mardi 14 octobre 2008

Gujaratata

Des nouvelles de l'usine Tata.

Depuis le mois d'Aout la situation au West Bengal ne s'était pas améliorée, bien au contraire. Manifestations, violences diverses, l'usine était sous surveillance permanente de la police. Il y a 15 jours, Ratan Tata à donc mis ses menaces à exécution et a déclaré que l'usine serait relocalisée ailleurs.

Immédiatement a débuté une foire à la terre d'asile dont le Karnataka faisait partie. Mes collègues étaient d'ailleurs confiant, m'affirmant sans aucun doute que Tata viendrait dans leur état (au nord de Bangalore, sur la route de Pune). Bon finalement c'est le Gujarat qui a gagné, l'état au N-O de Bombay jusqu'à la frontière Pakistanaise. Le Gujarat étant le seul état de l'inde où l'alcool est totalement prohibé, rien que pour ça moi je n'y serai jamais allé :)

Avec la crise dont tout le monde parle actuellement, ça fait toujours bizarre d'apprendre qu'un type va déplacer une usine dans laquelle il a investi quelques 200 millions d'euros (soit 1,3 millards de rouppies). Ce montant ne concerne sans doute que l'investissement propre à Tata, et même s'il va récuperer une grosse partie des installations, ca fait quand même une somme.

En France j'ai un peu bossé dans le milieu automobile, dans une entreprise dite "de niveau 2" dans la chaine des fournisseurs. Ca revient à dire que nous n'étions pas fournisseurs directs des constructeurs, mais fournisseurs d'équipementiers (Valéo, TRW, Autoliv) qui eux ont pour client PSA, Wolkswagen et cie. Le monde automobile étant ce qu'il est, toujours à la recherche de la moindre économie, la "petite" société avait été obligé d'ouvrir une antenne en Pologne puisque nos grands groupes français y avaient ouvert des unités de production.

Pour arriver à construire une voiture à 1500€, il n'y a pas de miracle, il faut des composants les moins chers possibles. Ce qui veut dire que tous les fournisseurs sont obligés être implantées à proximité de l'usine pour pouvoir être compétitifs, à ce niveau là, le moindre centime compte (et encore, en général ça se négocie aux centimes par milliers de pièces).

Aujourd'hui il y a donc certainement des dizaines, centaines (milliers?) de petites sociétés avec un lien plus ou moins direct avec l'implantation de l'usine Tata et qui doivent s'arracher les cheveux pour trouver comment ils vont suivre le déménagement de l'usine principale. Je critique pas hein, je constate, à priori s'il a pris cette décision c'est avant tout dans l'intérêt de ses employés.

Quoi qu'il en soit cela ne devrait pas retarder la sortie de la première Nano, toujours prévue avant la fin de l'année grâce à 2 autres unités de production (Pune et Pantnagar).

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