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dimanche 7 septembre 2008

Sortie Dominicale

La météo s'améliore sur Bangalore. Il pleut presque tous les soirs, assez fortement, mais dans la journée on peut désormais prendre le soleil, c'est assez agréable. Et on se rend compte que dès qu'il n'y a plus la couche nuageuse d'altitude, ça tape quand même assez fort et les températures grimpent vite.

Je suis donc sorti de ma tannière mon hôtel pour faire quelques emplettes, en profitant du beau temps pour faire la balade à pied. Les trottoirs sont étroits et défoncés mais maintenant je fais comme tout le monde, je marche sur la route, ne sursaute plus au moindre coup de klaxon, et arrive même à la traverser "sereinement", sans piquer un sprint.

Ça a beau être dimanche, ici tout semble fonctionner comme les autres jours, seuls les buildings high-tech sont déserts. Sur les bords des routes, on trouve de tout. Des tas de coco vertes bien sûr, mais également divers commerces, poteries, quincailleries, réparateurs de cycle. J'suis même arrivé sur une sorte de mini-marché, quelques vendeurs posés à même le sol.


Sur son étalage, un peu de tout: bananes, céleri, choux-blancs, choux-fleurs, concombres, courgettes, haricots vert (appelés French Beans ici), pommes de terre, radis, tomates. Également certaines denrée non identifiées, mais un européen pourrait faire son marché sans être totalement dépaysé.

Un peu plus loin j'ai trouvé ce qui doit être un poissonnier. Faut pas chercher la glace de nos étals ultra clean en supermarché, l'ensemble est composée de quelques tôles, une table en pierre, et le type te décortique ça devant tout le monde. Bangalore n'étant pas au bord de la mer, mais pas très loin non plus (juste 3-5h de route), j'ai pas osé poser la question de tout bon gaulois - "il est frais vot' poisson?" - ça sentait la bagarre générale et j'étais en manque de potion magique.


Lors de ma première sortie en ville non accompagné, je m'étais parfois senti un peu mal à l'aise. Un certain nombre d'indiens me scrutaient d'un regard noir (oui les yeux bleus dans le coin, c'est assez rare), fixement, limite inquiétant. J'suis pas spécialement parano mais bon, à force d'entendre des mises en garde sur la sécurité, sur la cible que tu représentes par ton statut de blanc-plein-d'fric, ben au bout d'un moment tu finis par ranger ton portable et mettre ton sac sur ton ventre, par précaution.

Après un certain temps tu comprends que c'est avant tout de la curiosité. Bangalore est considéré comme la silicon-valley de l'inde, travaille avec toutes les grandes sociétés internationales, et le nombre de visiteurs occidentaux est conséquent. J'pensais donc qu'ils étaient habitués à voir des blancs, mais c'est pas forcément le cas. D'ailleurs les plus hardis viennent te demander d'où tu viens. Le "véa 'riou frrrom" sans bonjour ni merci, c'est un peu dur à capter au départ, mais maintenant je maitrise :) Et j'anticipe sur les plus médisants, pour l'instant personne n'a demandé d'autographe de Jesus!

Enfin j'ai retrouvé Laurent et on a filé jusqu'aux grandes zones commerciales. Vache de monde! Dedans, dehors, sur les routes, ça grouille comme dans une ruche. Il y a des sortes de grand "bazaar" de fringues, depuis un mois que je suis là c'est les soldes permanentes. Et puis 3 étages de chemises, jamais vu ça, j'connais quelques amateurs dont ça ferait le bonheur. De l'ultra classique type anglaise, à la paillette flashy hawaïenne, t'as tous les styles. Et touche la qualité, t'en achètes 3 t'en a 3 gratis, ce qui fait quand même genre 6 chemises pour moins de 20€ !

Voilà. Retour de nuit jusqu'à l'appart-hotel de Laurent, même po peur, puis un p'tit rickshaw pour les 3 derniers kilomètres, et j'met fin à 5h de balade indienne, assez agréable ma foi. C'est vraiment dommage que l'hotel soit si excentré, j'aurai sans doute aprécié de faire le même genre de balade dans le centre de Bangalore.

vendredi 5 septembre 2008

In Vino Veritas Est

Correction suite à mon billet d'avant hier sur l'alcool à Bangalore...

Le premier ministre du Karnataka a fait un démenti officiel, et cinglant, envers son ministre (Gowda) qui avait annoncé l'interdiction à terme, de tout alcool sur le territoire.

"Just because Gowda doesn't drink, he does not want others to drink. I've spoken to him today and clarified that no one should make such statements. There is not meaning in them".

A la veille du week end, c'est une très bonne nouvelle.

Santé!

mercredi 3 septembre 2008

Prohibition

L'attrait touristique de Bangalore, déjà limité, ne risque pas de s'arranger.

Je vous ai parlé de l'interdiction de "live-musique" après 23h30. En fait c'est un peu plus compliqué que cela, et assez invraisemblable par rapport au fond du problème. Depuis Janvier, les autorités de Bangalore, ou du Karnataka, ont interdit les boites de nuit après 23h30. Mais de nombreux établissements ont contournés le problème en improvisant des pistes de danse dans les restaurants. Donc ils ont interdit la musique après 23h30 - dans tous les établissements qui servent de l'alcool.

Nos collègues, assez jeunes, avaient eu du mal à nous founir une explication convaincante sur tout ça, sachant que c'est limité à la région et non à l'Inde entière. Leur boss lui avait une théorie qui semble plausible et qu'on retrouve sur le net. Les jeunes indiens de Bangalore, sans cesse plus nombreux, nocturnes et avinés, seraient devenus ingérables pour une police en sous-effectif, avec en prime une accidentologie dramatique la nuit.

Cherchant donc à limiter la consommation d'alcool, il semblerait que le gouvernement ai pris le problème à l'envers. Pas de police pour verbaliser tous les conducteurs en état d'ivresse, donc on limite les heures d'ouvertures des établissements où ces jeunes s'abreuvent. Sauf que ça n'a pas l'air d'avoir l'effet escompté, dixit une jeune étudiante de 23 ans:

"Nous allons toujours en boite mais sans danser, juste pour boire. Si on a le malheur d'agiter la tête ou le bout du pied en rythme avec la musique, un vigile nous tape immédiatement sur l'épaule en nous demandant de stopper".

Aussi véridique qu'ahurissant. Alors bon, devant l'échec, les mesures se durcissent. Ils ont commencé par interdire les boissons nommées "arrack", qui doivent être des sortes d'eau de vie à base de riz ou de sucre de canne. Dans le journal d'aujourd'hui, ils parlent de généraliser à toutes les sortes de "liqueur", pas seulement les eaux de vie.

Le ministre de la médecine: "Je sais que beaucoup pensent cela irréaliste. Mais nous devons bien débuter par quelque chose. Nous avons commencé par interdire les arracks. Nous pouvons avancer pas à pas, et interdire le rhum, le whisky, la bière, et les autres spiritueux".

Ce mec est fou. Je ne sais pas comment ils imaginent tenir une ville de 7M d'habitant, dont la population est jeune, diplômée et aisée, qui bosse comme des oufs 50h par semaine, sans leur laisser un tant soit peu le moyen d'exulter.

Qu'ils cherchent à limiter les abus d'alcool, on va pas leur reprocher. Mais plus de danse, plus d'alcool, il faudrait quand même qu'ils jettent un œil au passé des USA pour voir les effets d'une vraie prohibition.

A côté de ça, il faut quand même savoir qu'il y a un grand nombre d'indiens qui ne boivent pas d'alcool. J'suis pas totalement sûr que ce soit lié à la religion (ils sont hindous, pas musulmans), mais c'est assez fréquent. J'dirai au moins autant que ceux qui sont végétariens, bien que ce ne soit pas forcément les mêmes personnes.

ATP Open

Lu dans l'équipe à mon retour en France.

Le tournoi de tennis ATP de Bangalore, prévu au 29 Septembre, à été annulé. La faute aux bombes de fin Juillet (1 mort, 10 blessés), qui laisse penser aux dirigeants de l'ATP que les conditions de sécurité locales ne sont pas suffisantes pour que l'évènement puisse avoir lieu.

C'est un peu dommage, d'autant que le groupuscule responsable (des étudiants islamiques intégristes) a été totalement démantelé la semaine dernière. Pour une fois que la ville pouvait héberger un évènement majeur autre que du cricket :)

samedi 23 août 2008

e-Mobilier

Je l'ai déjà dis, Bangalore est une ville qui est en pleine mutation. Son status de "zone franche" pour les entreprises high tech draine ici de nombreux capitaux privés et étrangers, faisant pousser un peu partout de grands buildings top-modernes, et de grandes résidences top-classes dans lesquelles ont fait dormir les ingénieurs.

Mais le problème c'est que cette expansion se fait un peu tous-azimuts, sans plan d'urbanisme, avec l'impression que les pouvoirs publics n'ont rien anticipé ou n'ont pas les moyens de faire suivre les infrastructures locales.

Les routes j'en ai déjà parlé, c'est une calamité. Insuffisantes et trop étroites face à un trafic qui ne fait qu'amplifier, elles provoquent d'interminables bouchons. Et je parle pas de leur état, nids de poules à gogo, quand c'est pas une voie complète qui s'est transformée en chemin de terre façon champs de mine.

Ensuite ya la flotte. Le réseau proche de l'hôtel doit être récent, on a la pression, la quantité, et la flotte semble de bonne qualité. Mais dans d'autres quartiers c'est une autre affaire: ruptures de canalisations viellent de 60 ans et toutes rouillées, eaux de pluie (mousson) qui s'infiltrent dans le réseau et rend l'eau "potable" marron pendant plusieurs heures, etc, etc...

Enfin ya le réseau électrique. A l'hôtel j'ai au moins une coupure par soir. Ça ne dure jamais longtemps puisqu'il est équipé d'un énorme groupe électrogène qui prend le relais, mais c'est quotidien. Parfois la TV diffuse de la neige des nuits entières, laissant penser que la coupure est générale...

Une p'tite dernière pour la route? L'aéroport par lequel je suis arrivé est raide neuf, mis en service depuis Avril. Certains disent qu'il était déjà trop petit pour le trafic annuel (10M de voyageurs), et parlent de réouvrir l'ancien - très proche du centre ville - le temps de construire un terminal supplémentaire.

mardi 19 août 2008

Quelques Photos

Je n'ai jusqu'à présent pas fait énormément de photos.

La plupart de mes trajets se font en taxi, la circulation t'impose quasiment d'avoir les fenêtres fermées pour pas t'asphyxier, pas le top pour prendre des clichés.

Enfin lors de l'Independance Day je me suis quand même un peu baladé, le taxi m'a posé auprès de certaines "famous place" de Bangalore.




















Hôpital de la charité "Shri Satya Sai", près de l'hôtel






Au nord de la ville, entouré par un paquet de touristes indiens (ou du moins c'est ce que j'ai supposé), on trouve les 2 batiments suivant:




Le "Vidhana Soudha",

ce doit être une sorte de préfecture pour l'état de Karnataka





















Avec juste en face, une belle bâtisse rouge

"Attara Kacheri", la court suprême

Ca sera tout pour le moment...

mercredi 13 août 2008

Bangalore Night Fever

Samedi soir, nous sommes allés guincher...

Enfin c'est ce que nos hôtes avaient prévus pour nous, un bar-dancing au 13ème étage sur la rue la plus "hype" de Bangalore. Quand on connais mon engouement pour la danse, j'avoue que j'étais pas plus enthousiasme que ça. Un peu curieux quand même, je m'imaginais nous retrouver au beau milieu d'une scène de Bollywod avec 50 types fartés comme Travolta en train de répéter leurs chorégraphies.

De toute façon c'était un bar, j'étais sur de trouver une place adéquate. :) Mais de danse on n'a pas eu. C'est que les bars jet-set çà se mérite, il faut réserver.

Tout ça pour dire que le lendemain c'était grosse manifestation à Bangalore. Un arrêté policipal (oui oui), aurait interdit les musiques "Live" dans les bars après 23H30. Pour des raisons sécuritaires un peu obscures, les bars sont pas interdits, la musique n'est pas interdite, mais si j'ai bien compris, uniquement la musique "live" (ce qui inclus les DJ des Night-Club).

La jeunesse locale n'a donc pas manqué d'exprimer son mécontentement, surtout qu'apparemment Bangalore serait un cas unique dans l'Inde, ou tout du moins dans les grosses villes modernes (Mumbay-Bombay, Delhi, Chennai-Madras).

Mon contrat m'interdit les visites touristiques, mais il dit rien quant à la participation à des manifestation pacifiques !

Mangez moi, mangez moi !

Après la vue intérieure qui a tant plus à tout le monde, on prend un peu de hauteur avec cette vue satellite de l'hôtel:

Il est où? Ben oui, c'est toute la question. La photo satellite date de 2004, mais il y a 2 ans elle aurait été la même. Je vous laisse vérifier sur Google Maps, à part le "SAP Labs" il n'y avait pas grand chose. Je bosse à l'ITPB (International Technical Park de Bangalore), en haut à droite de l'image. Tout le long de la route on trouve maintenant des immeubles flambants neufs, assez design bien qu'un peu tous à la mode "façade de verre", ce qui contraste pas mal avec la route qui elle est restée dans l'état d'il y a 4 ans.

Bangalore, ca veut dire "haricot bouilli" dans la langue locale. Mais à la place des haricots, moi je la décrirai comme ville champignon, ça pousse dans tous les coins, à croire que la mousson a aussi des effets sur l'immobilier. Je parlerai de l'inflation immobilière une autre fois, mais on doit dépasser les 40%/an.

Ce qui est assez impressionnant, c'est leur technique pour monter ces immeubles. Je n'ai pas vu beaucoup de grues, et la quasi totalité des constructions utilisent des sortes d'étais en bois ou en métal, en très grand nombre, pour soutenir le dernier étage. Les échafaudages sont également montés suivant la même technique.


Ca donne un effet "jungle" au dernier étage des bâtiments, assez rigolo. T'as aussi vaguement l'impression qu'en en poussant un ca ferait un effet domino, m'enfin je ne m'y risquerai pas.