. On y voit l'acteur sortant d'une ambulance, puis sur un brancard, entouré d'une foule de gens. Ca commence un peu comme une mise en scène et ça finit en pur voyeurisme, tenez, je vous laisse juge: Vidéo Times Of India


Je ne sais pas si c'est grave et si c'est le cas j'en suis désolé pour ses fans. Mais inévitablement me vient à l'esprit l'extrait de la chanson de Cali: "Combien de jours de deuils à la mort de Johnny"?

At Your Service, Sir !

Je crois que la première chose qui m'a frappé dès l'escale à l'aéroport de Bombay, c'est le nombre d'Indiens employés pour faire une tache, aussi simple soit-elle.

Ainsi au premier contrôle de sécurité, 1 militaire en faction pour contrôler les voyageurs en correspondance, et 6 ou 7 autres avachis sur des chaises en train de se marrer. D'accord nous étions dans les premiers sortis de l'avion, mais déjà la queue d'attente commençait à s'allonger, sans que cela semble déranger la troupe au repos.

 L'hôtel est un également un exemple frappant, le personnel est omniprésent:
  • 1 portier, 24h/24.
  • 3 réceptionnistes minimum,  24h/24. J'ai jamais vu plus de 2 clients au comptoir, mais ils sont toujours 3 derrière. Je compte pas ceux qui sont parfois dans l'arrière pièce et qui sont appelés dès que ca devient trop compliqué (envoyer un fax, payer), ni les "groom" qui font les petites taches, genre t'accompagner avec tes bagages.
  • 1 ou 2 personnes à l'accueil du restaurant. Ne servent à rien, t'accompagnent parfois jusqu'à une table et retournent à l'entrée.
  • Au restaurant, 3 ou 4 serveurs de base, 2 ou 3 "supérieurs", et un chef de salle, le tout pour une salle la plupart du temps à moitié vide.
  • Pour faire ta chambre, ils sont au moins 3, plus un superviseur.
Cette surabondance se retrouve un peu partout. Dans le "High Tech Park" ou nous bossons, les gardiens en nombre incalculable sont placés un peu partout, à chaque intersection de rue, au moins 3 à la porte de chaque building, une dizaine à l'entrée du parc pour le contrôle des motos/voitures/piétons. Je ne compte pas non plus le nombre de jardiniers, pas loin de la caricature "couper le gazon aux ciseaux".

On pourrait croire que cette abondance de main d'œuvre fait que tu es bien servi? C'est pas pour faire la fine bouche, je ne crois pas être particulièrement exigeant, mais c'est pas forcément le cas. Au restaurant, le temps de service est anormalement long. Rien que pour avoir une bière ou une bouteille d'eau, il faut parfois réclamer 2 à 3 fois. Et quand elle arrive, amenée par un premier type qui la pose sur un comptoir, il faut encore 2 à 5mn pour qu'un autre serveur vienne te l'amener. Énervant, surtout quand tu l'as en vue et que le serveur passe 5 fois devant sans broncher :)

Paradoxalement, parfois ils passent en mode "ultra excès de zèle". J'en ai un à l'hôtel, je ne le supporte plus. Il est capable de venir tous les 35s chrono à ta table et trouve toujours quelque chose à faire ou à te proposer. "Water Sir?"- "Another beer Sir?" (pour la 12ème fois) - "Can I take this plate Sir?" (alors que visiblement t'es encore en train de manger dedans), et revient sans cesse pour te poser la même question à laquelle tu as répondu par la positive ou négative juste avant. Parfois il me remplit mon verre d'eau, et 2mn plus tard alors que je n'y ai pas touché, vient encore faire l'appoint. Pas plus haut que le verre surtout !

Quand on est plusieurs ça passe mieux, ou il n'ose pas interrompre nos discutions endiablées sur l'avancement du projet :). Mais alors ce soir que j'étais en solo, wow, réellement pénible, j'ai failli l'envoyer chier (j'arrivais plus à me concentrer pour finir mon Sudoku, un comble !). Pour un peu il m'aurait fait regretter de ne pas m'être fait livrer en "room service", ce que je considère quand même comme le summum du glauque (déjà que je sors peu, si j'bouffe dans ma chambre là j'vais craquer).

Il est facile de comprendre que cette abondance de main d'œuvre provient de son coût au ras des pâquerettes. Et même s'il sont 3 pour faire le boulot d'un seul, économiquement et socialement parlant c'est certainement une bonne chose pour tout le monde, il y a déjà assez de monde qui vit sous les tentes et subsiste je ne sais trop comment.

J'en profite d'ailleurs pour promouvoir l'organisation humanitaire de mon pote: Mobilisation ACF du 15 Octobre. Pour les angevins le rdv est à 13h rue Lenepveu

jeudi 9 octobre 2008

Decalage Horaire

Comme je l'ai expliqué précédemment, nous avons un taxi attitré qui nous récupère le matin à l'hôtel, nous pose au boulot (3km) et attend jusqu'au soir pour faire le trajet inverse.

Hier profitant d'être quelques minutes seul dans la voiture, je lui pose la question s'il s'est pas trop fait chier dans la journée, et à quoi il s'occupait. Un peu de lecture et pas mal de sommeil, voilà son activité principale pendant 10h/jour.

J'en arrive donc à la conclusion qu'il "vit" la nuit, et lui demande donc à quoi il occupe ses nuits. Et bien je vous le donne en mille, la nuit il fait son boulot de taxi, le "pick & drop" dans le centre de Bangalore. J'imagine que cela vient en extra de son salaire, mais en gros il est proche de bosser 24h/24, une sorte de "bon plan" si on omet toute vie sociale vu que le dimanche il nous trimballe également !