Affichage des articles dont le libellé est Course. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Course. Afficher tous les articles

dimanche 18 mars 2012

Autopsie d'un naufrage programmé


   Resté (très) longtemps dans le tuyeau, je profite d'une petite introspection sur ce qui risque de m'attendre la semaine prochaine pour finaliser ce C.R et le mettre en ligne. Enjoy'.

----------------------------------------------------------------------------------------------------
 Morhiban, Juin 2011

   Cette course était mon premier gros objectif de l'année suite à une reprise de blessure en Janvier. Une fois inscrit je profite d'être en récup de déplacement professionnel pour commencer à bien faire le job à la maison. Fin Avril je retrouve donc un certain niveau. En séance VMA j'ai une bonne résistance et l'impression que j'ai encore un peu de marge en vitesse pure. Les sorties longues de 3h passent faciles et j'alterne avec pas mal de VTT. Je me prépare doucement pour les 6h de Mure que j'envisage en simple test/entrainement, mais je sens que j'ai le pechon.

   Et puis le boulot m'annonce un nouveau déplacement en Malaisie. Cette fois je suis sur le bateau. Moins de tentations (pas de sortie, pas d'alcool), et une salle de sport assez bien foutue pour s'entrainer. Il est malgré tout difficile de bosser en qualité sur tapis, je vise donc uniquement un maintien en volume (course, vélo, rameur)  pour pouvoir reprendre facilement au retour. Troisième semaine un peu moins assidue dus aux horaires de travail en équipe (midi-minuit), je fait juste attention de garder un sommeil conséquent et prend ça comme du repos avant de rentrer

   Le retour justement se fait un peu plus chaotique que prévu. Outre les 40h de trajet et d'insomnie, j'enchaine des déplacements en France. Je suis en vacances mais je cumule les soirées plus ou moins alcoolisées et tardives. Décompression sans doute. Mais la fatigue se ressent et j'ai du mal à caser la reprise d'entrainement aussi bien que je l'aurai voulu. La première semaine je fais l'impasse sur la qualité et ne reprend que par du volume à allure course. Petit passage au club semaine suivante, je fais une séance de 900m correcte en m'accrochant à Christophe, mais ça confirme que j'ai déjà bien perdu en vitesse. L'échéance est trop proche pour corriger ça, je fais une croix sur l'objectif performance et vise juste un maintien du volume pour digérer la distance.

   Dernière sortie longue à J-15, je case 2h30 autour de la maison. J'ai pas vraiment perdu dans le pentu, sans doute les escaliers quotidiens sur le bateau. Le feeling n'est pas trop mauvais sur le moment, mais au retour et les jours suivants j'ai des réactions bizarres dans le mollet droit. Toujours suivi en kiné, elle me confirme que le muscle est tout contracturé. Ça pue, c'était exactement les symptômes lors de ma déchirure de l'aponévrose, je ne sais pas trop quoi faire. Du vélo et des footing léger pour faire passer? Rien pour récupérer un max? J'opte finalement pour une coupure complète avec 3 séances de kiné supplémentaires pour aider à faire passer le truc. C'est sans doute pas l'idéal d'un point de vue entrainement, mais au moins je sais que j'arriverai avec un max de fraicheur sur la course, je me voyais pas commencer la course avec déjà un mollet en vrac. Pour embellir le tableau je me rend également compte que j'ai les chevilles verrouillées, mais l'ostéo n'a pas d'option pour me prendre avant la course, faudra faire avec.

   Grosses inquiétudes donc avant de s'attaquer aux 86km du Morbihan. La distance est nouvelle pour moi, mais c'est surtout mes capacités physiques qui sont incertaines. J'ai définitivement fait une croix sur l'objectif performance. Et pour ne pas trop psychoter sur la dernière quinzaine sans sport, je me suis un peu détaché de la course. Un peu trop même. Ça me permet de ne pas trop penser aux douleurs diverses que je ressens tous les jours, je sais qu'elles sont essentiellement psychosomatiques. Mais du coup j'ai oublié la moitié du matos obligatoire à la maison, ai pris le sac mais sans la poche à eau, et suis parti sans mes barres d'amandes habituelles. Les jours précédents je fais un peu la course au magasins pour compléter l'équipement, et serait obligé de tester certains produits en course. Tant pis.

   Le départ est à 17h. En vacances de l'autre côté du golfe, j'ai le temps de me préparer. On passe même voire de la famille à Locmariaquer ce qui me permet de me protéger de la chaleur jusqu'au dernier moment. Je débarque sur le stade 40mn avant le départ. Passé voir le départ de l'ultra la veille à Vannes, j'ai petit à petit pris conscience de la course venir. Qu'est ce que je suis venu faire? Je sais qu'avec ma prépa foirée, je ne peux pas espérer grand chose. Je suis même certain que je vais en baver à partir d'un moment. L'idée est donc de partir tranquille en visant un premier marathon dans de bonnes conditions, et de gérer la suite comme je pourrais. Ce qui m'inquiète par dessus tout c'est la réaction du mollet. A partir de quand va-t'il se contracturer, et est ce que je pourrais seulement finir?

   Un petit breefing et c'est parti. On m'a parlé de petits bouchons sur la première partie, je me suis donc pas trop mal placé au départ. Bien placé mais départ tranquille, j'évite de me laisser entrainer et prend doucement mon rythme de croisière, autour de 11 km/h. On fait une petite boucle à la pointe de Kerpenhir, puis je croise la famille qui m'attend au Gilvin. On alterne les passages sur le chemin des douaniers et les zig-zag dans les vieilles ruelles. Bonne ambiance dans certaines, j'aurai droit à un verre de kir en guise d'apéro. Ho hey, on est pas en Bretagne pour rien :). Après Kerouarc'h on quitte un peu la mer pour rejoindre Crach via quelques chemins forestier. Un point d'eau autour d'un stade, je fais un arrêt éclair et un petit point. La température ambiante est supportable même si on prend vite chaud quand on sort des bois. Le soleil commence à baisser, ça ne va pas durer. Les jambes sont ok, le souffle vraiment facile, par contre j'ai le cardio étonnamment haut depuis le départ. Je devrais être sous les 150, et là je frise parfois les 170 et ne descend quasiment pas sous les 160. Du moins c'est ce que dit la montre, parce que ça ne correspond pas du tout à mes sensations. A ce niveau de pulsation je devrais avoir le souffle court et ce n'est absolument pas le cas. Je fini par arrêter de la regarder en me disant que la ceinture doit être mal positionnée ou perturbée par le dossard. J'hésite à ralentir mais en même temps c'est ma foulée "naturelle" de footing, en dessous je sais que cela me fatigue également.

   On continue dans la campagne jusqu'à Le Bono où l'on reprend le chemin des douaniers avec des superbes vues sur le Golfe. Là j'entends quelqu'un me compter 62ème, je me croyais facilement au delà de la 100ème place. Nouvel arrêt éclair au ravito, 2h15, 25km. Je fais le plein d'eau et ne passe même pas à la table des victuailles, je m'alimente depuis le départ et ai tout ce qu'il me faut sur moi, sans doute même trop. Je reprend donc mon rythme, mais assez rapidement j'ai les cuisses qui deviennent douloureuses. Hummmm. Il n'y a pour ainsi dire pas de dénivelé depuis le départ, quelques faux plats et une petite cote de bitume à l'entrée du Bono. Je me suis amusé à la passer en courant mais c'était franchement pas méchant. Coup de fil paternel, il est à ma recherche et les indications des officiels ne sont pas claires. On se donne rdv au ravitaillement de Baden.

   J'y arrive en 3h38, Km38. On me pointe dans les 50. Maigre consolation, à côté de ça c'est franchement pas la pêche. Presque une heure que la douleur aux cuisses est apparue et elle ne semble pas vouloir passer. Je commence à comprendre que je vais devoir faire avec jusqu'à l'arrivée. Ok je m'attendais à souffrir mais quand même pas si tôt. L'allure à baissé à un maigre 10km/h et à ce rythme il me reste au bas mot 6h de course. Certes les mollets se font oublier, mais je ne comprend pas cette douleurs aux quadris. La présence de mon père m'évite de trop penser à l'abandon. On marche un peu ensemble, puis on se donne rendez vous au ravito suivant. Ça sera la mi-course et je décide de voir ce qu'il en sera à ce moment là.

   Je reprend la course au passage de la seconde féminine, ça fait un moment qu'on se double et dédouble, ça me motive pour relancer. La section jusqu'à Larmor Baden passe plutôt bien. Douleur présente mais gérable. Passage au marathon en 4h17, une perf! Bon c'est à peine 10mn de plus qu'à la SaintéLyon, mais pour seulement 200m de dénivelé au lieux de 1000. Je fais quand même toute la section en courant,  et arrive en bien meilleure condition au gros ravitaillement. Les accompagnants ne sont pas pas autorisés à nous suivre donc je fais le plein et ressort de la zone rapidement. Petite dégout du sucré, c'est la première fois que ça m'arrive. Heureusement le sponsor officiel distribue des barres salées, j'en embarque en même temps qu'un mix saucisson/fromage et sors rapidement du ravito pour rejoindre mon père. On avance un bon moment en marchant pendant que je m'alimente, il m'annonce qu'il sera au prochain pointage, annoncé par un officiel à 7km. La reprise de course devient pénible, mais passé les 30 premières secondes vraiment douloureuses, j'arrive à muter du pingouin chancelant à une course presque potable. Obligé de marcher un peu tous les 2-3km, mais pas trop longtemps sinon la reprise est d'autant plus terrible.

   Les 7km sont interminables, et pour cause, ils font plutôt 10. Port Blanc km57, 6h00 de course. Il est donc maintenant 23h et mon père m'aide à sortir la frontale du sac. Le regain de forme n'est plus vraiment là, mais je suis également passé du "bon" côté de la barrière psychologique. Il ne reste *que* 30km. On marche encore quelques minutes puis il m'abandonne dans la nuit encore pas franchement noire. Je file jusqu'au ravitaillement du Moustoir, km62, 6h40. On vient de passer la seule portion légèrement technique du parcours, un sous bois avec racines et petit rochers. En tant normal ça m'aurait surement beaucoup amusé, mais là en plus de la douleur aux quadris je commence à accuser les kilomètres. La douleur d'usure, "attendue" celle là, commence à se faire sentir et il devient difficile de lever les pattes ou descendre des marches, je manque de trébucher plusieurs fois. Je fais le point en me gavant au ravitaillement. écoutant ceux qui ont encore la force de papoter. Certains du grand raid sont sur les chemins depuis tellement d'heures. L'idée de poser les armes est vaguement présente, mais plus que la distance restante, je suis passé en phase "ça fait pas 5h que je me force à courir pour abandonner maintenant, fallait le faire plus tôt". Habituellement il suffit que je me remplisse de victuailles et au bout d'un certain temps, j'arrive à repartir. Je bouffe donc, encore.
 
   Et c'est le cas. Je suis toujours sur un prévisionnel de 9h30 à l'arrivée, pas pire. Le hic c'est de savoir si je vais faire le restant en courant, ou si je vais mettre 3 à 4h de plus en marchant tout du long. Sachant qu'on m'attend à l'arrivée et qu'il est déjà presque minuit, bon, je me botte le cul et me remet en branle. Le ravitaillement suivant est dans 10km. J'en fais 5 plutôt bien, jusqu'à la pointe d'Arradon, pointé 34ème. Je m'en fous pas mal mais c'est quand même pas désagréable. Je reconnais malgré la nuit une balade faite avec la famille Seb. La suite est plus laborieuse et j'arrive tant bien que mal au ravito de Moreac, je serre les dents mais j'suis cuit. J'ai même plus l'envie de me goinfrer. Je végète plus de 10mn en attendant un regain d'énergie pour me faire décoller. C'est finalement le froid qui me chassera, je repars en marchant.

   Texto à Nath et Seb qui m'attendent déjà dans Vannes, bientôt 2h du mat'. "Plus que 14km, 1h30 si j'arrive à courir, 3h si je marche". Effet psychologique immédiat, je me dis que je ne peux pas leur faire ça, ça me booste et vais faire presque 10km d'une traite. Je reprendrais même un peu de plaisir à la traversée des bois, profite de la présence d'un Grand Raideur pour une petite pause marche en parlant puis reprend ma course. Arrivée dans Vannes, km81. Je m'arrête au dernier pointage à l'entrée de l'ile de Conleau. L'arrêt de trop. Impossible de repartir. Je tente une fois, 5 fois, 10 fois, mais je n'arrive plus à supporter la douleur dans les cuisses, au bout de 100 à 300m je suis obligé de reprendre la marche.

    Nouveau texto, j'espère le même effet boost mais la magie ne marche plus, le subconscient à saisi la ruse. J'insiste encore peu mais n'arrive plus à passer le pic de douleur de la reprise. Chaque pas, chaque choc du pied sur le sol est comme une ceinture d'un millier d'épines me transperçant les quadris au dessus du genoux. Reste 3km500, je décide que j'en ai assez bavé comme ça, ya des limites au masochisme. Je prend mon rythme de marche, lent comme toujours, mais au moins je n'ai mal nulle part en marchant. Direction l'arrivée. Le tour de l'ile est longuet, et les quais proprement interminables. Je suis admiratif des Grand Raideurs qui ont ce regain d'énergie qui les fait foncer vers la ligne. Le port, Seb et Nath m'accueillent, ça fait du bien. Traversée de la passerelle avec Seb avant de faire un improbable tour du port, on discute un peu. Dernière ligne droite, en théorie faudrait que je fasse quelques pas de bravoure pour passer la ligne en courant. Bof, pas envie. Au lieu de ça je ramasse quelques détritus, et passe sous l'arche quelques mètres plus loin avec une bouteille de cocas vide et un emballage à la main, ça fait marrer les photographes :)

   J'en ai terminé. 10h37, 73ème. Performance anecdotique sans être ridicule dans l'absolu, mais assez loin de ce que j'aurai espéré si j'étais venu avec la forme de fin Avril. Petit regret du côté préparation donc. De l'autre, j'étais là pour finir, j'ai fini, et c'est l'essentiel de ma satisfaction. Difficile à retranscrire, mais j'ai également bien aimé le parcours, ou du moins les paysages rencontrés. La douleur a un peu trop vite monopolisé mon cerveau pour en profiter pleinement, m'a obligé à me concentrer sans trop me disperser à prendre des photos ou autre, mais quand j'arrivais à lever le nez c'était superbe et je vais garder quelques belles images en tête. Le temps faisant, j'ai évidement occulté la douleur et n'en garde qu'un sentiment d'avoir été content d'être là (voir photos du départs). J'y reviendrai (l'inscription 2012 est partie).

   La maudite douleur, je ne l'ai pas comprise. Jamais ressenti ça, ni avant ni depuis. Je ne me suis pas senti fatigué de la course, jamais eu l'impression de forcer, juste de me battre avec cette douleur aux quadris. Je pouvais d'ailleurs monter les rares bouts de côte en courant, et jusqu'à quelques kilomètres de l'arrivée, marches et autres raidillons ne me posaient aucun problème, je pouvais "forcer" sur les cuisses sans mal. Et à part les courbatures classiques le lendemain et surlendemain, rien de spécial à signaler non plus. Je courais dès le lundi sur la plage sans ressentir l'effet "choc" remonter jusqu'au quadri. Alors l'explication je la cherche encore. Coup de chaud au départ? Cardio elevée sur les premières heures et accumulation d'acide lactite? Simple manque d'entrainement? Sans doute. On s'aligne pas sur 80km avec seulement 30km/semaine dans les pattes. :)

dimanche 11 décembre 2011

Cross des Enfants Malades

   Anniversaire des 20 ans de l'épreuve, 21ème édition. Le Cross des Enfants Malades de l’hôpital de Grenoble, c'est d'un - un cross qui n'en a que le nom, deux -  un moyen de se donner bonne conscience, trois - surtout un rendez-vous convivial et incontournable pour tout coureur "Queschua" qui se respecte (surnom des Grenoblois dans beaucoup de région). Organisé en 2 courses similaires à 1h30 d'intervalle, elle a en plus l'avantage pour les couples coureurs que nous sommes, de pouvoir courir en 2 temps avec toujours un des deux pour garder les trolls. Pour la petite histoire, on découvrira sur place que l'organisation propose également une garderie pour ceux qui voudraient courir ensemble. Bonne idée.
 
   Ma petite déception STL vite digérée a eu un avantage, c'est que n'ayant fait que la moitié de la course en intensité et une sorte de long footing de récup sur la deuxième moitié, je n'ai également qu'à peine 50% des courbatures qui habituellement me paralysent la semaine suivante. Une petite heure de footing allure réduite le jeudi midi me confirment que je n'ai quasi pas de trace musculaire. Madame ayant prévu de courir à 11h, c'est donc moi qui m'aligne à 9h pour la course dite "C.E.". Ca a beau être pour la bonne cause, c'est pas pour ça que ça me donne une pêche matinale et je me demande bien ce que je suis venu foutre là au lieu de rester au lit.

   Inscription pour tout le monde, je retourne à la voiture poser quelques affaires dont les T-shirt de la course, mais n'arrive pas à me découvrir. A la base je suis venu faire la course en mode footing, je garde donc l'essentiel sur le dos. Retour juste avant le départ, n'arrive pas à retrouver la famille et je sais pas pourquoi mais me voilà en première ligne. Ah si voilà le boy, juste le temps de lui laisser les clefs de la voiture, c'est parti. Et du mode footing initialement prévu, puisque je suis devant me voilà lancé en mode sprint avec tous les autres. A jeun et sans échauffement, ya des fois où il doit me manquer quelques neurones.

   Seb est quelques mètres devant et je connais son potentiel sur ce type de format, faut p'tet pas non plus rêver. Xavier me rejoint et je me dis que c'est déjà plus à ma portée. On rejoint la digue et je continue sur ma lancée. Pas de montre, pas de GPS, pas de pod, cas rarissime pour le runner-geek que je suis. C'est donc au feeling que j'avance, avec juste Xavier en point de mire. Autour de moi ils sont tous en short/t-shirt, moi j'ai corsaire, manche longue, polaire, gilet Wind&Warm, buff bonnet et gants. Soit plus que pour la nocture dans les monts du Lyonnais. Tout est normal.

   Les deux premiers kils passent vites, j'ai une bonne foulée et je gère la mise en route. On traverse l'Isère sur le pont de l'Ile d'Amour, j'entrouve le gilet. 4000m j'ouvre le col de la polaire. 3000m j'ouvre totalement le gilet. 2000m je fais tomber le bonnet, puis à 1500m le buff. Un coureur avec un t-shirt des 100km de Millau me remonte, j'essaye de m'accrocher mais commence à en baver. Un spectateur hèle mon pseudo et me félicite pour mon "footing" de récup. Kikoureur j'imagine, ou p'tet lecteur du blog. Les neurones asphyxiés ou pas encore réveillés, je n'arrive pas à le reconnaitre mais ça me fait marrer. 1000m, les jambes vont toujours bien mais j'ai le coeur au fond de la gorge. Xavier a une vingtaine de secondes d'avance, j'hésites à relancer pour le rejoindre, pis bon, ça ira comme ça pour aujourd'hui. Je me contente de garder l'allure sans finish d'antologie. Reste 500m, j'enlève les gants. Le temps de chauffe est atteint, mais c'est l'arrivée. Dans les 26'30 pour 7km,  comme dira Remy, "pas vilain" à 6j de la Sainté.


   Je retrouve la famillia, mange un morceau puis me change, et c'est au tour de Madame. On remonte le parcours avec les enfants pour regarder les premiers arriver. Quelques clichés plus tard, on a raté l'objet de nos encouragement et la retrouvons à l'arrivée, 2mn de gagné sur son précédent temps. Well done. Pour finir la matinée en beauté, el'Boy accroche son dossard pour en découdre avec les 5-6 ans. Un tour de reco, deux en course. Une médaille de plus dans l'escarcelle qu'on ira fêter autour d'une bonne pizza. L'est pas belle la vie?




L'album de la matinée, assez pourri car à partir du téléphone: Cross des Enfants Malades 2011

lundi 5 décembre 2011

Saintelyon 2011 - La revanche d'humi(l/d)ité

  Par quoi je commence?

  Une reprise d'entrainement en Septembre, des lombaires un peu récalcitrants en Octobre (merci Fred), mais une série de bonnes séances d'entrainement en Novembre. J'ai retrouvé de la vitesse, et la grosse patate à J-15. L'enchainement Semi de Vénissieux - Cross de St Egreve montre que j'ai également un bon seuil et un minimum d'endurance. De quoi confirmer la victoire de 2009 et envisager sereinement de s'attaquer aux 6h30 que j'avais laissé filer entre Soucieu et Beaunant.

  Le matin du jour J, ou de la nuit N, mal dormi, j'suis dans un moyen coltard. Est ce la pression? J'ai du mal à me projeter sur la course, me demande si je ferai pas mieux de la faire en mode touriste. Quelques heures plus tard, Remy & Mickael passent me chercher et on chope une navette à Gerland. Bondée et surchauffée de coureurs en lycra, on entre dans l'ambiance, je commence à sentir la motivation qui monte.

  Au parc des expos on récupère nos dossards "Elite". J'ai en effet le bonheur d'accéder au sas préférentiel sur la ligne de départ. Certes le chrono visé devrait me permettre de rentrer dans les 100 premiers, mais me voir mentionné "outsider" sur un site web m'a doucement fait rigoler. Dans le meilleur des cas, les vrais élites vont quand même me mettre dans les 1h30, presque 1/4 de mon temps de course !

  Quoi qu'il en soit j'suis bien content de ce status privilégié, merci Michel. Dehors il flotte plus ou moins continuellement. Après m'être posé quelques temps dans le hall avec Philippe, un de nos autres collègues d'entrainement, je laisse mes trois compères et file au Flore pour diner avec la bande de Kikous. Je fais un tour des tables pour dire bonjour mais ne reconnaitrait pas grand monde. Magie des forums où l'on peut se côtoyer régulièrement sans mettre un véritable nom et visage sur une personne. Je m'installe en compagnie de Corto, MamanPat, Sarajevo et deux de ses potes. Un bon plat de pâtes assaisonné de diverses vannes sur mon statut de "champion", heureusement que je ne suis pas le seul à avoir un dossard à 2 chiffres :)

  Les ultraluminés de la LyonSaintéLyon débarquent et nous donnent quelques infos sur l'état du parcours. C'est plus gras qu'en 2009 mais praticable, ya du vent glacial sur les crêtes mais on l'aura de dos sur le retour. Bravo les gars, repartir après 69km et deux grosses heures de pause, ce doit être un truc de fou. Cela me permet aussi de visualiser quelques noms bien qu'ils ne me connaissent pas forcément, Arthur en tête mais également Biscotte et quelques autres acolytes. Toujours présent, Mister JMT, spectateur photographe en 2009 et qui m'avait accueilli avec son éternel sourire à l'arrivée. S'il savait, sa photo de l'époque va certainement sauver ma course...

  Vers 22h je file m'équiper bien au chaud dans la salle voisine. Ya pas, cette organisation un peu parallèle me va vraiment bien. J'aime bien la grosse foule de l'évènement, mais être un peu à l'aise pour se préparer et ne pas faire 30mn de queue pour les toilettes, c'est un luxe que je ne me refuse pas. Je retourne dans le hall vers 23h pour poser mon sac, et tombe par hasard sur la bande des autruches. Magali semble prête pour affronter sa première nuit en solo, on avait fait participé à la même équipe lors de notre première édition en relais en 2007. Solide elle fera visiblement une bonne course et termine en 10h, bravo.

  Plus d'échirolliens en vue, à force de dire bonjour à droite à gauche j'ai dû les rater. Dehors il pleuvouille toujours un peu. Tant pis pour le départ des relais, je fait un peu les 100 pas dans le hall maintenant quasi vide et vers 45 part en trotinant pour rejoindre le stade Geoffroy Guichard, à moins de 2km. La ligne droite du départ semble interminable tandis que je la longe via la voie réservée, quelques coureurs se retournent et doivent se demander qui est cette tête inconnue. Sur la ligne je souffle quand même, il y a du monde parmi les "privilégiés" et je ne suis pas en première ligne. J'aide Monsieur Breuil à enjamber la barrière pour nous rejoindre, Ludo Pommeret le suit ainsi que quelques autres têtes d'affiche, Eric Legat, est 2 rangs devant nous, Manu Gault à droite, et j'en passe. J'suis assez peu du genre "Fan De", mais c'est vrai que ça impressionne quand même un peu.

  Musique, départ. Salutations distinguées avec Remy que je laisse vite partir, idem avec Mickael. A l'inverse c'est moi qui dépose MamanPat en lui souhaitant bonne course avec son garde du corps qui la protège de la marée humaine qui fond sur eux. Je prend mon allure. Le bitume défile et jusqu'à Sorbiers les sensations sont pas vraiment bonnes ni franchement mauvaises. Ca m'inquiète peu, moi le genre diesel j'suis pas fait pour les départs canon et il me faut une grosse demi-heure pour me mettre en jambes. Légèrement balloté sans doute d'avoir trop bu avant le départ, les premières côtes de Sorbiers me font rentrer dans la course, l'allure baisse, le ballotement disparait, ça va bien.

  On a commencé à rattraper les derniers relais plus tôt que je l'avais prévu, dès la 25ème minute pour moi. C'est assez rare de voir l'arrière du peloton et sans moquerie, l'écart de vitesse est plus important que je l'aurai cru. Il pleut, pas le gros déluge mais quand même franchement même si on s'en rend pas trop compte, ça se voit à la lumière des lampadaires. Pour autant je suis parti sans le coupe-vent et ça ne me gêne pas. On attaque les premiers chemins, le circulation est dense au milieu des relais, mais on trouve toujours le moyen de passer. C'est réellement moins pire que je le redoutais et ça le restera tout au long de la course.

  St Christo premier pointage, sur les bases de 2009 et des 6h30. Comme prévu je zappe le ravito et m'alimente dans la monté du Gachet qui est juste après. "Faut pas gacher l'temps" me dis-je en me marrant, ils se reconnaitront. Moreau arrive vite, je suis de mieux en mieux, bien content d'être là. Super content même. La densité de coureur oblige à trajecter un peu plus qu'en 2009, les chemins sont un peu plus boueux et glissant mais c'est gérable même avec mes chaussures de route, pas de problème d'adhérence à la montée comme à la descente. J'ai l'impression de plutôt bien gérer, déroulant quand je peux mais sans jamais vraiment forcer. Le plus chiant à la rigueur est que les pieds ont tendance à un peu trop chasser en latéral quand le chemin n'est pas vraiment plat, je sens que ça travaille au niveau des genoux et je me demande ce que ça va donner sur la longueur. Mais pas sûr que des trails m'auraient donnée plus d'adhérence.

  Descente comme je les aime sur Ste Catherine, juste avant le ravito j'ai une semelle qui se barre dans le pied droit et me retrouve avec le pied en butée à l'avant. En cause sans doute l'humidité/boue, et un lacet retrouvé légèrement "lache" malgré une sensation d'avoir trop serré au départ et un double noeud toujours présent. Chaussure relativement neuve qui aurait travaillé avec l'humidité? Va comprendre. Je fais un arrêt express pour repositionner tout ça, ça ne bougera plus.

  Dans les bois qui mènent à la descente de l'Arfeuille, je commence à ressentir une certaine lassitude dans les jambes. Mes souvenirs de 2009 sont flous à cet endroit, mais j'avais eu plutôt l'impression de "survoler" l'étape. Je tente de me rassurer en me disant qu'on oublis vite les mauvaises sensations, surtout comparé à la suite. Pourtant je sens bien que dans la descente pourtant rigolote je ne peux pas me lacher comme je le fait d'habitude et que je suis obligé de gérer pour pas me cramer. Ça m'empêche pas de descendre plus vite que tout le monde, relais compris, mais c'est pas vraiment ça. Pas musculaire, plutôt un état général. Ya une règle en ultra "la forme, ca revient". Bon on s'alimente et ya qu'à patienter.

  J'arrive à St Genou et là plus de doute, je manque de jus. Bizarrement le chrono est toujours bon et je suis dans le tableau de marche. Il a bougé ce ravito, c'est une tente et plus la grange sympathique (mais exigüe), du coup j'sais pas bien si on est vraiment au même endroit. Ça devrait quand même me remotiver, mais question sensation c'est la bérézina. Quelques douleurs minimes, les genoux un peu à cause des appuis fuyant (tendon du quadri), mais la pluie a cessée et le terrain va s'améliorant. Un peu les ischios aussi alors qu'ils me laissent généralement tranquilles et qu'on à peine attaqué les parties descendantes, m'enfin rien de bien gênant. Par contre je commence vraiment à me sentir vide, batterie à zéro. En seulement 35km? J'ai beau faire le point, je comprend pas. Depuis le début je gère, je sens bien que musculairement j'ai pas forcé et je me suis alimenté correctement. Et si mon entrainement un peu léger en volume pouvait laisser entrevoir quelques difficultés sur la toute fin de course, là c'est quand même très très tôt.

Photo: Maxime Jegat
  Peut être une petite erreur, pour éviter de tergiverser je limite au maximum l'arrêt au ravito et me contente de refaire le plein d'eau. Après tout j'suis chargé comme un sherpa et j'ai tout ce qu'il me faut à manger, autant filer. Mais la longue descente qui mène à Soucieu se transforme en calvaire. Je sens bien que je réduit l'allure et sur ces douces pentes, que ce soit sur chemin ou bitume, j'avance plus. Le chrono s'envole, du moins c'est ce que je crois. Tant pis, j'en fais mon deuil et j'arrive à calculer qu'en réduisant l'arrive, je devrais quand même terminer autour des 7h, c'est pas grave. Mais il est où ce ravito? Ca devient de plus en plus dur et sur les faux plats qui mènent à Soucieu je suis même obligé de me mettre à marcher. Au 42ème kil? Ahhh là ça le fait pas. Quelques kikous m'encouragent en passant, je reconnais Yannick avec qui j'avais partagé un bout de chemin ya 2 ans: "le ravito n'est pas loin". J'sais bien, mais quand ça veut plus... Si j'avais eu la présence d'esprit de regarder mon antisèche, j'aurai vu que je suis arrivé à Soucieu avec seulement 2mn de retard par rapport à 2009... Pas sûr que ça aurait suffit à me transcender, mais je me croyais beaucoup plus à la rue...

  Entrée dans le gymnase de Soucieu avec le moral au fond des chaussettes. Ya la frangine qui explose son forfait SMS en prétextant une insomnie enfantine, des sacs à vin qui finissent leurs bouteilles en m'encourageant, ça me fait marrer mais ne suffit pas pour recharger la batterie. Je l'avais pourtant répété au diner, "s'arrêter à Soucieu, c'est l'abandon assuré". Oui mais là j'suis vidé, plus rien. Alors soluce de secours, prendre son temps, refaire le plein, et tenter de retrouver un chouilla de motivation pour continuer. Le chrono est définitivement mort mais c'est pas ce qui me dérange le plus. Là vu mon état de forme, j'suis même pas sûr de pouvoir courir jusqu'au bout. Il est 4h30, 22km en marchant, c'est dans les 5h de rabe pour rejoindre l'arrivée. Arriver coute-que-coute en marchant, j'ai déjà donné sur le raid du Morbihan cet été, une fois par an c'est assez pour satisfaire mon masochisme latent. Le gros hic c'est qu'étant particulièrement frileux, autant un 21 Juin j'ai supporté de marcher dans la nuit, autant un 4 décembre même particulièrement doux, je sens le gros plan galère ou je vais claquer des dents avec une couverture de survie sur le dos. Évidemment à ce moment là tout est noir, j'suis définitivement pas fait pour les course de plus de 30km, j'avais me remettre au cross Saucisson plus adapté à mon potentiel d'entrainement, n'en jetez plus la coupe est vide. :)

  Je mange quelques morceaux, prend un café. Je quitte également mon débardeur trempé de sueur et remet le Mizuno thermo à même le corps, enfile le coupe-vent pour tenter de me réchauffer. Les minutes filent, l'envie de repartir ne vient pas, j'ai définitivement trop peur du froid. Je zieute les passants. Certains sont en plein rush, à peine le temps de reconnaitre Philippe, je le hèle mais il s'envole vers la sortie. Va, pas le courage de lui courir après, il s'en va pour finir sous les 7h, génial. Ogo avec qui j'ai echangé quelques mots à Sorbier n'est par contre pas bien frais non plus, et j'sais pas vraiment comment l'aider. Je ne sais pas non plus ce que j'attends, un déclic, l'arrivée de MamanPat qui si elle tient son chrono ne devrait plus être loin, n'importe quoi d'autre qui pourrait me remotiver. A 5h le déclic se fait, mais dans le mauvais sens. Trente minutes que je suis là, ras la frontale, j'arrive pas à me réchauffer, je lâche l'affaire. Pas de navette avant 7h, je tente d'appeler Eve qui est 4ème relais, logiquement dans les parages puisque j'ai doublé ses amies avant St Christo. Effectivement elle est prête à partir à l'extérieur du gymnase. Je lui lance un SOS, elle me répond compatissante avec le numéro de tel de sa copine, encore dans Soucieu et qui peut donc me rappatrier en voiture jusqu'à Lyon.

  Voilà, c'est pas glorieux, j'suis pas blessé ni totalement cassé en 2, mais si je sais que je vais le regretter ensuite je ne me vois vraiment pas tenter la pneumonie en continuant. J'ai rien à prouver, rien à gagner. J'appelle. Pas de réponse. Je temporise, continue à regarder les coureurs affluer. Deuxième tentative, répondeur. Tandis que je laisse un message, je tombe sur Pascalou, illustre coureur à la chemise Hawaienne. Il est vautré contre un mur et je vois immédiatement que c'est pas non plus un jour avec. On avait terminé quasiment ensemble en 2009, et c'est justement avec lui que Jean Michel Touron m'avait tiré le portrait qui allait illustrer mon récit. Je lui demande "C'est le genou?". Croisé au départ, il m'avait parlé de douleurs qui lui faisait viser un objectif en retrait. "Non, vidé, plus de jus. J'ai l'impression d'avoir déjà fait 100km". Bingo. J'veux dire j'ai jamais fait 100km, mais j'imagine bien que ce que je ressens doit s'apparenter à ça. Et quelque part c'est le déclic que j'attendais.

  En deux temps trois mouvements je lui propose de finir ensemble, rappelle Eve pour qu'elle annule la voiture balai, et nous revoilà parti à l'assaut de ce final impartial. Bon a deux ça passe mieux, mais c'est quand même pas ça qui nous redonne des ailes. On avance gentiment, en courant, mais je sens bien que l'un comme l'autre on ne pense qu'à marcher. Sauf qu'à deux, tu veux jamais être celui qui sonne le glas et qui va retarder l'autre. Donc on repousse continuellement l'inévitable et au final, on court plus qu'on ne marche. Du coup le coupe vent est suffisant et je reste suffisamment au chaud. Bref on avance on avance même si on a pas assez d'essence (on verra peut être un jour pour la route dans l'autre sens)...

  Les kils défilent comme ils peuvent et pour passer le temps et surtout penser à autre chose, on discute. Monsieur en est à sa 11ème STL, respect. Je profite de quelques unes de ses anecdotes. Son record?  Un chrono stratosphérique de 5h il y a quelques années. La course était un peu plus courte, mais quand même. "T'as gagné? - Non, c'était l'époque de Trottet, je fais 9ème, avec toutes les montées en marchant". Respect bis. On fait un rapide point sur notre défaillance respective, mais comme il le souligne, il y a des centaines de raisons possibles à cela. Je peste quand même régulièrement, intérieurement ou pas. A ce moment là ça me saoule vraiment d'être là, mais alors vraiment. Je comprend toujours pas que je sois obligé de serrer les dents pour me trainer à ce point, sans que le cardio ni les muscles n'aient l'impression de forcer pour autant. Par contre je souffle comme un boeuf. Je regarde la montre, Remy doit être arrivé et je me demande si je vais pas lui demander de venir me chercher à l'entrée de Lyon.

  Ravitaillement de Beaunant, rapide mais avec quand même saucisson/fromage/café. Je sais que maintenant j'irai au bout. A la sortie voilà Eve qui est au milieu de son relais. Un sourire, elle me propose de l'accompagner. Houla, trop rapides les donzelles, je décline et retrouve mon Pascalou qui s'inquiète. "Tu continues hein?". L'un comme l'autre je pense qu'on aurait pas été aussi loin ni aussi bien si on avait continué en solo. On reprend nos discussions en marchant tranquillement le long de l'aqueduc. Ste Foy, mademoiselle Cathy est en footing dominical et vient nous saluer. Ils se connaissent bien, Pascal m'explique qu'il lui a servi de lièvre lors de sa victoire de 2007 et qu'en 2009 alors qu'ils terminent 5mn devant moi, il avait cravaché 50km après l'avoir vite perdue et la croyant devant. Elle le rattrapa dans le parc de Chaponost, lui partiellement rincé et obligé de s'accrocher jusqu'à l'arrivée.

  Dernière descente, les quais de Saone. Déjà interminables quand t'es en mode ultra-boosté pour pêter un chrono, ils le sont encore plus quand t'es en phase survie vers l'arrivée. Mais bon, on court toujours, c'est déjà ça. Petite boucle à Confluent que je n'avais pas faite précédemment, puis les quais du Rhone. Maintenant, je reconnais la proximité de l'arrivée. Inconsciemment notre allure a dû un peu augmenter, et à moins d'un kilomètre du stade on rattrape Eve et sa copine qui en terminent de leur relai. Alors ça c'est que du bonheur. Embrassade, on fait les derniers hectomètres ensemble, les miss nous faisant même sprinter pour finir la main dans la main en passant sous l'arche. Après en avoir bavé, ralé et pesté sur les 3 dernières heures, je suis maintenant hilare et rien que pour ce dernier kil, trop content d'avoir continué, enduré et fini. Ça tient à pas grand chose.

  Resterons de cette course une petite déception chronométrique (mais 7h43 quand même), une "gentille" galère passé la mi-course. Mais surtout surtout un gros paquet d'SMS, 3 bonnes heures à discuter avec un gars super, et une arrivée mémorable avec une amie. Et ça c'est trop bon. Vivement 2012 pour la belle...

samedi 3 décembre 2011

STL - Starting Block

Derniers préparatifs, il me reste 25 trucs à finaliser avant que Remy & Mickael ne passent me chercher. Direction Gerland (ligne d'arrivée), puis navette pour St Etienne. Pour les footeux, cette année le départ sera donné à Geoffroy Guichard que je ne suis même pas sûr de savoir orthographier. Dire si ça m'émeut :)


Prévisionnel des temps de passage. L'objectif est avant tout de passer sous les 6h30 après mes 6h38 ya 2 ans, ce qui devrait logiquement me faire rentrer dans les 100 premiers. Si ça veut bien rigoler ça pourrait faire un peu moins à l'arrivée, mais sur ce genre de distance c'est jamais gagné. De toute manière sur ces durées de course je regarde assez peu le chrono et court surtout aux sensations, mais ça pourrait servir de motivation dans le final.

A confirmer une fois sur place, mais il y a des chances pour que j'ai accès au "Sas VIP", j'ai même été mentionné comme "outsider" sur un site web. Quelle rigolade. Si c'est le cas ça va quand même être bien pratique avec la possibilité de se chauffer et de se placer au dernier moment sur la ligne de départ. Et ensuite regarder tous ces vrais champions partir à la vitesse de la lumière pour boucler la STL probablement sous les 5h. Perso ça sera départ prudent, et il ne serait pas étonnant que je sois encore au delà des 200ème jusqu'à Moreau ;)

Le prévisionnel 6h30 par SoftRun, avec mes temps 2009 entre parenthèse:


St Christo: 01:30 (01:23)
Moreau: 01:59 (02:08)
St Catherine: 02:43 (02:32)
St Genou: 03:33 (03:28)
Soucieu: 04:30 (04:14)
Beaunant: 05:30 (05:26)
Lyon: 06:06 (06:10)
Arrivée: 06:30 (06:38)


C'est entre Soucieu et Beaunant qu'en 2009 j'avais eu un peu plus de mal et sans doute laissé filer la "Sainté d'Or à 6h30", et j'étais bien reparti ensuite. Le final a un peu changé depuis, ils ont supprimé un bout de cote à Croix Rousse qui déplaisait à tout le monde. Ca devrait faire gagner un peu de temps. 


Par contre sur les 2 premières heures il va falloir qu'on rattrape un maximum d'équipes en relais, il partent 15mn avant nous. C'est un peu paradoxal mais à part quelques équipes venu gagner les courses en relais, la majorité des autres équipes sont composées de coureurs pas forcément plus rapides que nous. D'ailleurs lors de mon premier relais en 2007, j'étais arrivé à St Christo plus tard que lors de mon passage solo en 2009.

Bref ça risque de nous compliquer un peu la tache jusqu'à Moreau, j'ai compté de l'ordre de 900 équipes à doubler. Il faudra prendre son mal en patience et ne pas dépenser de l'énergie inutilement. Ensuite ça sera plus espacé et ça ne devrait plus être gênant, voire un avantage en fin de course car il y aura plus de monde sur le parcours, donc toujours une personne à qui s'accrocher en cas de moins bien.


Les dossards du suivi sont pas encore à jour (c'est encore les temps de l'an dernier ou j'ai mystérieusement couru :p):

Le suivi Live est ici: http://www.sportcommunication.info/CHRONO/saintelyon/2011/live.php

A suivre en particulier, mes partenaires d’entraînement:
 - Remy Marcel
 - Mickael Van Exe
 - Philippe Lorenzo

Les tweets que j'enverrais avant et si possible pendant la course:
http://twitter.com/#!/BelBlog


Il y  a aussi Eve qui court sur le 4ème relais d'une équipe féminine et qui va donc attendre toute la nuit avant de s'élancer de Soucieu, ainsi que quelques autruches Villemoiriennes que j'aurai plaisir à retrouver avant et après la course.


Allez c'est pas le tout, mais faut finir le sac.


Pour ceux qui sauront pas quoi faire entre 2 pointages, vous pouvez toujours relire le récit de 2009 qui est listé à droite.

lundi 17 octobre 2011

En single aux balmes viennoises

   Le club "Leo Lagrange" organisait un gros week-end de CAP, avec courses natures le samedi (14 & 29km) et sur route le dimanche (7/10/21), agrémenté de courses d'enfants. C'est bien aussi de trouver des courses le samedi, ça permet aux couples comme le mien de pouvoir courir le même week-end sans qu'un des 2 parents soit en garde des trolls.

   Peu de dégâts suite aux 10km de Romans la semaine dernière, c'est relativement inhabituel et confirme que j'ai été bridé une bonne partie de la course sans me faire vraiment mal aux guiboles. Mardi un test VMA m'annonce 18.6, pas exceptionnel mais pas si mal non plus, assez cohérent avec mes sensations actuelles: la vitesse revient. Mercredi footing tranquille à plat, et jeudi une plutôt bonne séance avec alternances de cotes courtes et de seuil sur 4'. Beaucoup de monde au club en ce moment et l'effet groupe n'y est certainement pas étranger.

   Samedi je décide donc de compléter cette bonne semaine avec le 29km sur les hauteurs de Vienne. Une bonne sortie longue en profitant de l'organisation plutôt que de courir 3h tout seul autour de chez moi. J'analyse le (nouveau) parcours qui s'annonce relativement roulant et cumule 900m D+. Je me fixe comme unique objectif de tout passer en courant, ce qui devrait accessoirement me permettre de tenir les 10km/h de moyenne.

   Brouillard sur la vallée, il caille. Je profite du report du départ de 30mn (blocage d'autoroute A7) pour dorm m'adonner à la concentration contemplative dans un coin du gymnase. Dehors les gens sérieux s'échauffent à tout va sur la piste en terre, presque 200 participants au total des 2 parcours. Je me place en fond de grille et profite du premier kil à plat pour me mettre dans le rythme. La première côte cumule 200D+ d'une traite et est assez régulière. Parti tranquille, ça me chauffe le cuissot mais j'arrive à la passer sans me mettre trop dans le rouge. J'ai remonté un peu de monde et les places se stabilisent dans la longue pente douce qui nous amène jusqu'au 6ème. Je double quelques gars dans une courte descente technique, puis c'est la séparation des parcours.

   A partir de là, je me retrouve tout seul. Pas un gars à l'horizon ni devant ni derrière. Merdalors, j'ai pas traversé l'Isère pour courir en solo? Coup de bol, les 10km suivant sont sur le plateau, quasi exclusivement en sous-bois et assez souvent via des petites coupes en single hors des sentiers "tracés". Du coup c'est assez varié et même isolé je me fais assez plaisir. Je ne force pas et maintien une bonne allure de footing en me disant que je vais bien finir par retomber sur quelques coureurs. Une heure plus tard je suis toujours seul, heureusement qu'il y a des bénévoles pour échanger quelques bafouilles aux croisements et ravitaillements. On m'a annoncé autour de la 30ème place et j'en déduis que mes 11-12km/h doivent correspondre à la vitesse de ceux qui m'entourent. Un officiel avec qui je plaisante de mon status "isolé" m'accompagne quelques centaines de mètres en vélo. Il me dit de garder du jus pour la deuxième partie de course qui est plus ardue.

    Au 15ème on patauge brièvement dans un superbe petit ruisseau encaissé, et à partir de là ça se corse effectivement. Sur 10km, une succession de petits coups de culs de 50 à 100m D+. Jamais bien long ce qui n'en fait pas des murs infranchissables, mais pour les passer en courant je suis quand même obligé de bien m'y employer. Ah mais oui mon bon monsieur, mais c'est l'unique objectif du jour alors on s'applique et on serre les dents. Ces actes de bravoure me vaudront quand même de belles courbatures le lendemain :)

   Au 26ème, je désespère. Un bout de talus de quelques mètres anéantis tous mes efforts, impossible de courir quand t'es obligé de t'accrocher aux arbres pour grimper. Je me marre et le signaleur à son sommet console mon (petit) désarrois en m'indiquant que pas un coureur n'a pus passer sans marcher. Snif. Je quitte cette quasi dernière difficulté et file doucement vers l'arrivée. J'ai finalement ramarré quelques coureurs dans les dernières bosses, mais je n'ai pas grand chose à gagner et la dernière grande descente (identique à la montée du départ) est négociée tranquillement en roue libre, j'ai déjà bien tapé dans les jambes pour aujourd'hui.

   Arrivée dans le stade en 2h54, pile le chrono prévu, probablement autour de la 25ème place. Bien en forme mais j'ai quand même senti qu'il ne m'aurait pas fallu beaucoup plus de dénivelé à ce petit jeu du "court toujours". Par contre j'avais encore les cannes pour bien dérouler dans le final. L'endurance est là, la vitesse aussi, reste à bosser la résistance seuil qui a manqué à Romans, et maintenir un minimum de D+ pour passer les 1000m sans trop forcer.

   Pour finir, je tiens à féliciter les organisateurs pour ce très très joli parcours dans les bois. L'optimisation du tracé avec un minimum de route et la multitude de petits singles en font une course particulièrement agréable et j'y ai pris beaucoup de plaisir même "en solo". Principalement roulant, l'augmentation de la difficulté sur la seconde moitié n'en fait pas un parcours facile et il ne doit pas être évident à négocier "allure course", donc intéressant. Le balisage était surabondant sur la première partie, plus espacé ensuite mais toujours suffisant dans les sections risquées. Enfin, un sans-faute total pour la gentillesse et la disponibilité des bénévoles. Bravo.

Courbes:

dimanche 9 octobre 2011

La crise chronométrique de Romans

   Remise d'un dossard après quelques mois d'abstinence. Dans les milieux autorisés, l'analyse des dernières fluctuations saisonnières tendraient à faire croire à un frémissement sensationnel, à moins que ce ne soit qu'une sensation de frémissement, bref que la forme serait pas loin de pointer le bout de son nez. L'illusion est parfaite en séance, mais la tendance de la cote officielle n'en est pas meilleure et votre serviteur en personne ne mettrait pas 2 sous d'hypothèque sur une quelconque performance au prochain bilan. Un maintien au sein du Cac40 ne serait déjà pas si mal...

  Ligne de départ, température idéale, route humide mais la Drome s'est sorti de la morosité qui baigne encore l'Isère depuis le matin. Bien placé aux avants postes, je discute avec Laura, et avises quelques tradeurs connus: collègues de l'A.L.E, cambistes du CMI, l'boss de Kikourou en décrassage post-24h. Laura donc, avec qui j'ai fait mes dernières sessions de torture et qui a une maitrise de ce type d'exercice bien meilleure que la mienne. Bien bien meilleure même, si bien que le simple objectif de rester à son contact me parait déjà une perf en soit.

   Pan. Premier 300m, c'est l'inflation. Deuxième 300m, les marchés spéculent toujours. Ho on se calme, à ce rythme je verrais même pas mes gosses à la fin de la première boucle, je laisse partir Laura. Premier kil, 3'36. Ok ok, vendez tout, la bulle ne tiendra pas. Je tente de reprendre un rythme plus à ma botte, mais le flot des coureurs m'entraine sur des taux d'échanges encore trop élevés. Troisième en 11'20. Sensations pas trop mauvaises mais on attaque la partie "ardue" de ce parcours plat, la (très légère) montée du cours suivi d'une longue inflation côté gare, qui plus est vent contraire. Je récupère Mathias, on s'échange des positions et nos valeurs sont en pleine corrélation.

  Cinquième en 19'15, ça serait bien dans mon portefeuille mais je sens que j'ai pioché dans la caisse, mon A.A.A va se dégrader sous peu. Longue ligne droite de l'arrivée, Mathias a repris du poil de la bête, ou plutôt c'est moi qui fléchis légèrement, il emmène un groupe de coureurs qui me prend quelques mètres. Mais passé le 7ème dans la transversale vers la gare, c'est la récession, tout s'écroule. Je coince franchement, impossible de tenir les 4'00 au kil que je m'étais fixé comme limite max, explosion du déficit temps. Il va falloir relancer, mais je sais pas où trouver le jus. Une crise de confiance en quelque sorte, parce que le bilan physique n'est pas si mauvais.

   Mon sauveur prend forme, et quelle forme, en l’impressionnante carcasse du Greenback, pardon - de Green Chaud -,qui  m'incite à effacer ma dette et revenir batailler sur le marché des secondes. Son économie est en plein essor avec croissance record au 5000, ça le surmotive visiblement et je profite tant bien que mal de cette locomotive industrielle. Au neuvième le gros du boulot est fait, reste plus qu'à débloquer mes positions jusqu'à l'arrivée. Un dernier rush comme je les aime, l'arrivée, j'empoche mes 39'24 et cloture cette séance passablement lessivé.

   Un grand merci au billet vert de m'avoir sauvé la mise au plus profond de la crise :)

samedi 12 février 2011

Inter Regionaux de Cross

   Un dimanche à Annonay, les inter en spectateur, ça donne quoi? Une meute de langues pendues où le plus lent devait avoir une VO2max de 70, sur un beau parcours cross comme on les aime. Un peu de plat autour du stade, puis de belles collinettes et relances, passages dans les bois, le tout en 5 boucles, un régal pour le public.

   On se déplace en famille(s), et on rate donc forcément les féminines. Dommage, elles ont fait une belle course. La suite se fait à travers l'oeilleton de l'appareil photo. J'ai toujours un peu de mal à me concentrer sur les compo / focale / obturation (tout en donnant un peu de la voie pour encourager), et suivre en même temps l'évolution des classements. Enfin voilà ce qu'en ai retenu:


Hassan Chahdi
  Encore espoir, et tellement vainqueur. Il part doucement, ne pointe que dans les 20 à la sortie du stade, et il faut attendre un tour avant de le voir en tête. No stress, je pense qu'il ne doute pas un seul instant de sa supériorité. D'ailleurs les autres non plus. Je ne sais plus qui a commenté à l'arrivée "on savait qu'on se battait pour la seconde place, et qu'il partirai quand il aurai envie".

  De fait, la course se fait à 4 pendant la première moitié de course, puis Monsieur Hassan s'envole. L'écart à l'arrivée n'est pas énorme, 7 petites secondes. Mais c'est largement suffisant.

 Treizième aux France l'an dernier, il remporte en fin d'année le championnat d'Europe espoir. Il sera interessant de voir sa progression parmi l'élite cette année.

  Autres photos: 25, 112, 66, 249  

Thibaud Nael

   Costaud le monsieur, il impressionne par sa puissance. Tout de suite aux avants poste, il fait la course dans le groupe de tête jusqu'au bout, et se place, comme aux régionaux, en dauphin d'Hassan suite à l'accélération de ce dernier. C'est d'ailleurs le seul à vraiment rester au contact.

   En cross court l'an dernier, c'est sur le long qu'il montrera les couleurs d'Andrezieux cette année.

   Autres photos: 5, 27, 114  









Etienne Diemunsch

   La star du peloton. Après peut être Hassan, c'est sans conteste le garçon le plus encouragé par le public. Crosseur, Duathlète, Triathlète, Traileur, c'est un touche à tout, mais toujours devant.

   Il passe avec 7s de retard sur Pantel et Merzougui en haut de la bosse, et fait un dernier tour de folie pour compléter le podium avec 17s d'avance sur ces derniers. 

   Autres photos: 6, 27, 69







Le Podium


Dans les 10
Pierrot Pantel, Hakim Merzougui, El Houssin Mouzoun, Julien Masciotra, Laurent Gigante, Carlos Da Silva




  Tout plein de félicitations au potes d'entrainement, on va pas aller jusqu'à dire que je vous enviais, mais ça faisait bien plaisir de voir cet arrachage de tripes généralisé. Oui bon, sauf Thibaud, comme quoi on peut encore faire le touriste aux Inter :p. Dommage que certains n'étaient pas au mieux pour défendre leur billet mérité pour les France. Et puis un bravissimo tout particulier au Dam d'abord pour sa belle course, ensuite pour m'avoir fait l'honneur des plus belles photos de l'album (quoique le coach est pas mal non plus) :) 

Dam "Volverine" Vogoy'
 
  L'intégralité des photos se trouvent là: Photos Belblog. Usage libre, mais merci de mettre un backlink sur ce site en cas d'utilisation sur site/blog.
 

lundi 31 janvier 2011

Regionaux de Cross 2011

   Trois semaines après mon footing de reprise aux départementaux, on reprend les mêmes et on remet ça pour les régionaux. Le cross c'est une vocation, un sacerdose, le chemin de croix du coureur, la remise en question annuelle de sa foi. Ca serait payant j'dirai même que c'est une secte avec un parcours initiatique à revalider chaque saison. Sérieux, faut croire qu'on aime ça car il y a plus de 2000 timbrés de tous ages venus d'un peu partout dans la région pour se cailler les miches dans l'est Lyonnais. Un truc de dingue. Brouillard givrant et -2.5°c au départ de la maison, à peine plus sec et autour de zéro sur place. On a même droit à quelques flocons. Pas de tempête de neige avant le départ, dommage, j'aurai pas mon trail blanc cet hiver...

   Reconnaissance du parcours, roulant avec une pelouse bien tassée et juste dégelée, plat mais pas tant que ça. Une gentille descente au départ, quelques relances, une ligne droite interminable suivi de sa petite sœur à peine plus agréable, puis des variations diverses avant une bonne remontée vers la ligne d'arrivée. On profite de la course des filles pour s'échauffer... plus ou moins bien, mais quand même pas si mal. Enfin n'importe comment en coupant le parcours dans tous les sens, mais en donnant de la voix pour les encouragements, on oubli qu'on a froid. C'est qu'elles vont bien les damoiselles de l'ALE! Parce que sinon ça meule quand même sévère. Quoiqu'au final, pas tant que sous la flotte glaciale des départementaux.

   Mise en ligne, il y a de tout dans le peloton. Des routard au taquet, de l'UTMbiste égaré, des shorts à pointes et des collants en baskets, de l'anonyme en pagaille et du champion d’Europe. Et j'parle pas des spectateurs de luxe, tous autant affutés. Pan, départ de 400m, on a beau le savoir, c'est toujours impressionnant, vla l'énergie cinétique en cavale au bout de la ligne droite. Je me fait happer par la masse pendant que certains font des cabrioles. Ça bouchonne un peu dans les premiers virolos, je me faufile pas trop mal derrière Benjamin. Mais dès la première ligne droite il force le rythme. Je sais que je suis sans doute déjà parti trop vite pour mon état de forme actuel, alors je le laisse faire.

   "Allez Remy". Un encouragement derrière moi, je ne me retourne pas, il doit être dans mon dos. On discute un peu de mon retour dans le peloton avec Manu du CMI, puis c'est Thierry qui me rattrape. Oula, qu'est ce qu'il fout là? Ou plutôt, qu'est ce que JE fous là? Bon il me rassure en m'expliquant son départ chaotique et prend le large. Au tour de Remy de me remonter, il semble facile, j'essaye de m'accrocher. Jusqu'à la fin de parcours où ses qualités de grimpeur font immédiatement la différence malgré le faible pourcentage de pente. C'était prévisible et je le laisse partir. L'écart n'est pas énorme mais j'commence justement à payer le départ rapide et impossible de revenir au train, mètre par mètre, il s'envole.

  La première grande boucle a même du mal à passer. Le cardio n'est pas excessivement haut mais j'ai pas de souffle, les cuisses et les ischios ralent un peu trop pour m'inciter à faire plus, je suis obligé de gérer. Pas le jour pour tenter un quitte ou double qui aurait trop de chance se finir en agonie. J'en profite pour regarder un peu la course de ceux qu'on croise, et me fait passer par quelques gars dont Renaud du CMI, que je laisse filer doucement.

   Dans la deuxième boucle, j'atteins enfin la température de chauffe, d'un coup je n'ai plus froid aux mains. C'est dingue, il me faut toujours au moins 20mn pour être dedans. Prochaine fois je fais le cross court avant d'entamer le long :) Bon on est encore loin de l'arrivée, alors sans aller jusqu'à l'euphorie d'une tentative de remontée, je gère mon allure et garde ma place, en gentille bataille avec des gars de l'ESL et de Tassin. J'ai d'ailleurs l'impression de ne plus trop perdre de terrain sur Remy ou Renaud que j'ai en toujours en ligne de mire. Hassan Chahdi entame son dernier tour en me prenant un. Quelle allure ! Impressionnant. J'avais oublié qu'il avait fait de même l'an dernier :)

   Début de dernier tour, je me sens finalement assez bien. Le souffle toujours un peu court mais les jambes sont là. Je décide d'en remettre une couche et lâche le groupe dans lequel je suis pour tenter de ramarrer celui qui nous précède d'une grosse cinquantaine de mètres. La longue ligne droite est enquillée à bon rythme et je me rapproche. Ensuite... ben ensuite les autres ont du flairer l'arrivée et commencer à produire leur effort eux aussi. Sans avoir l'impression de vraiment soulager, le retour se fait moins facilement. Je reprend un ou deux gars qui coincent, mais visiblement impossible de remonter jusqu'aux CMIstes que je visais, je lâche l'affaire. Bon faut dire que j'ai pas non plus la motivation du siècle pour me sortir les tripes, ça va bien comme ça.

   Une dernière montée en intensité pour larguer le dernier type doublé, même pas l'occasion de faire un vrai sprint, je coupe l'effort avant la ligne d'arrivée et fini en marchant. Objectif(s) rempli(s). J'étais là pour une bonne séance de seuil, et avec à peine un mois de reprise, le résultat est même honnête, très semblable à ma course de l'an dernier, presque plus "facile". Le cardio un peu limite, c'était attendu, mais musculairement plutôt bien même si ça a un peu coincé dans le premier quart d'heure. Je finis bien frais et *presque* sans courbatures le lendemain, j'demandais pas mieux. A tout dire, j'crois même avoir pris du plaisir. J'suis bon pour une nouvelle profession de foi l'an prochain :)

   Bravo à Dam qui va avoir le droit de rejouer aux Inter, grosse perf.

Résultats

1. Hassan Chahdi - 33'47  (1618)
2. Thibaud Nael - 34'21
3. Hakim Merzougui - 34'30
.
69. Dam - 39'12 (1394)
.
183. Remy - 44'07 (1239)
.
203/243. Moi - 45'17 (1207)
 


























mardi 11 janvier 2011

Cross de reprise

   On y est, nouvelle année, nouvelles résolutions, nouveaux mollets, ou presque.

   Suite au diagnostique de ma déchirure de l'aponévrose début Octobre, la guérison s'est organisée de la sorte:

  • Phase 1 : repos. Le problème du mollet, contrairement à une blessure identique à la cuisse par exemple, c'est qu'il est toujours sollicité, même pour traverser la rue. Donc 6 semaines de repos complet, même pas de vélo, à la rigueur un peu de piscine avec pull-boy pour les drogués du sport qui ont besoin de faire travailler leur cardio. Genre le conseil du médecin quand j'ai quitté son cabinet: "prenez plutôt l'ascenseur pour descendre". Ok ok, j'ai compris. Bon du coup j'en ai profité pour faire coupure complète, ce qui d'ailleurs correspondait plutôt bien avec ma charge de taf à l'époque.

    Début également des séances kiné pour aider la cicatrisation. Donc massages, un peu d'électro et d'ultrason, et surtout massages. Ya bon.

  • Phase 2 : rééducation. Après 6 semaines on considère que la membrane doit être cicatrisée. C'est théorique et ça m'a un peu inquiété, mais à moins d'une nouvelle écho, pas moyen d'en être certain. Il faut maintenant ré-assouplir tout ça pour éviter que ça pète au premier footing.

    Fini la farniente, les séances kiné se transforment en exercices d'excentrique. Késako? Imaginez un plongeur au 10m, dos à la piscine prêt à faire son triplesaltovrillé. Ben même position sur la pointe des pieds (sur un marche pied, c'est plus facile à installer qu'un plongeoir de 10m), montée sur la pointe à l'aide de la jambe valide, et redescente de la position haute à la position basse sur la jambe blessée. Vous m'en faites 4, puis 6, et jusqu'à 9 séries de 10 descentes, entrecoupées de très légers étirements et de 30s de marche. Le mollet fragilisé ne travaille donc jamais en contraction, mais toujours en étirement.

  • Phase 2 bis: récup. Le hic des séances, c'est que ça provoque de grosses courbatures dans la jambe malade, pire qu'un kil vertical allure 10km. Au point qu'après la 2ème séance j'ai cru que tout avait de nouveau explosé, mollet contracturé pendant 3 jours. Mais c'est à priori normal et c'est ce qu'attendait le kiné, on se force donc à lui faire confiance. Pis il continue à faire des massages quand même, alors faut pas le contrarier.

    Pour enchainer les 2 séances de torture par semaine, il faut donc faire un peu de sport pour aider à faire passer tout ça. Rien de bien bandant voire même plutôt rébarbatif, vélo à plat, et un peu de footing tout aussi à plat, genre 4*5mn. Comme la météo était un peu capricieuse en Décembre, j'ai vite été obligé d'investir dans un home trainer pour faire ces séances. Et trouver du plat n'étant pas toujours évident dans la région, j'ai dû faire 10 fois le tour de mon bled, pas motivant.

  • Phase 3: reprise. Progressive naturellement. J'en suis là, ou presque. C'est que les vacances en famille, c'est bon pour rétablir un taux de gamma GT décent, mais ça fait prendre du retard sur le planning d'entrainement. Donc encore 1 séance d'excentrique par semaine pendant quelques temps, mais je peux désormais courir 1h cool quasiment tous les jours (sauf le lendemain d'exo), et recommencer progressivement des séances club.

    Évidemment après 3 mois sans effort ya plus rien dans la pompe à fioul, et il va falloir tout reprendre à la base.
  C'est donc dans ces conditions que je suis allé faire mon petit footing dominical aux départementaux de cross, à Villefontaine. Très beau parcours en bord d'étang, vallonné comme il faut avec un coup de cul façon cross de Voiron, du sélectif mais plaisant pour le traileur touriste égaré.

   Perso avec une moyenne de 10km/h par sortie, bon, je me doutais un peu du résultat. D'autant que la météo était de la partie, froid et pluie constante, terrain boueux à souhait, un vrai bonheur. Premier virage je vire avant dernier, et j'suis déjà au dessus de mon rythme habituel. Je tente de trouver une foulée économique, pas vraiment évident vu le terrain. Le cardio restera très haut même si je ferai attention de ne jamais vraiment forcer musculairement. Laurent Gigante me rattrape dès le milieu de mon 2ème tour, et j'aurai le plaisir de voir l'arrivée des 10 premiers avant d'entamer mon dernier tour. Mais l'ambiance est bonne et les encouragements des CMI-boys me font marrer à chaque passage dans le raidillon.

   Au final, un bon 46mn au seuil (173 puls quand même) mais pour seulement 12.5km/h, et 71ème sur 75. Bon ya du boulot, et justement, ça m'a bien redonné envie. A suivre, ya les régionaux dans 3 semaines :).

vendredi 24 septembre 2010

Dans les foulées de la Gazelle

  Coucou me revoilou. Quelques news à venir, disons ce week end. En attendant une petite présentation d'une course la semaine prochaine dans les monts du Lyonnais.

Dans les foulées de la Gazelle
   Cette course est organisée en hommage à Séverine, l'amie de notre compagnon d'entrainement Nico, disparue tragiquement l'an dernier. Si mes petits tracas de gambettes s'estompent d'ici là, ça en prend la bonne voie,  j'espère pouvoir y faire un tour.

dimanche 29 août 2010

Le Belier 2010

   Weekend de fin Aout. Je quitte la vallée encore bien humide de Chamonix et rejoint la Clusaz dès le samedi midi. Au col des Aravis je suis limite dans le brouillard, mais c'est quand même moins pire que ce qu'on s'est pris sur la couane depuis 2 jours. Venu en touriste l'an dernier, et avec malgré tout une relativement bonne perf à la clef, le Belier était pour moi un objectif important pour cette année. Et plus ou moins la fin de ma saison de trail, si tant est qu'elle ai vraiment commencé.

   Après une belle entame début juillet avec le trail du Gd Serre et deux grosses semaines de cumul vélo/cap, la suite de l'été fut beaucoup plus chaotique. Ma préparation ne s'est pas déroulée aussi bien que je l'aurai souhaité, même si je ne dois en prendre qu'à moi même sur ce coup. J'arrive donc moyennement confiant, il me manque beaucoup de volume et de dénivelé, prétentions revues à la baisse. Mais journée plaisir quand même via la présence attendue d'une bonne partie du club de Villemoirieu, quelque soit le résultat.

   L'avantage d'une nuit d’hôtel avec toute la famille, c'est que d'un on est sur place au réveil, et que de toute façon on éteint tôt pour faire dormir les mômes. Les derniers SMS de la CCCbis annoncent l'arrivée de Remy à Cham, je coupe le portable pour une bonne nuit de sommeil. P'tit dej à 8h30, c'est un peu tard et malgré tout ça a du mal à passer. Inconvénient de la nuit d’hôtel, on se lève plus tard et on a pas ses céréales habituelles. Faut faire avec. Il est presque 9h15 quand je pars m'échauffer, comme toujours limite à la bourre. Bon 10mn et ça ira bien. La contracture du début de semaine est encore légèrement sensible, pour dire, mais je sens que ça passera après le départ. Je me place aux avants postes et attends les coups de gong du clocher qui annoncent le départ. Ah oui l'objectif? Bah si je refais le 2h30 de 2009, ça sera déjà bien. Et si je maintiens mon chrono jusqu'au pied de la dernière bosse, je dois pouvoir gagner 5mn vu que j'y avais quand même bien coincé l'an dernier.

  Gong. Les 500 coureurs s'élancent pour 1km de bitume, et j'ai l'impression d'en avoir déjà 200 devant moi. Mais ils sont tous fous ou bien? Moi qui pensais être plus peinard en partant devant, c'est rapé, vais quand même pas me mettre au taquet pour rester devant? Début de côte, puis single, Mickael est juste derrière moi. Je sais qu'aujourd'hui il pourrait bien me mettre à mal, va falloir batailler. On alterne marche et course. Pas grand chose à faire d'autre que de suivre le petit train, sinon dépenser inutilement de l’énergie à passer coute que coute. Toute façon ça me va assez bien, j'suis à l'aise mais dans ce genre de côte je pourrais pas faire grand chose de mieux. Je relance dès le haut et bascule vers le lac, prends quelques mètres d'avance sur Mickael.

   Premier ravito, km3.5 - 25'28, 1mn de gagné. Je met ça sur le compte du départ mieux placé, car j'ai pas l'impression qu'on ai monté franchement plus vite que l'an dernier. On attaque un faux plat sur bitume, et rapidement je coince. Enfin je coince. C'est pas flagrant, mais sur un pourcentage ridicule comme ça je devrais pouvoir dérouler franchement et là ça veut pas. Je suis dans le dur pour juste maintenir le rythme de ceux qui m'entourent, sensations bizarres, estomac moitié en vrac. D'ailleurs Mika revient à mon niveau. D'un autre côté j'avais ressenti la même sensation au même endroit l'an dernier. Descente, tour du lac, je n'arrive plus à distinguer Benjamin et JC qui doivent être déjà loin.

   On remonte vers le 2ème ravito, km7 - 43'27, plus que 30s d'avance, et surtout en forçant alors que j'étais encore en mode cool à cet endroit l'an dernier. Mika semble par contre bien en jambe. Impossible de rester à son niveau, il me distance légèrement. Je m'accroche comme je peux et refait la jonction au gré d'un petit bout de descente. On attaque une longue côte que j'avais un peu zappé, presque 2km500, pas très raide mais usante, toujours en charge. Je ne lâche pas mon lièvre, le garde à une trentaine de mètres en maintenant une petite foulée, mais il me fait la vie dure. Tout seul j'aurai probablement marché de nombreuses fois et perdu pas mal de temps. Au lieu de ça, on arrive au ravito de la mi-course, km13.5 - 1h08'45. Toujours cette minute d'avance, ça me rassure pour les 2h30, la suite est principalement descendante. Pas de pause au ravito, j'ai encore de l'eau dans mon bidon et je profite d'un bout de descente sur bitume faite assez tranquille pour avaler une barre d'amande.

   Deux petits coups de cul ou je suis obligé de marcher, mais arrive à relancer rapidement pour rester au contact. Puis une courte mais sympathique descente technique. Je me lâche un peu, et prend immédiatement une grosse centaine de mètres au groupe de Mika. Je termine la descente juste derrière la 4ème féminine, Sandrine Mottoros. Court faux-plat sur bitume, je la laisse reprendre un peu de marge sans forcer. Mais les sensations commencent à être pas mal. Dans longue et douce descente qui suit, je suis maintenant capable de dérouler assez facilement tout en grappillant du terrain sur mes concurrents. Je pourrais du coup donner un peu plus de train, mais préfère en garder pour la cote de Beauregard qui n'est maintenant plus très loin.

   Petite montée sèche au 4ème ravito, km18 - 1h35. Et de 2mn d'avance, je m'y arrête quelques secondes le temps de remplir mon bidon. Je repars sur le même mode et déroule facile jusqu'au pied de Beauregard, avale un gel. Mode j'envoie du gros, ya plus qu'a. 2700m et 300m D+, on a vu pire quand même. Première portion de 800m à 10%, j'essaye de me caler sur une petite foulée. Sandrine me repasse, ainsi que 2 autres coureurs. Pas d'affolage. Puis on prend une tangente à droite pour attaquer le mur. J'ai beau l'avoir fait l'an dernier, ça reste un mur, large chemin forestier de p'tet 200m @ 30% au milieu de la forêt, quand même assez impressionnant. Je vois Sandrine qui court jusqu'à la moitié, chapeau. Je l'attaque direct en marchant, et finalement il passe assez bien, beaucoup mieux que prévu. Je reprend même 2 coureurs soufflants et râlants, ils se sont visiblement pris le mur de face, comme moi l'an dernier.

   Ça me booste bien pour la suite, et dès la portion passée je reprend ma petite foulée. Plus qu'1km500 à 10%, un peu long mais bien régulier. Ravito5, km21 - 1h54. Héhé, 3mn de mieux dans cette partie de la monté. Dans la partie haute, on débouche sur un panorama de rêve, la chaine des Aravis, et via la trouée du col des Aravis, au fond le début de la chaine du Mont Blanc. Enfin en théorie. Ici le ciel est totalement clair, mais au fond le blanc est surtout et encore nuageux. J'arrive à maintenir mon rythme, et double même quelques gars. Je reviens presque sur la féminine avant le sommet, que j'atteins en 2h01, soit -7mn. Grandiose. Et 3 places de gagnées au total dans cette montée, inespéré, j'en avais perdu au moins 10 ou 20 l'an dernier.

   Reste plus qu'à descendre jusqu'à la station. Sur le moment je crois avoir gagné presque 10mn et me dis que les 2h20 sont du coup jouable. Mais j'avais bien descendu, et il faut refaire la même. La première portion est raide mais facile, du gros chemin forestier, ça tape un peu mais ça passe. J'y double et dépose rapidement Sandrine, puis reviens sur d'autres concurrents. Au milieu un coup de cul, je remarque Benjamin qui termine gentiment, je ne vais pas tarder à le rejoindre. Encouragements de la petite famille, ils sont montés en cabines et se font la descente. Malo court quelques dizaines de mètres derrière moi, et même carrément vite je trouve, pour un gamin de 4 ans, il me suivra plus de 50m et j'ai un peu peur que ça se finisse en gros gadin. Ça promet :)

   Puis j'attaque la deuxième portion, la rigolote. Un single dans les bois, totalement pourris de grosses racines, avec options rochers bien lisses, le tout rendu ultra glissant par la météo des derniers jours. J'adore. Après en avoir passé quelques uns, dont Benjamin, devant moi un gus envois du pâtés, c'est rare sur ce genre de terrain. Ou du moins c'est rare qu'on se rattrape quand on descend presque pareil, je me demande ce qu'il fout là. Celui là il va être plus coton de le passer à la régulière, d'autant que je suis obligé de garder un minimum de distance pour appréhender le terrain, il me bouche un peu la vue. Comme il est a fond j'suis pas certain qu'il soit prêt à se pousser de lui même, et puis je vais quand même pas le pousser dans le décors (noooooooon, j'y ai même pas pensé :p).

   Un peu trop à fond d'ailleurs, je me dis qu'il semble un peu en sur-régime, qu'il maitrise pas tout. Ça manque pas, il se prend une première vautre, je pile en vrac pour éviter de lui monter dessus et il se relève. Bon, faut agir, ça va mal finir. Une épingle, je coupe et saute sur le chemin du dessous. Raté, pris trop de temps à la réception, je le gêne un peu et il reste devant. Mal joué, pas malin. Deuxième tentative plus assurée, je profite d'une coupe déjà présente pour le court-circuiter, cette fois c'est bon. C'est pas dans mes habitudes, mais l'idée est de le passer puisque je suis plus rapide, sans lui faire perdre du temps. Ça doit l'énerver, il se prend une deuxième gamelle toujours sans conséquence. Je m'excuserai à l'arrivée en lui expliquant pourquoi je l'ai passé comme ça.

   Bon maintenant que je suis devant, ya plus qu'à lâcher les chevaux. C'est quand même toujours aussi casse goule et les appuis chassent régulièrement, pour pas dire à chaque pas. Zip zoup, p'tits coups de rein de récupération, coups de pieds de stabilisation, qu'est ce qu'on se marre. Zip, ouille, amorce de crampe aux ischios. Zap, heyyyyyyyyyy, mais c'est quoi ce muscle sur le côté du tibia? Allez, tenir jusqu'au bout, je sors des bois pour les derniers 500m de descente sur bitume. Coup d'oeil au chrono, çà va être chaud pour les 2h20. En fait même pas jouable du tout, mais ça empêche pas de finir à fond. Derniers 200m, on remonte légèrement vers l'église, je tente le gros finish, mais c'est festival d'amorces de crampes. Devant derrière, cuisses et mollets, ça attaque de partout. Sympa. Bon ben vais me contenter d'un finish normal.

   Je passe la ligne en 2h21'35, 37ème, presque 9mn de mieux qu'en 2009, entièrement pris sur la seconde partie. Plutôt content, très même, vu les incertitudes au départ. Évidement, ya cette sensation d'avoir un peu coincé sur la première heure. P'tit dej un peu tardif sans doute, associé à un manque d'échauffement, il m'a fallu du temps pour me mettre en route. D'un autre côté, ça me permet de bien finir, je gagne plus de 5mn dans l'ultime montée, et quand même 30s dans la dernière descente. Ça énervera d'ailleurs un peu la 4ème féminine puisque je lui met plus de 3mn dans la descente, et qu'elle aurait fait podium si elle était descendue avec moi. Et puis bon, ca fait un objectif tout trouvé pour l'an prochain, approcher les 2h15 en négociant mieux le départ. Surtout que par dessous tout, on a encore passé un bon après midi en compagnie des autruches, et qu'on va pas se priver de remettre ça en 2011 :)

Resultats:
   Hommes:
1. Billy Burns (V1) - 1 h 49 ' 15 s
2. Ludovic Pellé - 1 h 58 ' 36 s
3. Eric Mazimpaka - 2 h 02 ' 16 s

  Femmes:
1. Stéphanie Duc - 2 h 17 ' 15 s (pos 29)
2. Céline Lafaye - 2 h 20 ' 10 s (pos 33)
3. Karine Marguerettaz - 2 h 22 ' 14 s (pos 41)

Courbes:
Le Belier - 27km - 1100m D+ - 2h21'35 (11.4 km/h)