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mercredi 12 novembre 2008

Partir

Partir pour un pays inconnu, que l'on sait éloigné de notre culture, c'est toujours un peu flippant. Avant de venir ici j'ai eu quelques jours pour me renseigner, fureter internet, mais je ne savais pas trop à quoi m'attendre, juste quelques quelques images clichés vues dans des blogs, des reportages ou au cinéma.

Sur place ce fut la surprise, il est apparu rapidement que je m'étais fabriqué pas mal d'idées préconçues, d'à priori voire de préjugés. Et puis il y a tout ce que je n'avais même pas imaginé, le quotidien, les lumières, les sons, les odeurs. La vie quoi. Aujourd'hui c'est devenu la routine.

Le trafic ne me surprend plus, un pare-chocs de bus klaxonnant à 30cm de ma fenêtre ne me fait même plus sursauter et c'est tout juste si je sors le nez du canard pour jeter un œil amusé sur le chauffeur qui me surplombe. Je me suis amusé cette semaine à écouter un nouveau client de l'hôtel me narrer sa venue de l'aéroport, aussi halluciné que je l'étais il y a trois mois.

Les épices me dérangent moins. J'avale quotidiennement des plats qui m'incendiaient les lèvres, la bouche et le palais quand je suis arrivé ici, cette impression particulière que tout est en feu, que tu es en train d'avaler des plats trop chauds.

Une température de 22°C le matin est devenu le minimum acceptable, la poussière et les odeurs variées m'agressent moins les narines. Le chamboulement nocturne, les bruits du matin à l'hôtel m'énervent un peu moins, la réactivité hasardeuse des serveurs m'énerve un peu plus. :)

Bref, j'avais commencé ce billet avec comme idée de vous raconter une anecdote de mon dernier retour ici. Dans l'avion je me suis retrouvé pris à partie dans la discussion de 2 hôtesses. Une d'entre elle venait pour la première fois en Inde et était invitée à un mariage indien le lendemain, autour de Bangalore genre à trois ou quatre heures de route.

Ne connaissant pas l'Inde elle est bouffée par les préjugés dont je parle au début, mais d'un niveau bien pire, chose étonnante pour une personne dont le job est de parcourir la planète et qui a probablement séjourné dans de nombreux pays. A se demander s'ils sortent des hôtels 5** quand ils sont en escale. Bref, après quelques questions bateau, on a abordé ce qui la préoccupait vraiment: la sécurité et la santé.

Malgré une voiture particulière qui devait venir la chercher à l'hôtel avec d'autres personnes (on ne parle pas de prendre un autorickshaw en solo), elle se demandait si elle serait en sécurité pour le voyage, comme le chauffeur allait la braquer dans une ruelle. Et question maladie, elle avait peur de choper la lèpre, rien que ça!

J'ai passé quelques minutes à lui expliquer ce que j'avais vu de l'Inde, ai assez lourdement insisté sur l'unique expérience de participer à un mariage indien. Mais n'étant pas certain de l'avoir totalement rassuré je ne sais pas si elle a osé y aller le lendemain, d'autant que sa collègue allait plutôt dans le sens inverse!

Enfin rapidement cassons le dos à ses deux préjugés:
- Sécurité: on m'avait mis en garde en arrivant ici sur le fait de me balader la nuit tout seul, au point que les premiers jours j'étais même un peu sur le qui-vive en journée. Cette sensation est passée très vite, je ne me suis toujours senti en sécurité ici. Je n'ai jamais perçu d'animosité, de regards envieux, de sensation qu'on pourrait en vouloir à ma "fortune". Tout au plus des regards curieux, auxquels on s'habitue rapidement. Je garde quelques précautions d'usage (photocopie de passeport sur moi, 2ème carte bancaire à l'hôtel), mais c'est une habitude de déplacement pro, je fais de même quand je suis à Nemours ou Monaco. D'ailleurs je ne pense pas que l'Inde, contrairement aux pays d'Amérique du sud, soit réputée pour être particulièrement victime de banditisme envers les étrangers.

J'ai peu parlé ici des bombes qui ont explosé sur le territoire avant ou après que je sois arrivé, des incidents religieux entre hindous et catholiques, des problèmes civils dans les zones frontalières. C'est avant tous des histoires internes entre indiens (territoires, religions) et qui n'ont pas pour cible ni les touristes ou résidents étrangers, ça ne se ressent pas au quotidien. D'ailleurs il suffit de penser aux bombes du RER en 95, aux émeutes de Seine St Denis en 2005 pour se rendre compte que ça ne suffit pas à classer un pays comme "dangereux".

- Santé: Outre les maladies que j'ai évoquée dans ce post,qui sont à mon avis beaucoup plus à craindre car facilement attrapées par simple piqure de moustique, il est vrai que l'Inde fait partie des pays les plus touchés par la lèpre. Mais sa présence au sein de la population est quand même relativement faible, et la maladie n'est que peu contagieuse, elle nécessite un contact régulier type familial pour être attrapée.

Bon ben c'était plus long que ce que j'avais prévu :)

dimanche 9 novembre 2008

Pour 5 roupies t'as plus rien

Lors de mon passage à Nantes j'ai gracieusement fait cadeau de quelques rouppies à la famille Paulette. :)

Le plus petit billet étant celui de 5 roupies, soit moins que 10 centimes d'euro, on s'est demandé ce qu'on pouvait bien s'offrir pour ce prix là en Inde (il existe aussi des pièces de 1, 2, et 5 roupies).

Je n'ai pas encore beaucoup cherché, mais j'ai au moins une réponse: le journal. Le "Times Of India" que l'ont accroche à la porte de ma chambre chaque matin coûte exactement 3 roupies, 5 avec le supplément "économique". Journal imagé et tout en couleur, parution tous les jours, couvrant le territoire local, l'Inde, l'international, environ 25 pages quotidiennement, un peu plus le samedi & dimanche. Chaque jour on y trouve un supplément "Bangalore Times" qui couvre également l'incontournable vie Bollywoodienne, et suivant les jours d'autres suppléments (Education, Immobilier, Automobile, etc...).

Pour rappel quelques prix de journaux français: Libé (1,20€), Le Canard(1,20€), Le monde (1,50€).

mercredi 5 novembre 2008

Jet-4

Mon dernier retour à Bangalore m'a permis d'expérimenter le premier "Jet-Lag" de ma courte vie, françaisement appelé "syndrome du décalage horaire".

Jusqu'à maintenant j'avais digéré les 3h30 sans aucun problème, les horaires de voyage directs étant assez bien conçus dans un sens comme dans l'autre pour que ça se passe bien.

Mais la semaine dernière j'ai quand même eu droit à un changement d'heure été/hiver (-1h), retour en Inde (+4h30), ainsi que le retard d'avion qui m'a fait me coucher à 5h heure locale au lieu d'1h. Tout cumulé ya un truc qui est mal passé et je me suis retrouvé tout décalé, à ne pouvoir fermer l'œil avant 4-5h chaque nuit, autant dire pas la grande forme.

Mercredi une grasse matinée à étonnamment remis les choses en ordre (j'avais peur que ça n'aggrave les choses), c'était ça ou faire une nuit blanche pour perturber le cycle infernal! :)

vendredi 24 octobre 2008

Brêve d'Aéroport

Arrivé à Chirens hier, je reprend doucement mes marques françaises. Bon il fait un peu froid mais ça fait quand même du bien de dormir à la maison. Déjeuner sympa chez l'ami Man, p'tite visite rapide chez nos Montagnards, un excellent café au zinc d'un troquet Grenoblois, ya pas, c'est bon d'être chez soi.

Demain départ pour Toulon, 2 jours avant de m'envoler retrouver le p'tit monstre à Angers. Bizarrement, si j'arrive à faire globalement abstraction de l'éloignement quand je suis en Inde, le fait d'être ici sans lui me fait ressentir le manque beaucoup plus intensément. Enfin bref.

CDG dans une navette, tentant de choper une correspondance que je vais finalement rater, m'obligeant à passer 3 heures supplémentaires sur place avant de rejoindre Lyon. Un couple d'expatriés Bangalorin avec leurs 3 enfants, dont leur dernière petite ange de 3 mois qui a supporté les 10h d'avion sans broncher, chapeau.

Le fait qu'elle soit né en Inde lui donne certains droits, le même "droit du sol" qu'on a chez nous bien qu'avec quelques différences. Si j'ai bien compris, elle n'aura pas la nationalité Indienne, n'aura jamais le droit de vote. Par contre elle bénéficie d'un certain nombre de droits réservés au indiens, dont notamment un droit de visa permanent, donc une libre circulation sur le territoire.

A creuser...

lundi 20 octobre 2008

Qui font bizzzzzzzzzzzz

Quand je suis parti pour l'Inde, je ne l'ai appris réellement que 3 jours avant la date de départ, ma boite était surtout inquiète d'avoir l'accord de sa haute direction puisque l'Inde était considéré comme "a risque", mais jamais ils ne m'ont mis en garde sur les éventuels risques sanitaires, une balade de santé quoi;

Mais de santé justement, il y a plusieurs petites choses à respecter. D'abord un carnet de vaccination à jour. Quasi obligatoires les tétanos / hépatite A, l'hépatite B étant conseillé. En bon parano partant pour l'inconnu, jamais sortis des pays "civilisés", j'étais passé faire le plein à la pharmacie.

Un tube de paracétamol, de l'imossel en cas de diarrhée, une boite de pansements, un nettoyant anti-bactérien pour les mains, 3 boites de Malarone et un anti-moustique "exotique". Kesako la malarone? Ben on y vient, le plus gros problème que vous pourriez rencontrer en Inde, c'est les moustiques.

Les moustiques sont à l'origine de 3 maladies qu'on trouve ici, plus ou moins suivant les régions et les villes:

- Le paludisme (ou malaria): ce n'est pas un virus, c'est un parasite. Il est transmis par des moustiques femelles qui piquent la nuit. Il en existe plusieurs sortes dont une version (paludisme grave) peut être mortelle si elle n'est pas traitée à temps (surtout présent en Afrique). La malarone est un des médicaments qui peuvent servir en préventif comme en curatif. Le problème du paludisme, c'est qu'une fois qu'on l'a, c'est pour la vie. On peut juste traiter les crises qui reviennent de manière aléatoire (très souvent la première année, moins après), mais pas s'en débarrasser.

Autre problème, la malarone et ses concurents ne peuvent être pris que sur une période limité, ensuite cela doit provoquer une accoutumance qui réduit son efficacité et aussi détraque un peu l'intérieur (le foie je crois). Avant de partir mon médecin m'a demandé pour combien de temps. Quand j'ai répondu "3 mois" il m'a annoncé que j'étais à la limite de prescription, et me conseillait plutôt de n'en prendre qu'en cas de déplacement dans des zones "à risque", ce que je fais.

- La dengue: C'est comme le palu, mais là c'est un virus, transmis par les mâles qui piquent en journée. Normalement c'est une maladie bénigne, les symptômes sont identiques à une grosse grippe d'une semaine. Il existe quand même une souche, Dengue Hémorragique, qui peut être mortelle.

- Le chikungunya: Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux de la dengue, en plus aigu (longues courbatures après la période de fièvre). Transmis aussi de jour. Il n'existe pas de traitement préventif, il faut juste éviter de se faire piquer.

D'une manière générale, faut donc faire gaffe aux moustiques, surtout à partir de la tombée de la nuit. Le temps d'incubation (1 à 3 semaines suivant la maladie) fait qu'il faut être vigilant même après le retour, tout maladie type grippe doit être prise en compte rapidement.


J'avais lu que la période de mousson était propice à leur présence. Étonnamment, moi j'ai trouvé qu'il n'y en avait pas tant que ça tant qu'il pleuvait régulièrement. Mais depuis fin septembre, ça prolifère. Même dans la chambre d'hôtel il m'arrive d'en trouver.

Une différence quand même avec nos moustiques à nous. D'abord ils sont très lent. On a l'impression qu'ils volent au ralenti, un peu comme des gros moucherons, il est très facile de les atomiser. Mais, parce qu'il y a mais, du coup ils volent incognito, façon bombardier fugitif, pas un bruit. Alors si c'est facile de les repérer en zone éclairée, la nuit ils peuvent te passer au ras des oreilles ou rester dans ta chambre sans que tu les remarque!

samedi 11 octobre 2008

At Your Service, Sir !

Je crois que la première chose qui m'a frappé dès l'escale à l'aéroport de Bombay, c'est le nombre d'Indiens employés pour faire une tache, aussi simple soit-elle.

Ainsi au premier contrôle de sécurité, 1 militaire en faction pour contrôler les voyageurs en correspondance, et 6 ou 7 autres avachis sur des chaises en train de se marrer. D'accord nous étions dans les premiers sortis de l'avion, mais déjà la queue d'attente commençait à s'allonger, sans que cela semble déranger la troupe au repos.

 L'hôtel est un également un exemple frappant, le personnel est omniprésent:
  • 1 portier, 24h/24.
  • 3 réceptionnistes minimum,  24h/24. J'ai jamais vu plus de 2 clients au comptoir, mais ils sont toujours 3 derrière. Je compte pas ceux qui sont parfois dans l'arrière pièce et qui sont appelés dès que ca devient trop compliqué (envoyer un fax, payer), ni les "groom" qui font les petites taches, genre t'accompagner avec tes bagages.
  • 1 ou 2 personnes à l'accueil du restaurant. Ne servent à rien, t'accompagnent parfois jusqu'à une table et retournent à l'entrée.
  • Au restaurant, 3 ou 4 serveurs de base, 2 ou 3 "supérieurs", et un chef de salle, le tout pour une salle la plupart du temps à moitié vide.
  • Pour faire ta chambre, ils sont au moins 3, plus un superviseur.
Cette surabondance se retrouve un peu partout. Dans le "High Tech Park" ou nous bossons, les gardiens en nombre incalculable sont placés un peu partout, à chaque intersection de rue, au moins 3 à la porte de chaque building, une dizaine à l'entrée du parc pour le contrôle des motos/voitures/piétons. Je ne compte pas non plus le nombre de jardiniers, pas loin de la caricature "couper le gazon aux ciseaux".

On pourrait croire que cette abondance de main d'œuvre fait que tu es bien servi? C'est pas pour faire la fine bouche, je ne crois pas être particulièrement exigeant, mais c'est pas forcément le cas. Au restaurant, le temps de service est anormalement long. Rien que pour avoir une bière ou une bouteille d'eau, il faut parfois réclamer 2 à 3 fois. Et quand elle arrive, amenée par un premier type qui la pose sur un comptoir, il faut encore 2 à 5mn pour qu'un autre serveur vienne te l'amener. Énervant, surtout quand tu l'as en vue et que le serveur passe 5 fois devant sans broncher :)

Paradoxalement, parfois ils passent en mode "ultra excès de zèle". J'en ai un à l'hôtel, je ne le supporte plus. Il est capable de venir tous les 35s chrono à ta table et trouve toujours quelque chose à faire ou à te proposer. "Water Sir?"- "Another beer Sir?" (pour la 12ème fois) - "Can I take this plate Sir?" (alors que visiblement t'es encore en train de manger dedans), et revient sans cesse pour te poser la même question à laquelle tu as répondu par la positive ou négative juste avant. Parfois il me remplit mon verre d'eau, et 2mn plus tard alors que je n'y ai pas touché, vient encore faire l'appoint. Pas plus haut que le verre surtout !

Quand on est plusieurs ça passe mieux, ou il n'ose pas interrompre nos discutions endiablées sur l'avancement du projet :). Mais alors ce soir que j'étais en solo, wow, réellement pénible, j'ai failli l'envoyer chier (j'arrivais plus à me concentrer pour finir mon Sudoku, un comble !). Pour un peu il m'aurait fait regretter de ne pas m'être fait livrer en "room service", ce que je considère quand même comme le summum du glauque (déjà que je sors peu, si j'bouffe dans ma chambre là j'vais craquer).

Il est facile de comprendre que cette abondance de main d'œuvre provient de son coût au ras des pâquerettes. Et même s'il sont 3 pour faire le boulot d'un seul, économiquement et socialement parlant c'est certainement une bonne chose pour tout le monde, il y a déjà assez de monde qui vit sous les tentes et subsiste je ne sais trop comment.

J'en profite d'ailleurs pour promouvoir l'organisation humanitaire de mon pote: Mobilisation ACF du 15 Octobre. Pour les angevins le rdv est à 13h rue Lenepveu

jeudi 9 octobre 2008

Decalage Horaire

Comme je l'ai expliqué précédemment, nous avons un taxi attitré qui nous récupère le matin à l'hôtel, nous pose au boulot (3km) et attend jusqu'au soir pour faire le trajet inverse.

Hier profitant d'être quelques minutes seul dans la voiture, je lui pose la question s'il s'est pas trop fait chier dans la journée, et à quoi il s'occupait. Un peu de lecture et pas mal de sommeil, voilà son activité principale pendant 10h/jour.

J'en arrive donc à la conclusion qu'il "vit" la nuit, et lui demande donc à quoi il occupe ses nuits. Et bien je vous le donne en mille, la nuit il fait son boulot de taxi, le "pick & drop" dans le centre de Bangalore. J'imagine que cela vient en extra de son salaire, mais en gros il est proche de bosser 24h/24, une sorte de "bon plan" si on omet toute vie sociale vu que le dimanche il nous trimballe également !

vendredi 3 octobre 2008

Savez vous compter?

Une des premières choses que l'on apprend à un enfant est de compter jusqu'à 10, généralement en le faisant sur ses doigts. Oui mais d'un pays à l'autre, il se trouve que le même chiffre n'est pas représenté de la même manière.

En France, généralement point fermé façon "boxeur", on commence par le 1 sur le pouce, et on incrémente vers l'index, le majeur, l'annulaire et l'auriculaire, et les deux mains pour compter jusqu'à 10. Enfin moi je fais comme ça.

En Chine d'après mon collègue, le 1 se fait avec seulement l'index en l'air, 2 avec le majeur, 3 et 4 à suivre, le pouce n'étant utilisé que pour signaler le 5, main totalement ouverte comme chez nous. Et puisqu'il me dit que le chiffre 2 chez nous représente pour eux le chiffre 7, je pense que le pouce tout seul = 6 et ils repartent dans l'autre sens pour aller jusqu'à 9, tout ça avec une seule main. Ingénieux! Ils ont sans doute une représentation du 10 (pouce sur l'index plié?), mais il ne pouvait m'en dire plus.

Correction: bon en fait c'est pas exactement ça, voir l'explication en image: Compter avec les mains en chinois

L'indien avec qui on mangeait ce midi s'y prend encore différemment, il faut que je controle la semaine prochaine si c'est général ou seulement lui. Il part à l'inverse complet de nous, de l'auriculaire vers le pouce, et généralement le poing n'est pas totalement fermé.Comme il est assez difficile de lever l'annulaire de cette façon (essayez de représenter 2 à leur manière, vous verrez), la main est légèrement entrouverte avec les doigts repliés sur le pouce. Ce qui fait que quand ils montrent le chiffre 3, tu pourrais presque croire qu'ils font un 0. J'en ai vu aussi utiliser l'index pour le chiffre 1.

Un collègue m'a décrit une autre manière où le pouce sur les phalanges internes des doigts avait une certaine signification. Et Nath pourrait également vous donner la façon de compter en langue des signes, mais bon c'est encore plus visuel, difficile à expliquer ici.

Alors voilà, un truc aussi simple que le comptage de base, et déjà autant de manière de le représenter. Pourquoi s'étonner alors que sur des choses un peu plus compliquées on n'arrive pas à se comprendre :)

jeudi 2 octobre 2008

Smoking, No Smoking

Quand je suis arrivé en Inde, le restaurant de l'hôtel était fumeur. J'ai toujours été incommodé par la fumée pendant que je mange, mais depuis l'interdiction de fumer dans les bars/restaurant en France (pourtant pas si vieille) j'avais oublié l'odeur désagréable de la cigarette quand t'es au milieu du repas.

Notre collègue indien, fumeur jusqu'à son mariage, nous avait dis que le nombre de fumeurs en Inde était de plus en plus grand, tous ses potes en faisant partie. J'avais alors rigolé en lui disant qu'après une période d'inflation, leur gouvernement pendrait certainement des mesures similaire à celles présentes en Europe.

Je ne croyais pas si bien dire. Dès Aout j'avais lu dans le journal le projet d'interdire le tabac dans les lieux public. Et depuis hier c'est officiel, plus aucun bar, plus aucun restaurant n'est désormais "fumeur" à Bangalore, à l'exception des gros établissements qui peuvent prévoir des salles spécifiques.

Et même si je n'ai pas encore vu de stickers "interdiction de fumer" nulle part, en y réfléchissant bien cela fait déjà un moment que je n'ai pas vu une cigarette dans l'hôtel.

J'suis désolé pour mes amis intoxiqués, mais pour moi c'est carément une bonne nouvelle :)

jeudi 11 septembre 2008

Taxi Driver

Nous avons un taxi attitré depuis le début du séjour, payé par la boite qui nous reçoit. Il nous est interdit (et déconseillé) de conduire ici, même Hertz ne fait que de la location avec chauffeur. Il vient donc nous chercher le matin à l'hôtel pour faire 3km, se fait chier toute la journée et nous remmène sur les mêmes 3km le soir. Il ne fait rien d'autre. C'est hallucinant mais c'est comme ça, il est juste là, aucazou. Il arrive qu'on le sollicite le midi pour changer de restau, rarement.


Il s'appelle Arun K., doit avoir moins de 25ans, semble gentil comme tout, réservé, forcément inférieur quand il te parle, utilise du "Yes Sir" à toutes les sauces, c'est le lot de tous les boys qu'on trouve ici. J'ai son numéro de téléphone, je sais que je peux l'appeler n'importe où, n'importe quand, il viendra me chercher où m'emmènera ou je veux. Il bosse 7j/7, pas de congé hebdomadaire.

Le dimanche où nous sommes partis à Mysore on m'avait demandé d'être prêt à 5h devant l'hôtel, histoire d'éviter les bouchons et arriver tôt sur place pour visiter un max de choses. A 5h devant l'hôtel, je n'ai pas osé réveiller Arun qui avait visiblement passé sa nuit sur le parking. Le temps que j'hésite et le portier s'en est chargé pour moi. Sensation de malaise rarement vécue... Et si moi j'ai pioncé lamentablement sur la banquette arrière, lui s'est fait les 6h de trajet A/R, nous a trimballé dans toute la ville, patientait gentiment dans sa caisse quand on faisait certaines visites (sauf les temples qu'il faisait avec nous). Je l'avais d'autorité emmené prendre un p'tit dej avec nous dans un hôtel, ainsi que les repas suivant, sinon je ne sais pas ce qu'il aurait mangé. Nous sommes rentré à 1h à l'hôtel, et évidement le lendemain 9h, il est de nouveau là pour nous emmener au boulot.

Combien coûte ce type de prestation? D'après un premier chauffeur que l'on a eu une semaine, dans les 30€/jour pour les trajets quotidiens sur Bangalore. Si on compare avec une course Rueil-Roissy qui coute dans les 90€ pour 35mn de trajet, c'est peu. Si on compare avec le salaire d'un chauffeur (probablement 20 à 50€/mois), et le prix unitaire d'une course Hotel-Taf (moins d'1€), c'est énorme. Je soupçonne quand même le chef de projet de faire un abus de bien social, si tant est que le terme existe dans un pays réputé pour sa corruption. Enfin puisque le taxi est payé par la boite, ils sont deux à en profiter également pour se faire amener/ramener chez eux, une grosse heure de route, évitant ainsi de longues heures en transport en commun. De là à dire qu'ils ont pris le taxi avant tout pour eux...

Bref, Arun commence à nous connaitre et ce soir s'est permit de me poser une question. C'est rare, je me demande même si ce n'est pas la première fois, du moins à l'intérieur du taxi. D'abord parce qu'il a beau être gentil, il fait malheureusement parti de ceux qui ont un certain accent et que j'ai de vraies difficultés à comprendre, l'obligeant à répéter plusieurs fois ses phrases. Ensuite parce que sur les 5mn du trajet quotidien, soit on parle entre français, soit nos discutions tournent en général sur des questions de planning, où et quand il viendra nous chercher, quelle nuit on aura besoin de lui pour rejoindre l'aéroport, etc.

Eh bien ce soir alors que j'étais seul dans le taxi, c'est lui qui a entamé la discussion. Qu'est ce qu'il voulait savoir? Eh bin je vous le donne en mille, il voulait des infos sur le "Big Bang Thing" qu'on est en train de tester en France. Il voulait bien sûr parler du LHC, quand je vous dis qu'ils en font une psychose ! Il m'a même raconté que certains de ses potes étaient aller prier au temple mardi & mercredi. Sa question était claire, est ce que c'est dangereux ou pas.

J'ai fait de mon mieux, hésité à le rassurer bêtement, et puis en fait j'ai dis ce que je pensais. Que pour l'instant il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Et que le jour où les vraies expériences commenceront, de toute manière nous n'avons d'autre choix que de faire confiance aux dires des scientifiques, le commun des mortels dont je fais également partie n'ayant pas la faculté intellectuelle pour comprendre ce qu'ils font exactement.

Pas facile je vous assure, il fallait voir ses yeux lorsque j'ai eu le malheur d'annoncer la simple hypothèse "may be a little danger", je lui aurait annoncé qu'une bombe atomique allait exploser ce soir dans son jardin j'sais pas si ça aurait eu plus d'effet. J'ai quand même terminé par un "no need to worry" en espérant qu'il dorme bien ce soir :)

lundi 8 septembre 2008

The Great Indian Tamasha

On me demande souvent comment ça se passe, question communication avec les indiens.

Comme je l'ai déjà expliqué, on trouve en Inde plus de 20 langages hindi, ce qui fait que la seconde langue officielle - l'anglais - est parlée par presque tout le monde, même les petits commerçants, serveurs, conducteurs de rickshaw. Autant dire que les adultes "cultivés" ont une maitrise de l'anglaise parfaite, aussi bien du point de vue vocabulaire que syntaxique, j'ai même rencontré un môme de 3 ans qui parle mieux anglais que ses parents.

Moi je n'ai jamais eu un niveau d'anglais exceptionnel, pour pas dire médiocre pendant des années. J'avais un peu progressé en découvrant la Guiness écossaise, les hamburgers de Chattanooga, mais surtout l'été 2004 lors de mes 3 mois en Suède. Depuis je n'avais quasiment pas pratiqué et je redoutais un peu les premières semaines d'acclimatation.

Mais cette fois, l'anglais m'est venu assez naturellement. Je n'ai pas eu le blocage, en compréhension mais surtout expression, que j'avais vécu en 2004. Cette fois l'anglais n'est donc pas le problème, le hic, c'est leur prononciation.

Illustration dans le Times-Of-India d'hier

Imaginez un étranger parlant légèrement français, et qui visite Marseille, le Québec, ou sans doute plus similaire, un des pays d'Afrique Noire comme le Cameroun. Ben c'est la sensation que j'ai eu en arrivant. Certains sont compréhensibles, ils roulent les R, prononcent un peu les W comme des V, mais on arrive à saisir. Pour d'autres c'est beaucoup plus dur, et ça l'est encore aujourd'hui.

Je pense pourtant qu'ils font des efforts pour nous parler, mais malgré cela je n'arrive pas à saisir tous les mots, j'en rate régulièrement, devine le sens de certaines phrases par déduction. Et alors quand ils parlent entre eux, il y a des moments où je ne suis plus capable de dire si c'est de l'anglais ou un langage local.

En fait on va dire que certains ont voyagé, en Europe ou au moyen Orient, et indirectement leur prononciation est plus académique. Mais les jeunes indiens qui ne sont jamais sortis du pays ont un accent beaucoup plus prononcé. Cela provient aussi un peu de leur territoire d'origine. Les habitants de Bombay ou Dehli semblent avoir moins d'accent que ceux provenant de Chinay, ou de Bangalore. D'ailleurs les présentateurs de news à la TV sont facilement compréhensibles.

Un petit exercice? Ci dessous un extrait des "Guignols de l'Info" à la sauce NDTV (New Delhi Television Limited).Le "PPD" a l'accent des présentateurs TV, ainsi que le "Mikeulkeul". Et si vous arrivez à comprendre les 2 premiers invités, vous êtes prêt pour un p'tit voyage ici. :)



Alors ca donne quoi? :)

Le truc rigolo, c'est qu'on a aussi parfois du mal à se faire comprendre. Je sais qu'on a un accent Français terrible, mais quand même. Et la semaine dernière une consolation au petit déjeuner. Un client de l'hôtel assis à coté de moi questionnait un serveur en lui demandant "a bottle of water". Rien de bien compliqué, bien prononcé, enfin moi je l'ai capté du premier coup. Trois serveurs sont venus, aucun ne savait ce qu'il voulait. J'ai fini par montrer une bouteille que j'avais dans mon sac pour qu'ils percutent. Le client était Israélien, et visiblement beaucoup moins habitué que moi à ce qu'on ne le comprenne pas :)

Voilà. Malgré tout la communication est facile, on arrive à se parler, aussi bien pour le boulot que pour discuter d'autres choses. Et puis comme tout pays dont ce n'est quand même pas la langue maternelle, ils sont beaucoup plus indulgents que les américains ou les anglais. Le top c'est que maintenant, j'peux mater mes films VO sans sous-titrage!

A tchao bonsoir !

vendredi 5 septembre 2008

In Vino Veritas Est

Correction suite à mon billet d'avant hier sur l'alcool à Bangalore...

Le premier ministre du Karnataka a fait un démenti officiel, et cinglant, envers son ministre (Gowda) qui avait annoncé l'interdiction à terme, de tout alcool sur le territoire.

"Just because Gowda doesn't drink, he does not want others to drink. I've spoken to him today and clarified that no one should make such statements. There is not meaning in them".

A la veille du week end, c'est une très bonne nouvelle.

Santé!

Homme Chocolat

Vous connaissez sans doute la pub pour Axe, avec l'homme qui se transforme en chocolat et qui devient l'ultime objet du désir pour toutes les filles?



A mon arrivée en Inde, elle passait à chaque écran de pub, sur toutes les chaines. Il faut dire que question pubs, ils sont assez gavant. Il faudrait que je compte le nombre de coupures des films, mais si il se passe 30mn entre chaque ce doit être un grand maximum. Du coup il te faut au moins 3h pour mater n'importe quel film qui en durerait seulement 2.

Bref, j'avais identifié que la pub avait été écourtée par rapport à notre version. Il manquait notamment la fin, là ou le produit apparait et l'homme se fait arracher le bras, dernier effet comique. Ici ça se termine avec uniquement les flacons sur fond noir, sage, mais surtout aussi "long" si on compte en secondes.

Trop violent pour les indiens? Peut être. Mais de toute façon le spot ne passe plus, il a été victime de censure, trop sexy. Le gouvernement indien, sans interdire totalement l'annonce, a conseillé aux publicitaires "de freiner la diffusion sur les ondes télévisuelles de la dite publicité", autant dire que cela revient au même. Elle aurait été jugée "indécente", "vulgaire" et "repoussante".

Un directeur de publicité justifiait cette décision par le fait que la TV est regardée en famille, et que de nombreuses personnes s'étaient senties mal à l'aise de regarder ça en compagnie de leurs enfants, petits enfants, grands parents...

Soit. Moi ce que j'ai du mal à comprendre, c'est que la TV diffuse à longueur de journée du Bollywood, les filles sont faiblements vêtues par rapport au standard indien, et si il n'y a jamais de "contact" entre les acteurs principaux (il y a toujours une histoire d'amour quelquepart), les danses sont suffisament explicites pour y voir aussi des évocations sexuelles. Mais ça, ça ne dérange personne :)

Allez, en cadeau bonux, une autres pub "censurée" ici: Pub Caleçon

jeudi 4 septembre 2008

Belles! Belles! Belles!

Comme tout être masculin sur cette planète, l'homme indien pense avant tout avec une certaine partie de son corps. Mais son approche de la gente féminine semble bien différente de nos méthodes occidentales.
Vellankani, Avril 2008 (Julien Minard)

Le mois dernier lors de notre première sortie en ville, nos jeunes collègues nous avaient donné le ton: "il est nous est très difficile de rencontrer des jeunes filles indiennes". Bon ça sentait un peu la complainte du mâle en rut au fond des bois, et leur argumentaire était un peu paradoxal. Je m'explique.

Selon les bonnes mœurs indiennes, ils nous ont expliqué que les femmes ne devraient pas sortir après 21h. Alors que nous étions en terrasse avec vue sur la rue, ils nous montraient des passantes en les décrivant comme "des filles pas-bien", idem pour celles présentes dans le restaurant. A première vue pourtant, rien de choquant. Pas des filles qu'on pourraient qualifier "de petites vertus", correctement vêtues selon la mode locale, pas aguicheuses, juste des nanas en train de passer une soirée sympathique en compagnie de quelques garçons, visiblement des amis.

Un d'eux ayant vécu en France et Italie, je lui fais part de mon étonnement. Il admettra que chez nous ce n'est pas comme ça, et qu'à Bombay ou Dehli non plus d'ailleurs. Mais que pour lui, et sans doute pour le reste de l'Inde "ce ne sont pas des filles bien". Bon. Alors évidement, quand tu commences à sortir à 20h et qu'à 21h il n'y a plus de filles "bien" en ville, ça limite les possibilités de rencontre. Et comme leur domaine de travail n'est pas le plus paritaire, pas beaucoup de chances de se rattraper au travail.

Un complément d'info m'est aussi parvenu via Laurent, un Français rencontré à l'hôtel. Ses collègues auraient 1 à plusieurs petites copines, ce qu'ils attribuent au fait d'avoir des motos. Polygames? Pas sûr. D'après ce que l'on sait, ils n'ont normalement rien le droit de faire avant le mariage, on évite même de toucher la peau des femmes. Mais par contre étant motorisés, ils emmènent leur "conquêtes" au cinéma, dans des parcs... Ils "s'amusent" en attendant le mariage, mais il n'est pas certain que ces relations soient plus que platoniques. Ça reste à éclaircir.


 Nagini et Charlotte, étudiantes (Julien Minard)

Le mariage donc. Beaucoup seraient encore arrangés, voire intéressés. Fredouille nous disait lundi soir avoir vu un reportage où le marié découvrait le visage de sa dulcinée le soir de la cérémonie (magie de la TV, c'était une très bonne surprise). Laurent me disait aussi qu'un de ses collègues avait eu une relation avec une fille pendant 2 ans, et que du jour au lendemain elle était partie se marier avec un médecin, simplement parce que lui n'était pas encore ingénieur à l'époque, l'autre avait une meilleure situation.

Ramesh, mon collègue ayant vécu en Europe, se marie cette semaine. En passant chez lui il y a quinze jours, aucune trace de présence féminine. Par respect, je n'ai pas osé lui demander s'il connaissait sa future femme, comment il l'avait rencontré. Nous devons aller fêter ça samedi soir en ville, je serai étonné qu'elle soit présente.

J'ai lu également que les dotes étaient toujours de mise, avoir une fille n'est pas chose facile pour certaines familles pauvres. Ils iraient (comme en Chine?) jusqu'à perturber certaines grossesses, via l'avortement de fœtus féminins. Le taux de naissance en Inde serait de 993 filles pour 1000 garçons, ce qui est inverse aux probabilités naturelles. Grosse différence? A l'échelle de la population indienne, ça veut dire que 40 millions d'hommes indiens ne pourrons trouver de partenaire. Oui, ça parle un peu plus.

Enfin si elles sont moins nombreuses, question dote on peut quand même trouver son bonheur. Les 3 futures héritières les plus riches du monde sont indiennes (Vanisha Mittal, Isha Ambani & Pia Singh):
Des prétendants?

mercredi 3 septembre 2008

Prohibition

L'attrait touristique de Bangalore, déjà limité, ne risque pas de s'arranger.

Je vous ai parlé de l'interdiction de "live-musique" après 23h30. En fait c'est un peu plus compliqué que cela, et assez invraisemblable par rapport au fond du problème. Depuis Janvier, les autorités de Bangalore, ou du Karnataka, ont interdit les boites de nuit après 23h30. Mais de nombreux établissements ont contournés le problème en improvisant des pistes de danse dans les restaurants. Donc ils ont interdit la musique après 23h30 - dans tous les établissements qui servent de l'alcool.

Nos collègues, assez jeunes, avaient eu du mal à nous founir une explication convaincante sur tout ça, sachant que c'est limité à la région et non à l'Inde entière. Leur boss lui avait une théorie qui semble plausible et qu'on retrouve sur le net. Les jeunes indiens de Bangalore, sans cesse plus nombreux, nocturnes et avinés, seraient devenus ingérables pour une police en sous-effectif, avec en prime une accidentologie dramatique la nuit.

Cherchant donc à limiter la consommation d'alcool, il semblerait que le gouvernement ai pris le problème à l'envers. Pas de police pour verbaliser tous les conducteurs en état d'ivresse, donc on limite les heures d'ouvertures des établissements où ces jeunes s'abreuvent. Sauf que ça n'a pas l'air d'avoir l'effet escompté, dixit une jeune étudiante de 23 ans:

"Nous allons toujours en boite mais sans danser, juste pour boire. Si on a le malheur d'agiter la tête ou le bout du pied en rythme avec la musique, un vigile nous tape immédiatement sur l'épaule en nous demandant de stopper".

Aussi véridique qu'ahurissant. Alors bon, devant l'échec, les mesures se durcissent. Ils ont commencé par interdire les boissons nommées "arrack", qui doivent être des sortes d'eau de vie à base de riz ou de sucre de canne. Dans le journal d'aujourd'hui, ils parlent de généraliser à toutes les sortes de "liqueur", pas seulement les eaux de vie.

Le ministre de la médecine: "Je sais que beaucoup pensent cela irréaliste. Mais nous devons bien débuter par quelque chose. Nous avons commencé par interdire les arracks. Nous pouvons avancer pas à pas, et interdire le rhum, le whisky, la bière, et les autres spiritueux".

Ce mec est fou. Je ne sais pas comment ils imaginent tenir une ville de 7M d'habitant, dont la population est jeune, diplômée et aisée, qui bosse comme des oufs 50h par semaine, sans leur laisser un tant soit peu le moyen d'exulter.

Qu'ils cherchent à limiter les abus d'alcool, on va pas leur reprocher. Mais plus de danse, plus d'alcool, il faudrait quand même qu'ils jettent un œil au passé des USA pour voir les effets d'une vraie prohibition.

A côté de ça, il faut quand même savoir qu'il y a un grand nombre d'indiens qui ne boivent pas d'alcool. J'suis pas totalement sûr que ce soit lié à la religion (ils sont hindous, pas musulmans), mais c'est assez fréquent. J'dirai au moins autant que ceux qui sont végétariens, bien que ce ne soit pas forcément les mêmes personnes.

mardi 19 août 2008

Le compte est bon

Les indiens ont une représentation spéciale des chiffres. Je connaissais le système anglais/américain, qui ajoute des virgules ou des apostrophes entre les milliers. 1 million = 1'000'000, mais les indiens l'écrivent 10,00,000. De même, un milliard (billion en anglais) s'écrit 1,00,00,00,000.

En fait, au dessus de 1000, les indiens découpent les chiffres par centaines alors que nous comptons en milliers. Pour eux, le million n'existe pas, mais ils ont d'autres unités qu'ils utilisent à la place:
  • Le lakh = 100 000
  • Le crore = 10 000 000 (10 millions) = 100 lakh
Chaque centaine de centaine de ... de mille à donc son propre nom, voir ce tableau

Sinon tant qu'on est dans les unités, ils utilisent les système métrique depuis plus de 50, ce qui est plus qu'appréciable.

samedi 16 août 2008

Independance Day

Hier c'était donc le 61ème anniversaire de l'indépendance indienne. Ça fait pas tant que ça quand on y réfléchit un peu, faudrait demander à nos grands parents comment ça avait été perçu à l'époque.

Conséquence ou pas (?), le patriotisme ambiant parait beaucoup plus présent qu'en France au 14 Juillet (drapeaux, décorations individuelles, etc.). Je ne serai pas non plus étonné que les français soient les plus mauvais élèves des fêtes nationales :) La différence par contre, c'est qu'ici presque tout était ouvert, la notion de jour "férié", même si prévu comme ça, doit être plus théorique que réellement appliquée.

Un "boss" du taf nous avait invités à participer aux festivités de son "village". Je me voyais partir en cambrousse, j'avais gobé une pilule anti-palud, pris ma bombe de répulsif, sorti mon canif "du club" pour couper les ailes des moustiques en 4...

En fait de village, on s'est dirigé en plein centre ville dans une résidence pour riches, 5 tourelles d'appartements assez chics avec une belle piscine centrale, le tout surprotégé par une armée de gardiens à l'entrée. Question dépaysement on a vu mieux.

Mais la fête avait bien lieu, pas vraiment différent de ce qu'on fait chez nous. Un groupe de mémés avec des chants anciens (assez sympa par rapport à ce qui passe en permanence à la télé), une nana dansant à la Krishna, des gosses de 3 ans qui font ce qu'ils peuvent sous les yeux des parents émerveillés, toutes les catégories d'âge passant tour à tour sur l'estrade. Assez agréable en fait, de la joie et de la bonne humeur.

Enfin le plus intéressant fut finalement la longue discussion qu'on a eu avec le boss (un type qui a pas mal vadrouillé dans tout le moyen orient), nous expliquant tout un tas de choses sur le fonctionnement de l'Inde, des Indiens, son constat sur la situation actuelle, sa vision du futur.

Pour quelqu'un comme moi qui ne s'est jamais réellement occupé de ce qui se passait dans le coin, c'était génial. J'peux pas vous citer d'un bloc les 2h d'échange, je vais malheureusement en oublier un peu, mais j'essayerai de vous ressortir ça au fur et à mesure des anecdotes.

Vite fait tant qu'on est dans le sujet, j'ai appris que le Pakistan occidental (qu'on nomme Pakistan aujourd'hui), et le Pakistan oriental (Bangladesh) sont devenus souverain en même temps que l'Inde, la séparation étant religieuse (islam ou hindouisme).

Par contre je n'ai pas compris pourquoi les britanniques avaient fait un pays aussi grand, même si c'est géré comme une union de territoires semi-autonomes. Sans doute pour éviter les séparations des peuples, qui provoquent toujours des conflits (voir les problèmes au Cachemire encore aujourd'hui).

jeudi 14 août 2008

Bosser ou Visiter, il faut choisir

Le commentaire de Fab sur mon sujet d'hier me fait penser que je dois quelques explications. Je finissais par "mon contrat m'interdit les visites touristiques".

Ma boite appartient à une grosse boite (So Yeti!), qui elle même fait partie d'une world compagnie (Gémini Criket pour les intimes). Ce genre de société croule sous les démarches administratives, impossible de bouger un petit doigt sans en faire une demande écrite. Alors s'ils sont bien contents nous vendre plein pot à l'export, ça s'accompagne de tout un tas de contraintes.

Disons qu'il y a quand même du bon et du moins bon, ils vérifient un peu où les employés sont envoyés. Par exemple ils refusent tout déplacement en Irak ou Pakistan. Le trajet initialement prévu à Dubaï posait aussi certains problèmes, les Émirats étant considérés comme pays "orange" dans la classification interne. Et si tout le monde vois l'Inde comme un pays pacifique, Krishna et cie, c'est pas forcément aussi "green" que ça, notamment dans les régions frontalières du nord.

Donc si mon départ à été précipité (j'ai appris le vendredi que je partais mercredi), ça ne m'a pas empêché de remplir quelques paperasses. D'abord une déclaration comme quoi j'étais "volontaire" pour la mission... Sans commentaire. Ensuite un avenant à mon contrat de travail pour la durée du séjour (pas de 35h applicable à l'étranger, prime d'export, etc.).

Et enfin une longue liste de choses que je m'engage à faire/ne pas faire sur place. Je vous cite les plus intéressantes.

Préconisations "normales":
  • Limousine: Véhicules "officiels" pour tous les trajets, affrétés par le client ou l'hôtel. - Autant dire que les pouss-pouss ne doivent pas rentrer dans la catégorie.
  • Night: Sorties de nuit à éviter absolument en dehors des zones sécurisées. - C'est quoi une zone sécurisée? Ma chambre, l'hôtel?
  • Siège: Ne pas se déplacer en dehors de la ville d'affectation sans autorisation préalable.
  • Motus: Ne pas engager de conversation à caractère politique ou religieux avec des ressortissants du pays de la mission. - Est ce que se foutre de la gueule de Sarko en fait partie? Trop tard...

Préconisations "en gras":
  • Souk: Éviter les grands marchés publics en période de foule et/ou de prière, les endroits à la mode (galerie marchande, restaurants, discothèques...). - A noter qu'après "prière" ya entre parenthèse (vendredi matin), on cite personne mais suivez mon regard...
  • Armure: Ne pas vous placer (hôtels, restaurants, galeries...) à proximité des grandes baies vitrées qui sont une source de blessures graves en cas de chute. - On sait qu'on vous envoi au casse pipe mais la prime décès coûte cher, prière de revenir amoché mais vivant.
  • Près des gogs:Choisir soigneusement vos places dans un restaurant: installez vous plutôt au fond de la salle, dos à un mur et/ou à proximité d'un pilier solide, la protection est meilleure à ces endroits là. - Puisqu'on vous dis que ça va sauter !
  • Repos: Pendant vos jours de repos, si vous ne souhaitez ni revenir en France ni revenir à l'hôtel, demander autorisation pour tout déplacement. - Des fois qu'on aurait pas compris dans le premier paragraphe. Et si pendant ton repos tu restes bosser, c'est encore mieux.

Et l'ultime over-safe-warranty en gras surligné:
  • Ne pas vous rendre dans les lieux touristiques

Bon derrière tout ça faut pas chercher midi dans la meule de fois, yen a pas un qui va vérifier, il s'agit juste pour la boite de se dé-responsabiliser de tout ce qui pourrait nous arriver sur place. Si tu suis à la lettre, tu ne peux absolument rien faire sinon hotel-taf-hotel.

Et s'il t'arrives qqchose en dehors, ca ne rentrera plus dans le cadre de ton contrat. Donc j'imagine pas d'arrêt de travail, pas de compensation financière à la famille, etc, etc, etc...

Bon c'est pas tout ça mais il est 1H du matin et demain ici aussi c'est férié (Independance Day). J'ai plein de visites à faire...

Météo

Quand j'ai mis les pieds en Inde, à Bombay pour 4h d'escale, il était minuit, une fine pluie tombait sur le tarmac, le thermomètre annonçait 28°C. Après l'avion climatisé à outrance, l'impression de rentrer dans un hammam. Alors c'est ça la mousson?

Depuis une semaine à Bangalore, c'est quand même moins pire que ce que j'attendais, voire même assez agréable. Bon c'est clair, peu de chance de me voir revenir avec les couleurs locales, le temps est majoritairement nuageux. Mais le plafond est très haut, et même si tu vois peu le soleil, ça se ressent pas tant que ça, la luminosité ambiante est bonne.

Il pleut assez souvent, principalement en fin de journée. Et quand ca tombe, ca fait pas semblant. Pas le genre de crachin que j'ai eu à Bombay, la grosse drache orageuse qui te sature les routes, provoquant une multitude de mares maronatres. Mais ca dure jamais très longtemps, et même si t'as à passer dessous, de toute manière l'eau est chaude, une vraie douche. :)

Parce que question température en revanche, c'est pour moi l'idéal absolu. Le matin il ne fait jamais sous les 20°C, l'après midi ca monte jamais au dessus de 28°C. Je suis en permanance en chemisettes, n'ai pas sorti un pull depuis que je suis arrivé ce qui pour moi est exceptionnel même en été, et n'ai jamais eu l'impression d'avoir chaud non plus. Idéal je vous dis.

Cette relative douceur serait à mettre au crédit de l'altitude. On ne s'en rend absolument pas compte sur place, pas une colline à l'horizon, mais Bangalore est en fait placé au beau milieu d'un gigantesque plateau montagneux, à 1000m d'altitude.

Pondicherry n'est qu'à 250km d'ici mais en bord de mer. Ils ont en moyenne 5 à 7°C de plus, et surtout 100% d'humidité permanente. Et les zones de plaine du nord de l'Inde (Ahmadabad) sont aujourd'hui sous les inondations.

On va donc profiter du mois d'aout tel qu'il est ici. Parce qu'en Septembre, ça devrait se gâter un peu, ils prévoient 3 fois plus de précipitations.

mercredi 13 août 2008

Bangalore Night Fever

Samedi soir, nous sommes allés guincher...

Enfin c'est ce que nos hôtes avaient prévus pour nous, un bar-dancing au 13ème étage sur la rue la plus "hype" de Bangalore. Quand on connais mon engouement pour la danse, j'avoue que j'étais pas plus enthousiasme que ça. Un peu curieux quand même, je m'imaginais nous retrouver au beau milieu d'une scène de Bollywod avec 50 types fartés comme Travolta en train de répéter leurs chorégraphies.

De toute façon c'était un bar, j'étais sur de trouver une place adéquate. :) Mais de danse on n'a pas eu. C'est que les bars jet-set çà se mérite, il faut réserver.

Tout ça pour dire que le lendemain c'était grosse manifestation à Bangalore. Un arrêté policipal (oui oui), aurait interdit les musiques "Live" dans les bars après 23H30. Pour des raisons sécuritaires un peu obscures, les bars sont pas interdits, la musique n'est pas interdite, mais si j'ai bien compris, uniquement la musique "live" (ce qui inclus les DJ des Night-Club).

La jeunesse locale n'a donc pas manqué d'exprimer son mécontentement, surtout qu'apparemment Bangalore serait un cas unique dans l'Inde, ou tout du moins dans les grosses villes modernes (Mumbay-Bombay, Delhi, Chennai-Madras).

Mon contrat m'interdit les visites touristiques, mais il dit rien quant à la participation à des manifestation pacifiques !